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Guilbeault, Waridel + Cie : des lobbyistes déguisés

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Le 29 septembre 2007, le journal Les Affaires titrait : «Steven Guilbeault conseillera les clients de Deloitte + Touche». Et, dans La Presse du 20 septembre 2007, l’écologiste de service a affirmé sans rire : «Je ne m’en vais pas là pour faire des relations publiques»... ou pour faire du bénévolat qu’il aurait pu ajouter. Deloitte + Touche est un cabinet international d’experts-comptables, pour lequel j’ai travaillé pendant quatre ans, à but très lucratif qui fait allègrement business dans l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux. Dit autrement, Deloitte + Touche fait de la bonne planification fiscale qui permet à ses clients d’atténuer ou d’évacuer leur «fardeau fiscal», et compte de nombreuses transnationales comme clients, très portés comme il se doit sur la responsabilité sociale et la protection de l’environnement. En plus, Deloitte + Touche qui vient de recevoir du gouvernement fédéral conservateur de Stephen un juteux contrat de 20 millions de dollars afin de le conseiller sur où et comment couper dans le «gras» des dépenses publiques, entre autres la santé et l’environnement. Steven Guilbault sera peut-être conseiller écologique afin d’épauler sa firme comptable alors que ce gouvernement a jeté aux poubelles le protocole de Kyoto et qui a coupé les vivres à des organismes écologiques qui sont moins, disons, «consensuels» que lui ?

 

Faut toutefois honorer le «courage» de M. Guilbeault d’avoir été le seul à appuyer et à recommander personnellement au ministre libéral de l’environnement Pierre Arcand, la candidature de son ami, consultant itou, François Tanguay, comme représentant des milieux environnementaux et de la société civile au sein du comité d’évaluation environnementale sur les gaz de schiste. Pourtant, 43 comités de citoyens ont signifié leur opposition à cette nomination (13 septembre 2011). La solidarité entre consultants, j’admire beaucoup ça ! En plus, 14 organismes sociaux et environnementaux, dont Greenpeace et les Amis de la Terre, ont signifié que cette nomination ne leur convenait pas (24 août 2011). L’organisme doucereux et pragmatique, qui est aussi celui de la vertueuse Laure Waridel, Equiterre, a aussi appuyé la nomination de monsieur Tanguay, sans consulter les autres groupes écologistes. Equiterre, une ONG au service de la classe dominante, malgré ses faux airs de vouloir sauver la planète.

 

Il faut aussi dire qu’il est tout à l’honneur de M. Guilbeault d’avoir été invité, en 2007, à titre de conférencier au conseil général de l’ADQ avec André Caillé, ex-patron de l’industrie québécoise du gaz de schiste, maintenant remplacé par Lucien Bouchard, et anciennement président d’Hydro-Québec (qu’il aurait bien aimé privatiser afin de passer à la caisse). Mario a-t-il revêtu des habits «verts écolo» lors de ce congrès ?

 

Steven Guilbeault a aussi applaudi, ça s’inscrit dans sa démarche de consultant, lorsque : «Kimberly-Clark (pâtes et papiers) s’associe à Greenpeace pour redorer son image. Cette nouvelle stratégie publicitaire qui renforce la démarche environnementale ou sociale gagne en popularité» (Les Affaires, 19 septembre 2009).  Dans un élan d’enthousiasme débordant, il a mentionné que cela «indique un décloisonnement des milieux économiques et environnementaux». J’espère que le poète Richard Desjardins, auteur du documentaire L’erreur boréale, a démontré autant d’exubérance à cette annonce. Moi en tout cas j’achète plein de kleenex (produit de Kimberly-Clark), afin de sauvegarder nos forêts, et même la planète.

 

Et ce n’est pas fini les contrats lucratifs, puisque Le Devoir du 29 août 2009 titrait : «Développement des énergies vertes. Québec recrute Steven Guilbeault à titre de conseiller». Tout le monde important aime monsieur Guilbeault ! Même la CSN l’a invité comme conférencier d’honneur à son dernier congrès tenu en mai 2011 ! Oui, je suis jaloux !

