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Quebecor défendra son journaliste

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Déterminée à défendre jusqu’au bout son journaliste Éric Yvan Lemay, Quebecor entend contester devant les tribunaux les mandats qui ont mené à la perquisition d’hier matin.

Tout ce qui a été saisi à la résidence du journaliste a été mis sous scellé en attendant la suite des procédures. Les policiers s’y sont présentés avec trois mandats signés par la juge Suzanne Paradis de la Cour provinciale qui a même autorisé à ce que la perquisition soit effectuée de nuit.

« C’est tout à fait abusif. Accuser un journaliste impliqué dans un travail d’information est inacceptable. Le Journal va contester vigoureusement cette perquisition qui n’a pas sa place dans une société démocratique » avertit Me Bernard Pageau de Quebecor.

Réveil brutal

Vers 6 h 45, deux enquêteurs de la SQ ont frappé à la porte de la résidence d’Éric Yvan Lemay alors que sa conjointe enceinte et leurs deux enfants s’y trouvaient.

Le journaliste a fait déjeuner ses enfants et les a habillés pour la garderie alors que les deux limiers ont attendu à l’intérieur de la résidence.

Durant les jours précédents, les policiers auraient épié ses allées et venues et celles de sa conjointe pour connaître leurs habitudes, ce que la SQ n’a pas voulu commenter.

Un avocat mandaté par Quebecor a assisté à la perquisition qui a duré environ quatre heures. Sur ses conseils, Éric Yvan Lemay n’a fait aucun commentaire, mais son rédacteur en chef, Dany Doucet, a été vitriolique.

« Normalement, on perquisitionne tôt le matin chez les criminels pour les empêcher de faire disparaître de la preuve. Ici, rien n’a été pris. Ils lui ont même dit que s’il n’obtempérait pas, ils allaient l’arrêter », a-t-il dénoncé vigoureusement en entrevue à TVA.

Vol et trafic

La police suspecte Éric Yvan Lemay du vol d’un bien d’une valeur de moins de 5 000 $ et de trafic de renseignements identificateurs.

On lui reproche d’avoir fouillé dans des dossiers de patients et de les avoir photographiés dans le cadre d’un reportage publié le neuf février sur des documents confidentiels laissés à la merci des quidams dans quatre hôpitaux.

C’est la direction de l’un de ces établissements, l’Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe, qui a porté plainte, conjointement avec un médecin « parce que des documents ont été subtilisés et que le contenu clinique a été diffusé », a dit son porte-parole, Claude Dallaire.

Le journaliste a été filmé par les caméras de surveillance de l’Hôpital Honoré-Mercier.

Les enquêteurs sont repartis de sa maison avec un manteau, une casquette, une chemise et un sac à dos que le journaliste aurait portés le jour du reportage. Ils ont aussi photographié sa main gauche.

Même si les mandats leur donnaient le droit de saisir l’ordinateur et les disques durs du journaliste, les policiers ne sont repartis qu’avec les fichiers pertinents.

 

 

 

 

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