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Outremont | Hassidiques

Une impossible cohabitation ?

Les élus d’Outremont peinent à faire respecter les règlements municipaux

Une impossible cohabitation ?
Photo le journal de montréal, émilie dubreuil Alex Werzberger, de la coalition des organismes hassidiques, ne décolère pas. Selon lui, Céline Forget a provoqué sa communauté.

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L’altercation entre une conseillère de l’arrondissement d’Outremont et une quarantaine de juifs hassidiques, jeudi dernier, est symptomatique d’une tension qui gangrène la vie du quartier. Même le congrès juif s’inquiète.

Alex Werzberger habite Outremont depuis 50 ans. Il a eu 10 enfants et il a assez de petits-enfants pour remplir un autobus scolaire.

« Nous sommes tous comme cela et, quand on y pense, c’est le véritable enjeu de ce conflit. Certains Canadiens-Français ne ­peuvent accepter que nous achetions toutes les maisons et que nous les remplacions peu à peu dans le quartier. »

L’homme d’affaires déplore qu’une quarantaine des siens aient invectivé violemment ­Céline Forget, conseillère indépendante de l’arrondissement, alors qu’elle prenait des photos d’autobus en violation du règlement municipal, mais ne garantit pas que c’est la dernière fois que ça arrive.

« Si elle vient chez nous et nous provoque, c’est comme mettre de l’huile sur un feu. »

Rien ne va plus

Les juifs hassidiques se sont installés à ­Outremont autour des années 1940. Dans l’arrondissement, on en trouve cinq groupes distincts, dont les plus importants sont les Belz et les Satmars. Ce sont des membres de ces deux groupes qui se sont attroupés autour de la conseillère.

Jusqu’au milieu des années 1990, la cohabitation avec les hassidiques à Outremont a été relativement facile.

Mais, au cours de cette décennie, de nombreuses crises vont éclore autour de l’apparition de ­synagogues illégales.

Et ce n’est qu’un préambule. Les années 2000 seront celles du ­débat sur l’Éruv, ce fil de fer qui ­permet de délimiter un territoire hassidique, des cabanes sur les balcons, de l’affaire des écoles illégales, des fenêtres ­givrées du WMCA et de la découverte d’un ­réseau hassidique de vente d’alcool illégal.

Tous ces dossiers ont enflammé les passions de part et d’autre.

La conseillère Céline Forget a fait des débordements hassidiques son cheval de bataille et a été impliquée de près ou de loin dans la ­plupart de ces dossiers.

Elle n’est pas la seule. À Outremont, des citoyens en colère, dont le blogueur très médiatisé Pierre Lacerte, accusent le conseil municipal de laxisme vis-à-vis des comportements hassidiques contraires à la loi.

Invivable

Louis Moffatt a été élu conseiller municipal d’Outremont en 2005. Aujourd’hui, il remet en question sa vie politique.

« À chaque conseil municipal, je me fais demander combien les hassidiques m’ont donné d’argent. C’est invivable. Céline Forget et ses partisans nous accusent de faire des passe-droits aux hassidiques. Mais, je le jure sur la tête de mes enfants que c’est faux. »

Le conseiller Moffat estime, en fait, que le problème les dépasse et de loin.

« Nous avons cinq groupes hassidiques qui ne s’entendent pas entre eux et pour qui la loi de Dieu prime sur celles des hommes. Ils sont de plus nombreux et, donc, ils ouvrent des garderies, des synagogues, etc. Que voulez-vous qu’on fasse ? On est complètement dépassés ! »

Le congrès juif inquiet

Le congrès juif, qui s’appelle désormais le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, condamne l’escarmouche de jeudi dernier.

« Ce comportement de meute est inexcusable », dit David Ouellet, aux affaires publiques de l’organisme, visiblement troublé par l’événement. « Ils sont allés trop loin, surtout quand ils l’ont traitée de nazie. Un seuil dans le conflit été franchi et nous n’aimons pas du tout ça. »

Par ailleurs, M. Ouellet déplore que toute la communauté juive pâtisse des tensions à ­Outremont.

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