 

Et des honneurs pleinement mérités qui n’en finissent plus. En août 2007, un article de l’itinéraire s’intitulait : «Streven Guilbeault. L’écologiste visionnaire». Au tour des itinérants de déborder d’amour !!! En 2009, il a été admis au prestigieux «Cercle des Phénix» après que son associée chez Equiterre, également consultante, la charmante Laure Waridel, eut été admise à ce cercle remarquable en 2005. Madame Waridel, la chanceuse, fait de la publicité pour le Mouvement Desjardins, qu’elle qualifie d’institution exemplaire. Desjardins c’est une banque, arnaqueuse comme les autres, et n’a de coopérative que le nom ! Elle se défend en prétextant faire plutôt de la publicité pour la Caisse d’économie solidaire Desjardins, une filiale en bonne et due forme de Desjardins. Tant qu’à y être, elle pourrait faire de la publicité pour l’hypothétique Fondation du génie-conseil en prétextant ne pas être associée à ces firmes qui baignent dans la corruption mais uniquement à leur Fondation qui prônerait l’achat équitable, sa marotte de prédilection. Si elle avait une minute de libre, je pourrais lui expliquer, avec preuve à l’appui, la véritable nature de Desjardins. Pas de Richard Desjardins, mais de la banque Desjardins. Justement, l’Office de protection du consommateur vient récemment de prendre en défaut le Mouvement Desjardins qui, ce n’était pourtant pas la première fois, a distribué dans les écoles du matériel supposément pédagogique... mais qui était carrément de la publicité pas déguisée.

 

Et que dire du titre de cet article de La Presse du 23 février 2009 : «Maison du développement durable (d’Equiterre) au centre-ville. Les partenariats d’Equiterre font rager les écolos purs et durs». Ce n’est pas parce que Equiterre reçoit en cadeau un beau terrain au centre-ville, de la part d’Hydro-Québec, que l’organisme ne critique plus beaucoup. Et du partenariat avec Bell Canada, firme très portée sur l’éthique, comme tout le monde le sait, faut pas en faire tout un plat ! Equiterre conserve quand même jalousement son «indépendance»...  Madame Waridel l’a signalé avec justesse que ce sont des écolos «purs et durs» qui ne comprennent rien à la «concertation». Ils sont bouchés quoi, ils ne comprennent rien à rien !

 

Il y a aussi le titre de cet article qui me laisse, comment dire, songeur ? «Equiterre sème la grogne dans les campagnes. Le rapprochement de l’organisme avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) agace au plus haut point les petits producteurs». Encore une fois sûrement que de petits agriculteurs sans importance qui ne doivent rien comprendre à l’agriculture. Ce n’est pas parce le coordonnateur des projets d’agriculture biologique chez Equiterre passe à l’UPA qu’il faut s’énerver le poil des jambes avec ça. Lucien Bouchard, André Boisclair et Yvan Loubier sont bien devenus lobbyistes et l’ancien ministre péquiste Guy Chevrette a bien réorienté sa carrière en devenant le grand patron de l’industrie papetière au Québec.

 

En vérité, tous ces organismes et individus qui prétendent travailler pour les intérêts supérieurs de la collectivité travaillent dans les faits pour les intérêts supérieurs de la classe dominante qui les finance abondamment. Une bonne vieille stratégie intéressée du patronat afin de récupérer des groupes ou des individus qui feignent être principalement au service du monde ordinaire. Ce sont en fait des milices habillées en organismes sociaux. Ainsi la  boucle est bouclée et vogue l’aliénation de la population par les maîtres économiques.

