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Corneille

Corneille de retour enfin !!!

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Ces trois points d’exclamation après le mot « enfin » dans notre titre, c’est une suggestion de Corneille lui-même, qui peut finalement lancer son nouvel album au Québec, après une longue bataille avec son ancienne maison de disques. Ces points d’exclamation sont l’expression même du grand bonheur qui l’anime.

Pour expliquer ce qu’il ressent, Corneille parle d’un « sentiment de libération, de l’air frais, après des heures et des heures dans le smog.

« Pouvoir faire vivre sa musique à l’endroit où tu vis, quand tu en as été incapable durant si longtemps, est tellement libérateur, dit-il.

« En même temps, il y a beaucoup de fébrilité, une euphorie retenue, ajoute-t-il. Je veux que le public québécois aime mes nouvelles chansons. Il a été tellement patient et élégant avec moi. Je veux que ça leur plaise. »

Ce nouvel album intitulé Les inséparables ne reflète en rien ce passage difficile dans la vie de Corneille. C’est plutôt une joyeuse série de chansons - quinze avec les bonus- qu’il nous propose. Tout ça, grâce à la paternité.

« Après la naissance de mon fils, je me suis un peu abandonné à ma condition, à ce qui m’arrivait de bon ou moins bon, raconte Corneille. Pour les bonnes choses, j’ai dit « merci », pour les mauvaises, j’ai dit, « ça va se régler un jour ».

L’auteur-compositeur s’est mis au travail, et a décidé de créer pour oublier les aspects négatifs de sa vie.

« J’aurais pu faire un album plaignard, mais je ne m’en suis pas donné le droit, dit-il. La vie ne me le permettait pas. Chaque jour, je voyais mon petit garçon grandir, balbutier ses premiers mots. Il m’apportait tellement de bonheur que je ne pouvais pas écrire autre chose que ça.

« J’ai écrit l’album que je voulais entendre. »

Attiré vers l’espoir

Le bonheur s’entend sur Les inséparables, dans le choix des mots, des mélodies. De plus, l’auteur-compositeur était inspiré et il avait accumulé plein de nouvelles expériences de vie, depuis son dernier album en français, en 2005.

« J’avais du stock, des choses à raconter et j’étais dans le bon état d’esprit, » dit-il.

Dans la vie, Corneille est un gars positif attiré naturellement vers l’espoir plutôt que l’inverse. Il a fait la part des choses avec ses chicanes professionnelles.

« Une chicane avec une maison de disque, ce n’est pas le cancer du sein, dit-il. Les enjeux sont énormes pour un créateur, quand il ne peut plus créer, parce qu’il y a des éléments qu’il ne contrôle pas. C’est frustrant, emprisonnant. Mais à côté de ça, je devenais papa pour la première fois. Il n’y a pas d’autres bonheurs que ça. Je n’étais pas en train de vivre la pire période de ma vie, loin de là. »

Cette période de recul forcé, Corneille considère aujourd’hui qu’elle a été nécessaire.

« Je me suis rendu compte à quel point j’aimais ce métier, » dit-il.

Porté par une super vague de succès depuis Parce qu’on vient de loin, il avait perdu « la faim » de relever les défis de sa carrière.

« Le risque que ça ne marche pas, rend mon métier excitant, commente-t-il, même s’il s’accompagne de l’anxiété. Cette incertitude révèle qu’on est lucide, qu’on aime ce qu’on fait et qu’on veut encore rencontrer le public. J’avais besoin de cette période-là. »

Pas pour le fric

Après ce qu’il nomme un « travail d’exploration quasi-exploratoire », qui a notamment donné naissance à un album en anglais, Corneille est revenu à la pop urbaine qui l’a fait connaître, la musique qu’il aime et celle qu’il a toujours écoutée, « du R&B populaire pour toutes sortes d’oreilles », dit-il.

Il a tout composé, paroles et musique. Sonia de Medeiros, sa femme, a co-signé six textes et quelques amis ont collaboré. Ne reste plus que la part du public.

