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Doublage de films

Les Américains aiment l’accent québecois

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Le doublage de films au Québec est une industrie florissante de près de 30 millions de dollars par année qui fait travailler près de 800 personnes, dont plusieurs comédiens. Hunger Games, le film de l’heure, a été doublé à Montréal tout comme Miroir Miroir, dans lequel Marie-Andrée Corneille reprend le rôle de Julia roberts. Les Américains ont repris goût à l’accent québécois.

À une époque, tous les films américains destinés au marché québécois étaient doublés en France. Aujourd’hui, la grande majorité d’entre eux sont doublés ici, grâce à notre efficacité et à nos prix concurrentiels. L’industrie québécoise du doublage a fait sa marque, et il n’est plus question de laisser la France doubler les films américains destinés au marché québécois.

Dans Hunger Games, Xavier Dolan, Catherine Brunet et Louis-Philippe Dandenault doublent les personnages de Katniss, Peeta et Haymitch et ils reprendront ces rôles pour la suite de cette trilogie.

Dans Miroir Miroir qui sortira le 30 mars, Sarah Jeanne Labrosse, interprète Blanche-Neige joué à l’écran par Lily Collins (la fille de Phil) et Marie-André Corneille joue la méchante reine, incarnée par Julia Roberts.

Il se double au Québec environ 125 longs métrages par année, au coût de quelque 80 000 $ chacun, en plus d’un grand nombre de documentaires et de DVD, un marché énorme.

« Pour les artisans du doublage, c’est une question de fierté et un honneur », affirme Annie Tremblay, d’Alliance Vivafilm, le distributeur numéro un de films au Québec.

Plus rentable

Il n’y a pas si longtemps, doubler leurs films en français au Québec, n’avait aucune résonance auprès des producteurs américains (sauf Disney qui a toujours doublé localement). Plusieurs gros joueurs américains tels Paramount, Fox et Dreamworks boudaient le Québec au profit de la France. Aujourd’hui, doubler les films au Québec est une évidence.

La proximité des États-Unis avec le Québec est un avantage. Il en coûte moins cher pour les Américains de lancer leurs blockbusters ici en même temps que chez eux, puisqu’ils peuvent utiliser la même locomotive promotionnelle.

La rapidité avec laquelle les blockbusters se retrouvent dans nos salles, est aussi un atout. « Plus le film sort rapidement sur nos écrans, plus les bénéfices arrivent rapidement aux producteurs, indique une source du milieu, alors qu’en France, où les films américains sortent plusieurs mois plus tard, les producteurs doivent patienter avant d’engranger des profits. »

De plus, il semble que l’opinion publique compte pour les producteurs américains. Il y a quelques années, certaines bandes-annonces doublées en France, avaient été la risée des cinéphiles québécois. Un Spiderman en collants qui parle à la française ou un Darkdevil avec l’accent parisien, avaient fait rigoler le public plutôt que de l’impressionner. Les Américains ne se font plus prendre.

Le bon dosage

« Exceptionnellement, il arrive qu’une traduction française fasse l’affaire au Québec, précise Annie Tremblay. C’est notamment le cas pour les films historiques, dont Le Seigneur des anneaux. Par contre pour les films urbains, ou les comédies, il faut absolument doubler ici et calibrer l’accent.»

« En général, on s’assure de garder un français international, ni trop français, ni trop québécois, ajoute le coordonnateur de doublage Olivier Gladu. Sinon, ça sonne faux. Pour Goon par contre, qui se passe dans la chambre des joueurs de hockey, on a fait plein de tests pour trouver le ton juste, le bon dosage, plus slang. C’est très difficile de « québéciser » des dialogues. »

Parfois les distributeurs québécois arrivent à vendre leur traduction à l’étranger dans les pays francophones comme la France, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. « Si l’accent québécois est trop prononcé, ça nous ferme des marchés, » admet Olivier Gladu

En France, il existe une loi au sein de l’industrie du cinéma. Chaque film qui sort en salle, doit avoir été doublé en France, par des comédiens français. Au Québec, aucune loi du genre n’existe. C’est l’efficacité de notre industrie qui assure sa vitalité.

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