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Thomas Mulcair devient le nouveau chef du NPD

Mulcair
Thomas Mulcair après l'annonce de sa victoire.

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TORONTO –Thomas Mulcair a gagné son pari. À 57 ans, il retournera à la Chambre des communes lundi à titre de chef du Nouveau parti démocratique et chef de l'Opposition officielle.

Député d'Outremont, parlementaire aguerri, il a convaincu une majorité de militants au quatrième tour qu'il était l'homme de la situation pour tenir tête aux conservateurs de Stephen Harper aux Communes et leur meilleur espoir de gagner les prochaines élections de 2015.

Il a remporté cette longue course à la succession de Jack Layton en remportant 33 881 voix, soit 57,2 % des suffrages au quatrième tour.

M. Topp qui l'a talonné tout au long a terminé deuxième avec 25 329 voix, soit 42,78 % des suffrages exprimés.

Ému, M. Mulcair a promis d'être à l'écoute des citoyens, des communautés, des syndiqués et des jeunes et d'en faire le cœur du programme néo-démocrate.

«Comme Jack Layton l'a dit, notre plus grande réalisation le 2 mai n'était pas de gagner des sièges au Parlement, mais de leur donner une raison de croire qu'ils peuvent voter pour apporter des changements», a précisé le nouveau chef.

Inconnu dans l'Ouest, sans profondes racines dans ce parti, M. Mulcair avait hésité à se lancer dans cette course que l'on donnait gagnée d'avance à Brian Topp.

Avec l'appui dès le départ de l'ex-chef néo-démocrate, Ed Broadbent et de l'ex-premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, M. Topp, ex-stratège de Jack Layton et candidat de l'establishment, s'était imposé comme le candidat à battre.

Or, la vision de Thomas Mulcair a triomphé. Sous sa direction, le NPD ne se contentera plus d'être la conscience du Parlement, un parti attaché à ses principes, coûte que coûte.

Après avoir réalisé le meilleur score dans leur histoire aux élections du 2 mai en remportant 103 sièges dont 59 au Québec, M. Mulcair croit que le parti doit voir plus loin.

«Pour gagner lors de la prochaine élection et former le premier gouvernement fédéral néo-démocrate, notre parti doit aller au-delà de sa base traditionnelle et unir toutes les forces progressistes sous la bannière du NPD», a-t-il poursuivi au son d'applaudissements nourris.

Il a promis de le faire «sans sacrifier l'unité de notre parti».

À l'opposé, M. Topp qui se définit comme un «fier néo-démocrate» a toujours avancé que ce virage vers le centre serait suicidaire pour le parti.

On ne peut pas avoir «deux Parti libéral» avait-il indiqué. Si c'est le cas, «les gens vont voter pour le vrai».

M. Broadbent en avait remis en s'attaquant personnellement à M. Mulcair qu'il avait accusé de vouloir amener le parti à sa perte. Cette erreur stratégique a coûté des appuis à M. Topp, disait-on dans le camp Topp. De plus, plusieurs ont reproché à ce dernier de ne pas avoir de siège aux Communes.

Quant à M. Topp, il a indiqué vendredi qu'il s'en remettrait au verdict des militants et qu'il se rallierait au vainqueur.

«Quand c'est fini, c'est fini», a-t-il alors précisé.

M. Mulcair, ex-ministre libéral de l'Environnement sous le gouvernement de Jean Charest, devra tenter d'apaiser les tensions entre les divers camps. Il tiendra son premier caucus dimanche.

Né à Ottawa, fils de père irlandais, il a grandi à Laval. Il a été élu trois fois au Québec et trois fois sur la scène fédérale, d'abord dans une partielle dans le bastion libéral d'Outremont en 2007, puis réélu en 2008 et en 2011.

Brian Topp

Brian Topp a été de tous les combats aux côtés de Jack Layton. Fin stratège, il a esquissé de grands pans de la campagne électorale néo-démocrate historique de 2011. Né à Longueuil, parfaitement bilingue, il avait promis de lutter contre les inégalités sociales en proposant un niveau d'imposition supérieur de 35 % visant les plus riches.

Cadre important dans le cabinet de l'ex-premier ministre néo-démocrate de longue date de la Saskatchewan, Roy Romanow, M. Topp comptait se présenter dans une circonscription au Québec.

Il n'avait pas hésité à dire qu'il demanderait à un député québécois de lui céder sa place. M. Topp jugeait important de mener le NPD à la victoire aux prochaines élections en construisant le parti à partir de sa base québécoise.

Lors de son discours devant les militants vendredi, il a invité les Québécois à le suivre.

«Oui, on a perdu Jack, avait-il déclaré, mais nous pouvons continuer son travail. Nous pouvons construire un pays plus juste et égalitaire, un pays qui respecte le Québec, qui fait la promotion de la culture québécoise et de ses artistes et de sa langue.»

Tentative de cyberattaque

La confusion régnait samedi au congrès néo-démocrate à Toronto.

Des pirates informatiques ont tenté de saborder le déroulement du scrutin en cours en s'attaquant au système de vote électronique, mais le tour a été déjoué, a fait savoir un responsable rattaché au Nouveau Parti démocratique, Brad Lavigne.

La présidente du parti, Rebecca Blaikie, parlait carrément d'une cyberattaque. Elle a souligné que deux adresses IP auraient été identifiées. M. Lavigne préfère parler d'une tentative de cyberattaque, car «ils n'ont pas réussi à entrer dans le système».

Mais ont-ils essayé de le faire? «Oui et ils ont réussi à retarder le vote, a-t-il expliqué aux journalistes. Le scrutin était très sécuritaire. Ce qu'on peut utiliser comme analogie, c'est que quelqu'un a essayé de pénétrer dans la maison, mais l'alarme a sonné et les cambrioleurs ont eu peur.»

Il a précisé que la sécurité du système de vote par internet n'avait pas été compromise.

«Nous n'avons pas encore toutes les réponses à ce stade», a-t-il cependant conclu.


 



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