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« À ciel ouvert, le nouveau pleinairisme »

Des artistes plus branchés

Kitty Scott
Photo Daniel Mallard Kitty Scott présente une toile peinte spécialement pour l’exposition par Peter Doig.

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Peindre en plein air ne date pas d’hier, sauf que la pratique s’est considérablement transformée au fil du temps. D’où l’intérêt pour le Musée national des beaux-arts du Québec d’en explorer les nouvelles facettes avec À ciel ouvert, le nouveau pleinairisme.

« La pratique du pleinairisme remonte au XVIIe siècle et fort probablement avant, mais ce sont surtout les Impressionnistes et les artistes associés à l’école de Barbizon qui ont vraiment marqué le genre », explique Eve-Lyne Beaudry, conservatrice de l’art contemporain au MNBAQ et coordonnatrice de l’exposition conçue par la commissaire Kitty Scott, directrice des arts visuels du Banff Centre.

Loin d’avoir été mis de côté, l’art de peindre, ou plus précisément de créer en plein air, inspire de nombreux artistes contemporains. Les sujets, les formes, les médias et tout particulièrement les démarches sont toutefois aussi variées qu’il y a d’individus.

D’hier à aujourd’hui

Pour bien marquer les différences, la commissaire a invité le peintre québécois Pierre Dorion à sélectionner des œuvres dans la collection du MNBAQ. Celui-ci en a choisi 36, pochades, dessins, peintures achevées en atelier, gravures et photographies, pour illustrer une approche du paysage qui s’est transformée en réservant de plus en plus de place à la photographie, à l’urbanité et à la peinture abstraite. Parmi les artistes ainsi représentés: Krieghoff, Marc-Aurèle Fortin, Suzor-Côté et plusieurs autres.

De son côté, Kitty Scott a réussi à obtenir des œuvres d’une quinzaine d’artistes du Québec, du Canada, d’Europe et d’Amérique du Sud, histoire de bien prendre le pouls de la création artistique contemporaine réalisée en plein air. À la différence de leurs prédécesseurs, s’ils sont tout autant inspirés par les éléments, les artistes d’aujourd’hui s’installent dans la nature plus souvent qu’autrement pour réaliser des performances picturales ou vidéographiques.

Performances

C’est le cas entre autres de Cyprien Gaillard, qui crée une œuvre éphémère en cachant des extincteurs d’incendie dans un paysage verdoyant. La fumée blanche qui semble sortir des entrailles de la Terre crée un nouveau décor de toute beauté, mais souligne du coup la précarité de l’environnement.

Dans sa vidéo, Michel de Broin étonne en bûchant un.... lampadaire en milieu urbain. Il faut en constater l’impact et voir ce qui reste du poteau lumineux dans la salle. Les collages photographiques de Geneviève Cadieux, à Métis-sur-Mer, sont aussi éloquents. Les pochades de Francis Alys peintes au fil des voyages ou les peintures sur plexiglas de Mark Igloliorte méritent qu’on s’y arrête pour comprendre la motivation des artistes.

À ciel ouvert, le nouveau pleinairisme est à l’affiche au MNBAQ jusqu’au 25 juin.

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