12 commentaire(s)

Jean-François dit :
15 mars 2012 à 8 h 42 min

Cherchez le rapport annuel d'Equiterre : vous ne le trouverez pas. Il est donc impossible de savoir d'ou vient leur financement et qu'elles sont leurs dépenses. M. Lauzon a raison de dire qu'il s'agit de consultants, car une part très importante de leurs revenus provient de contrats de consultation avec, notamment, des ministères et organismes du gouvernement du Québec. Par contre, ce type d'activité est loin d'être contradictoire avec les intérêts de leur clientèle cible. Par exemple, une partie de ces contrats se rattache aux éolienne. Equiterre et M. Guilbault ont participé (à contrats) aux tracés d'implantations des éoliennes au Québec, ce qui en bout de piste a favorisé des multinationales étrangères, quelques sous-traitants et fabricants locaux, et aussi, quelques firmes de relations publiques, payées pour suivre les médias à la lettre. Des éoliennes qui font "rêver" nos urbains qui veulent par-dessus tout avoir bonne conscience en "sauvant la planète", clientèle cible d'Equiterre ... mais qui est aussi celle de M. Lauzon.

SergeCôté dit :
16 mars 2012 à 6 h 51 min

Il est en faudrait plus de Léo-Paul Lauzon qui dénonce.

P Richelieu dit :
16 mars 2012 à 7 h 34 min

Reviens-en Lauzon. Ben oui, c'est de même que ça marche dans la vie et tu ne nous apprends rien ! Tu es aussi biaisé que tous ceux que tu critiques. Aussitôt que tu associes le concept de valeur à des choses, nécessairement le but c'est d'en ramasser le plus pour toi et de promouvoir sa valeur justement. C'est quoi ton prochain combat ? Faire qu'il n'y ait plus de guerre dans le monde ? La vie est dure mon cher Lauzon mais pour réussir dans ces règles effectivement ridicules, la première chose à faire est surtout de ne pas se tirer dans le pied en partant par des principes idéologiques et de combats pour les pauvres. C'est sûr que tu vas souffrir dans la vie si tu t'exclus du jeu actuel. Donc, le but c'est d'être le meilleur possible dans ces règles pour ensuite avoir un meilleur contrôle et liberté qui te permettront de mieux aider tes proches et par la suite la société dans laquelle nous vivons. Penses en riche mon Lauzon et tu pourras avoir plus d'impact à changer les règles du jeu autrement que de chiâler constament à partir de bouts d'articles de journaux et d'une pseudo approche d'intellectuelle.

Daniel Martin dit :
16 mars 2012 à 8 h 15 min

Monsieur Lauzon,

Faut être courageux pour commencer à lire un de vos article de blogue. Faut être déterminé pour les finir. J'ai rien contre le fond, mais la forme doit en découragé plus d'un.

Daniel Martel dit :
16 mars 2012 à 14 h 30 min

Monsieur Lauzon, Maudit qu’on est #You !!! Hou !!! Au Québec. Je pense que j’écoute un peu trop la radio parlée qui, avec son lavage de cerveau de droite ressemble en tout point aux personnages mentionnés ci-haut (lobbyistes déguisés). À la différence que les chroniqueurs (ses) ne se cachent même pas pour nous laver le cerveau avec leur partie, la C.A.Q, cela devrait être interdit durant les élections. Avec autant de pouvoir médiatique, ces supers journalistes de droite servent de façon malsaine la démocratie. Ils utilisent une technique spéciale; (La C.A.Q, seulement la C.A.Q et rien d’autre que la C.A.Q).

Sniff,Sniff !!!

Monsieur Lauzon,

Santé et merci.

Jacques Lamarche dit :
16 mars 2012 à 17 h 56 min

Indispensable Lauzon

Jacques de Saint-Armand dit :
17 mars 2012 à 12 h 10 min

Belle explication car je me suis toujours questionné à savoir ou ce petit Guilbault, à la voix des plus ennuyantes et endormante à la TV, prenait tout l'argent requis pour voyager partout dans le monde comme il le fait et faire ses critiques désobligeantes sur toutes les tribunes qu'on lui offre. Moi, lorsque je voyage, je paye mes frais de ma poche et je trouve que ça coûte assez cher merci de voyager mais lui, serait-il ce qu'il est convenu de qualifier de "Touriste payé" ?

