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L’Empire Bo$$é

Un Forrest Gump financier

Un Forrest Gump financier
Photo courtoisie Impossible de regarder L’Empire Bo$$é sans penser à Forrest Gump. Mais au jeu des comparaisons, la dernière offrande de Claude Desrosiers sort perdante.

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En 1994, Forrest Gump charmait les cinéphiles en racontant 50 ans d’histoire américaine à travers les yeux et le vécu d’une seule et même personne. En 2012, L’Empire Bo$$é tente de répéter l’exploit, mais cette fois-ci, en s’attaquant aux scandales financiers qui ont marqué le Québec depuis l’émancipation des entrepreneurs francophones. L’effort est louable, mais ne convainc qu’à moitié.

L’Empire Bo$$é relate le parcours de Bernard Bossé (Guy A. Lepage), un ambitieux homme d’affaires qui – à coups de tractations douteuses et de pratiques plus ou moins licites – parvient à se hisser au sommet de la pyramide.

À la scénarisation, Yves Lapierre, André Ducharme et Luc Déry (Camping sauvage) ont visiblement travaillé d’arrache-pied pour relater les moments marquants de l’actualité économique des 50 dernières années. La preuve : le long métrage est truffé de clins d’œil aux manchettes des pages financières de l’ère moderne. Des déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec à la naissance d’IKEA, en passant par la commission Gomery, ces flashs ingénieux ravivent l’attention du spectateur quand celui-ci commence à trouver le temps long...

Du côté de la réalisation, Claude Desrosiers (Aveux, Les rescapés, Dans une galaxie près de chez-vous) installe rapidement un univers fantaisiste grâce à quelques séquences semblant tout droit sorties d’un conte de Disney.

Mais la structure narrative du long métrage empêche le cinéaste d’aller au bout de ses aspirations.

Car L’Empire Bo$$é a été tourné à la manière d’un documentaire (interviews à la caméra, fausses images d’archives, présence d’un narrateur). À la mode depuis une dizaine années au grand comme au petit écran, ce procédé ne convient pas du tout à une histoire qui s’apparente à une fable.

Distribution solide

La plus grande qualité de L’Empire Bo$$é réside dans le jeu de ses interprètes. Ces derniers accomplissent un tour de force : conserver un ton uniforme dans une œuvre qui souffre vraisemblablement de troubles schizophrènes.

Guy A. Lepage brille dans le rôle de Bernard Bossé. L’animateur de Tout le monde en parle brosse un portrait étonnamment sensible d’un homme d’affaires sans scrupule. Évitant les pièges de la caricature, l’humoriste réussit à donner corps et profondeur à son personnage.

Valérie Blais confirme pour sa part son statut d’actrice comique de premier plan dans la peau de Lise Filion Bossé, la conjointe de ce dernier. Malgré une coiffure hirsute, un espace béant entre les dents et une garde-robe ridicule, la comédienne parvient à présenter un jeu nuancé qui sied parfaitement au ton absurde du long métrage. Même chose pour Élise Guilbault et James Hyndman, qui s’illustrent dans des personnages de moindre importance.

Quant à Claude Legault, on ne peut s’empêcher de penser qu’il gaspille son talent dans la peau du bras droit et du meilleur ami de Bossé, Jacques

« Coco » Lacasse : un homme effacé aux capacités intellectuelles très, très limitées. Pas besoin de dire qu’on aurait préféré le voir dans un rôle beaucoup plus consistant, qui lui aurait permis de faire autre chose que jouer les chiots fidèles.

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