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Début du carême

Rondes de prières contre l’avortement

Rondes de prières  contre l’avortement
Photo le journal de montréal, Émilie dubreuil Les deux militants Francois Tardif et Brian Jenkins prient pour la fin de l'avortement, boulevard Saint-Joseph, à Montréal.

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Chaque année au début du carême, ils apparaissent dans le parc pour prier pour la fin de l’avortement. À Montréal, ils sont une quinzaine qui viennent effectuer une « ronde de prière » à tour de rôle sur le boulevard Saint-Joseph. Ils sont convaincus qu’il n’y a que Dieu pour régler ce qu’ils dénoncent : l’avortement.

« Il y a des gens qui nous crient après, qui nous montrent du doigt. Je crois que je préfère ça à l’indifférence, au silence » explique Brian Jenkins, 51 ans, l’air songeur.

Depuis le début du carême, le responsable de la campagne Québec-Vie s’assure qu’il y ait toujours au moins quelqu’un ici, de 7 h le matin à 19 h le soir, sept jours sur sept, pour prier derrière la photo agrandie d’un foetus sur ce coin de rue hautement stratégique pour des militants anti-avortement. En face, il y a la clinique du docteur Henry Morgentaler.

« Tuer nos enfants, c’est grave »

« C’est à cause de ses démar­ches devant la Cour suprême, à la fin des années 1980, que l’avortement est légal au Canada et nous on prie pour que ça s’arrête. Tuer nos enfants, c’est grave. » confie M. Jenkins.

Des vigiles semblables se déroulent dans une dizaine de villes canadiennes et dans environ 300 agglomérations urbaines à travers le monde. À Montréal comme ailleurs, la campagne s’intitule 40 jours pour la vie.

Tendre l’autre joue

Ça fait maintenant trois ans que les habitants de la « république » du Plateau voient débarquer, deux fois par année, les bénévoles et la banderole.

Dans ce quartier plus à gauche qu’à Dieu, ces chrétiens fondamentalistes sont les véritables marginaux, de drôles d’oiseaux qui se posent dans le parc et distribuent aux passants des prières pour la vie.

François Tardif a 30 ans et il est conscient que la présence des militants pro-vie dans le parc dérange les habitants du quartier. La tuque bien enfoncée sur la tête, la pancarte anti-avortement autour du cou, comme un bon catholique, l’hostilité le fait sourire.

« Les gens sont tellement antireligieux au départ. Ils croient que si on est contre l’avortement, on est pour le retour de la femme au foyer, passéistes.

« Ils viennent nous engueuler et repartent. Ils ne sont pas à l’écoute. », raconte-t-il.

Le groupe croit avoir « sauvé » une centaine d’enfants à travers le monde depuis le début de la vigile, qui se terminera le premier avril.


emilie.dubreuil@journalmtl.com

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