Yvon dit :
17 mars 2012 à 16 h 17 min

P Richelieu dit : 16 mars 2012 à 7 h 34 min

Richelieu, pour tes solutions de vivre avec des tricheurs, tu peux lire les chroniques de Nathalie Elgrably-Lévy.

Elle a connait ça!

jnoel dit :
17 mars 2012 à 16 h 32 min

Ca prend un prof cubaniste pour faire la job que nos journalistes relationistes ne font pas. Bravo pour votre petite recherche. PS: L'ex du curé vert travaille pour la radio-poubelle à Québec...

audrey dépault dit :
17 mars 2012 à 21 h 10 min

M. Lauzon, ce n'est pas avec des rêveurs comme vous, qu'on va amputer des tentacules à la pieuvre qui nous sert de budget au Québec. C'est vrai, on peut taxer les riches, Mme Marois l'a dit. Tous égaux au Québec, tous pauvres.

Yvan Croteau dit :
19 mars 2012 à 9 h 57 min

Tout a fais d'accord pour que les québécois sachent ce qui se passe dans le mouvement environnemental. La récupération ce n'est pas juste dans nos bacs de recyclage que ça se passe.

Yvan Croteau, miliant en environnement

François Lapierre dit :
19 mars 2012 à 10 h 27 min

Le papier de Léopaul Lauzon peut jeter un discrédit du public envers les groupes écologistes en général.

Mais je dois dire que je suis tout de même en grande parti en accord avec les propos du professeur Lauzon concernant Steven Guilbeault . Depuis qu'on a vu Guilbeault, tout souriant, comme larron en foire, avec Jean Charest et feu l'ex-ministre et de l'environnement puis des ressources naturelles et député libéral de Kamouraska-Témiscouata, Claude Béchard, on voit bien que Guilbeault, l'écolo de service pour les journalistes paresseux, utilise son prestige personnel et celui d'Équiterre comme courroie de transmission des relations publiques d'Hydro Québec pour greenwacher l'image publique de notre société d'état et du gouvernement libéral. La seule fois que Guilbeault a mis ses culottes vis-à-vis Hydro-Québec est quand il a publiquement pris position contre la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2. Il y a des limites à défendre l'indéfendable.

Le gouvernement Libéral le lui rend d'ailleurs très bien en permettant à Équiterre de s'accaparer le gros du financement gouvernemental jadis dévolu aux groupes écologistes communautaires autonomes , financement détourné aujourd'hui en très grandes partis, sauf quelques très rares exceptions, au profit des groupes qui ne font justement pas de lobby, soit des tables de concertations qui ne donnent que des avis sans faire de vagues, comme les CRE et les OBV.

Par contre Lauzon néglige de préciser, qu'à ce que je sache, Laure Waridel a prise ses distances vis à vis plusieurs positions de son ex-complice, co-fondateur d'Équiterre. Lauzon n'est pas non plus fort dans la nuance quand il met tout le monde dans le même bateau en ne distinguant pas la grande différence entre le Mouvement Desjardins et la Caisse d’économie solidaire Desjardins qui continue à en faire beaucoup concrètement dans le développement du Chantier d'économie sociale en participant au financement d'entreprises collectives, OSBL ou coopératives.

La marge est mince entre la reconnaissance publique et médiatique et la récupération gouvernementale par la désinformation. Le greenwash que je dénonce de la part de Guilbeaut et d'Équiterre est tout à fait différent et à l'opposé, par exemple, du fait que le ministre de l'environnement du Québec M. Pierre Arcand prend à témoin André Bélisle, président de l'AQLPA pour dire que la mise en place d'un marché du carbone est une bonne chose dans la lutte aux changements climatiques.

Les journalistes devraient s'efforcer de faire ces nuances en confrontant différents points de vus, pas seulement en rapportant les propos du gouvernement, comme par exemple qu'il a l'accord des autochtones et des groupes écolos pour le développement du Plan Nord quand les représentants de grands groupes nationaux de ces dits groupes n'ont pas été invités à participer aux tables de concertations mais qu'on a préféré consulter des groupes tel qu' Initiative Boréale...