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Noyautage syndical des étudiants

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L’approche syndicaliste des leaders du mouvement étudiant commence à sérieusement nuire à la lutte menée contre la hausse des frais de scolarité.

Assemblées générales antidémocratiques pour forcer la grève générale illimitée, distribution d’un guide du manifestant qui appelle implicitement à la violence, blocage de pont ou de routes, refus de collaborer avec les autorités policières lors de rassemblements, tracts avec l’image d’une hache dans la tête de Stephen Harper, affiches de Jean Charest costumé en néo-nazi : les récents exemples de pratiques douteuses abondent. Ce qui rend la chose totalement inacceptable reste le silence complice du mouvement étudiant face à ces débordements.

Juste cause

La cause actuelle des jeunes doit être mieux défendue. Les générations futures ont toutes les raisons au monde d’être frustrées et de se sentir impuissantes. Chacun des étudiants d’aujourd’hui devra débourser, au cours de sa vie, 200 000 $ de plus en taxes et impôts que ce qu’il recevra en biens et services publics. Une hausse phénoménale des droits de scolarité ne fera qu’alourdir cette facture déjà trop salée.

Si le gouvernement veut aller chercher plus d’argent en tarifant davantage les services publics, c’est d’abord du côté des soins de santé qu’il devrait se tourner pour imposer, par exemple, un ticket modérateur qui amenuiserait l’iniquité intergénérationnelle.

Nos politiciens aiment cependant toujours mieux acheter la prochaine élection en continuant d’endetter la prochaine génération. Les têtes blanches sont plus nombreuses et votent massivement dans un Québec vieillissant.

La seule façon d’avoir un appui politique signifiant pour les étudiants serait d’élargir leur coalition avec l’ensemble des jeunes, englobant ceux qui travaillent ou qui étudient en technique au cégep. Le cri de ralliement devrait être bien plus rassembleur que d’attaquer uniquement l’augmentation de 325 $ par année des frais universitaires pour inclure des solutions à long terme en vue de rétablir une forme d’équité pour les générations X, Y et Z.

CLASSE Pas de classe

Le leadership étudiant préfère s’acoquiner avec l’establishment syndical, celui-là même qui est responsable de l’injustice commise contre les jeunes lorsqu’il négocie des conventions collectives avec comme objectif d’exclure les futurs travailleurs pour protéger les privilèges des plus anciens. En échange de financement, de formation, de publicité ou d’autobus gratuits, la Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) vend son âme.

Tellement syndicalistes nos leaders étudiants qu’ils cessent même leurs moyens de pression pendant la semaine de relâche, histoire de prendre un pause syndicale...

Pourquoi d’ailleurs parler de « solidarité syndicale »? Les étudiants ne sont pas des travailleurs. Les universités ne sont pas leurs patrons. Toute la terminologie actuelle est hautement contaminée par l’idéologie syndicaliste des années 70. On ne devrait même pas parler de grève, mais bien plutôt de boycott.

À regarder aller les porte-parole étudiants ces jours-ci, on a l’impression de voir à l’œuvre le club-école de la FTQ-Construction : ils jouent aux gros bras, sans trop réfléchir, menacent les autorités publiques, prennent la population en otage et s’assurent ainsi de faire échouer leurs revendications légitimes.

Les étudiants méritent beaucoup mieux que cette représentation fantoche.

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