« J’ai peur, avoue-t-il, et je suis nerveux. J’ai peur que le public ne soit pas au rendez-vous. Je sais qu’il ne m’a pas oublié. Je le vois dans la rue. Je me fais interpeller tout le temps. Mais j’espère que les gens vont encore trouver de l’intérêt à ce que je fais artistiquement. C’est une crainte à chaque album. »

Les ventes d’albums, ici comme en France, ne sont plus ce qu’elles étaient. Corneille -qui a vendu 50 000 exemplaires de son nouvel album en France-, rêve d’un modèle de distribution et de rémunération où tout le monde y trouvera son compte, une sorte de package payant incluant musique, cellulaire et Internet.

« Malgré tout, le rapport entre le public et l’artiste reste, ajoute-t-il. Il est encore possible de faire des concerts, de se faire entendre à la radio.

« Le mieux est de continuer à créer, conclut-il en riant. Cette crise du disque aura permis de rappeler qu’on ne fait pas de la musique pour le fric, mais parce qu’on l’aime. »


Corneille sera de plusieurs festivals cet été au Québec, puis il ira poursuivre sa tournée d’une soixantaine de dates, en France, avant de revenir nous voir. Il sera notamment à l’Olympia de Paris le 21 novembre.

 

JUSTE LE PAPA DE MERIK

Corneille a dédié son nouvel album à son fils Merik qui aura deux ans le mois prochain. C’est grâce à ce petit bout de chou si le chanteur s’est défait de son ego d’artiste et que sa musique s’est rebranchée directement sur son cœur.

Sa chanson Tout ce que tu pourras décrit bien ce que Corneille éprouve pour son fils. Mais tout l’album lui est dédié, parce que depuis que Merik est né, papa a beaucoup changé, en mieux.

« La naissance de mon fils a redirigé ma vie, remis de l’ordre dans ma vie, souligné le sens de ma vie, clarifié des choses, déclare Corneille. Ça m’a aidé à me défaire de mon ego, le pire ennemi de la créativité.

« J’étais pour la première fois de ma vie dans le don de moi, sans aucune attente de merci -déjà qu’il ne savait pas parler ! -, un vrai altruisme. Quand on a un enfant, on découvre un autre soi, moins centré sur soi-même. C’est une force qui nous dépasse et on apprend une autre façon de vivre. On reconnecte avec le monde. Il y a peu de choses aussi universelles. »

S’ouvrir au monde

De cette façon, Corneille dit être sorti de son isolement d’artiste, de son « impression d’être à part ». La naissance de son fils l’a débarrassé de ce sentiment et lui a permis de s’ouvrir au monde. Dans cet ordre d’idées, il est allé, comme à l’époque de son premier album, vers la musique qu’il aime. Il a construit son nouvel album l’esprit ouvert, en écoutant plein de musique.

« Je suis redevenu le fan d’autres artistes, dit-il, être père m’a donné cette humilité-là. »

À force de se demander ce que le public attendait du personnage qu’il était devenu, à force de s’imposer lui-même des censures, l’auteur-compositeur s’était presque complètement perdu.

« Depuis la naissance de mon fils, je suis juste son papa. Ça m’a permis de reconnecter avec mon essence propre. Comme pour le premier album, je suis désormais connecté sur le cœur. »

Belle-mère québécoise

Avec une soixantaine de dates prévues à sa tournée française, Corneille fait sans cesse avec sa petite famille, des allers-retours, entre Paris et Montréal. Heureusement, lui et sa femme, Sofia, sont de grands voyageurs qui s’accommodent très bien du décalage horaire. Les inconvénients du voyage leur importent peu.

« L’important, c’est de rester ensemble », précise Corneille.

On pense à tort, que Corneille devient peu à peu français, qu’il délaisse le Québec, puisqu’il passe beaucoup de temps en France. Lui, assure que c’est impossible.

« Je ne peux pas devenir Français, lance-t-il en riant, ma belle-mère est Québécoise ! Je suis pris ici à vie.

« Le Québec est ma terre d’accueil, ajoute-t-il. J’ai un attachement particulier au Québec. C’est l’endroit où j’ai eu mon premier appartement, ma première vie d’adulte après le Rwanda. C’est ici où j’ai eu ma première job -je faisais du télémarketing, je harcelais les gens au téléphone !, une job pas facile.- C’est ici que j’ai trouvé l’amour, que je me suis marié, que mon fils est né.

« J’habite la couronne nord de Montréal. J’ai mes habitudes et mes repères, conclut-il. Ma carrière va se promener, mais ma vie personnelle est encrée ici. »

 

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