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franc-parler

Ennemi public numéro un

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Il semble que je sois devenu la tête de turc des étudiants « grévistes ».

Jeudi, lors de la manif, des étudiants brandissaient une photo géante de moi avec un nez de clown. Et sur Twitter, les adeptes du carré rouge se déchaînent à qui mieux-mieux contre mon humble personne.

Pas de problème, je vis très bien avec ça. Je trouve même cette attention flatteuse...

Il faut faire des salto arrière et leur embrasser les pieds, parce qu’ils nous ont fait l’insigne honneur de ne bloquer aucun pont ?

SAVEZ-VOUS LIRE ?

Le hic, c’est que je suis en train de me demander si les étudiants savent lire. Me semble que si tu vas à l’université, te devrais être capable de lire une chronique de 500 mots et de la comprendre, non ?

Enfin, c’était comme ça dans mon temps. Avec la réforme, cela a peut-être changé...

Voici ce que j’ai écrit le 10 mars dernier (pour les étudiants analphabètes, demandez à vos parents de vous lire ces lignes len-te-ment) :

« Avant de demander aux jeunes (qui vont hériter d’une dette de 202 milliards de dollars, creusée par leurs aînés qui sont sur le party depuis les années 60) de piger dans leur portefeuille, l’État pourrait commencer par montrer l’exemple et se serrer la ceinture.

« Je suis sûr que si on examinait à la loupe toutes les dépenses du gouvernement, on trouverait d’innombrables postes où l’on pourrait passer la scie mécanique AVANT de procéder à une hausse des frais de scolarité.

« Piger dans les poches des jeunes devrait être une solution de dernier recours, pas la première chose à faire ! »

MERCI DE N’AVOIR RIEN CASSÉ !

Comment ce texte sympathique à la cause des jeunes peut-il m’attirer les insultes des étudiants ? Ils trouvent Le Journal trop difficile à lire ? Ça leur prendrait des dessins ?

Qui sait, nos chers manifestants n’ont peut-être pas aimé les critiques que je leur ai adressées quand ils ont eu la brillante idée de bloquer des ponts et d’écoeurer les travailleurs. Si c’est ça, eh bien soit : ridiculisez-moi tant que vous voulez, les amis, ce genre de niaiseries ne vous méritera JAMAIS ma sympathie.

Jeudi, des commentateurs ont félicité les étudiants parce qu’ils se sont comportés correctement lors de la manif monstre. Quoi ? Il faut les remercier de respecter les lois, maintenant ? Il faut faire des salto arrière et leur embrasser les pieds, parce qu’ils nous ont fait l’insigne honneur de ne bloquer aucun pont ?

LA TWITTOSPHÈRE

Il y a quelques jours, j’ai publié ce message sur Twitter : « Vu sur une terrasse à Outremont : 5 étudiants avec carré rouge, mangeant, buvant de la sangria et parlant au cellulaire. La belle vie ! »

Oh, qu’ils ne l’ont pas aimé, celle-là ! Toute la tiwittosphère s’est énervée...

Or, je persiste et signe. Quand j’étais étudiant, je n’avais pas les moyens d’aller manger sur la terrasse d’un resto chic d’Outremont. On vivait à 5 dans un appartement minable et on mangeait du macaroni. Et je n’avais pas les moyens de m’acheter les gadgets de l’époque.

Je me suis serré la ceinture, j’ai INVESTI dans mon avenir, et aujourd’hui, je suis heureux d’avoir fait ces SACRIFICES.

J’aime bien les étudiants. Je suis sensible à leurs demandes.

Mais Dieu que certains peuvent être cons, parfois...

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