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Un plan « B » attrayant

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Vous ne vous attendiez sûrement pas à ce que les principaux intervenants dressent un parallèle relativement à la confirmation de l’entente entre la Ville de Québec et Quebecor Media Inc. et la situation qui prévaut actuellement à Phoenix.

Tout d’abord, le moment aurait été mal choisi et aussi, on ne veut surtout pas provoquer le commissaire de la LNH, Gary Bettman.

Par conséquent, le maire Régis Labeau­me s’est empressé de mentionner aux invités qu’on ne répondrait à aucune question sur la LNH, donc, s’abstenir. « Je sais que Pierre-Karl (Péladeau) n’est pas du genre à être bête, moi, je le suis, alors pas de question sur le hockey de la LNH. »

Sachant qu’on marche présentement sur des œufs, dans le sens qu’on ne veut surtout pas déranger le commissaire, on s’est bien gardé, lors du point de presse convoquée par Quebecor Media Inc., la Ville de Québec et le gouvernement du Québec, de faire des spéculations sur le dossier des Coyotes de Phoenix et la Ligue nationale de hockey.

Et pour les bonnes raisons.

PAS UN ULTIMATUM

Ç’aurait pu être interprété comme un ultimatum à Gary Bettman. « Tu vois Gary, on a rempli les conditions exigées, à toi de réagir. » Non, ça ne fonctionne pas ainsi. On laisse le dossier suivre son cours et on laisse les principaux intervenants s’ajuster aux informations qu’on leur fournit.

Qui plus est, on ne sait toujours pas où en sont rendus les investisseurs potentiels désirant faire l’acquisition de la concession des Coyotes dans leurs pourparlers avec les représentants de la Ville de Glendale, bien que la mairesse ait indiqué la semaine dernière qu’il fallait envisager la prochaine année fiscale sans un locataire important : les Coyotes de Phoenix. Sans oublier que le bras droit du commissaire, Bill Daly, n’a pas hésité à dire que le Colisée actuel pourrait convenir aux besoins d’une équipe de la LNH pour une période de trois ans.

DES INTERROGATIONS

Toutefois, on admettra qu’un point de presse un dimanche après-midi pour annoncer que le projet d’un amphithéâtre ultramoderne était maintenant une réalité et qu’à la mi-septembre, on procédera au début des travaux, soulève néanmoins plusieurs interrogations.

La semaine dernière, on donnait à entendre que la LNH allait prendre des décisions importantes dans le dossier des Coyotes si rien de concret ne transpire des discussions entre les investisseurs potentiels, la Ville de Glendale et la Ligue nationale.

Or, au moment d’écrire ces lignes, ça semblait toujours au point mort.

Les intervenants dans le dossier de l’amphithéâtre – et surtout ceux qui sont engagés dans le processus du retour de la LNH à Québec – m’assurent que ça n’a rien à voir avec la situation des Coyotes. « C’était le meilleur moment pour dévoiler les grandes lignes de la construction de l’amphithéâtre puisque le maire part pour la France demain et la date butoir du 31 mars pour confirmer l’entente entre la ville et Quebecor Media Inc., approchait à grands pas », m’a dit un porte-parole de Quebecor.

BETTMAN DOCUMENTÉ

Par contre, je suis convaincu que Gary Bettman avait tous les documents sur son bureau, samedi. Il a été informé que le dossier de construction de l’amphithéâtre allait se concrétiser en septembre, qu’il n’y avait plus d’obstacles. Je présume que le commissaire du hockey de la Ligue nationale a grandement apprécié le geste de Quebecor Media Inc., qui convoite une concession de la Ligue nationale pour le marché de Québec.

Pour Gary Bettman, doit-on préciser que le dossier de l’amphithéâtre à Québec arrive à un moment stratégique. Son plan « B » est maintenant plus attrayant, plus étoffé. Il a maintenant la certitude que le projet de la construction d’un amphithéâtre va se réaliser et qu’à compter de 2015, la ville de Québec répondra aux exigences du hockey professionnel.

Entre-temps, il y a comme solution de rechange un Colisée qui s’apprête à subir un « lifting » important et qui possède autant de sièges que l’amphithéâtre des Jets à Winnipeg. Donc, le commissaire Bettman peut aborder le dossier de Phoenix avec plus de latitude, même s’il désire garder le hockey dans l’État de l’Arizona.

Mais encore faut-il des investisseurs sérieux.

LES CONDITIONS RESPECTÉES

Jusqu’ici, Bettman ne peut pas nier qu’à partir de la première rencontre, en 2009, avec Pierre-Karl Péladeau et les représentants de Quebecor Media inc., les conditions exigées par la Ligue nationale et les gouverneurs ont été respectées. Les conditions étaient les suivantes :

- Un propriétaire impliqué dans la communauté.

- Un propriétaire offrant des perspectives intéressantes pour la Ligue, et dans le cas de la société Quebecor Media Inc, on propose une chaîne de télévision sportive, la téléphonie, une grande société spécialisée dans la câblodistribution, Videotron, une chaîne de journaux, des revues, une chaîne généraliste, le Groupe TVA, un groupe de quotidiens à l’échelle nationale, une entreprise qui fournit de l’emploi à 16 000 personnes.

- Un modèle d’affaires garantissant la rentabilité de l’équipe de hockey et un amphithéâtre ultramoderne.

La construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec était une condition essen­tielle.

Si, dans le plan « B » de Bettman, il y a des villes comme Québec, Seattle, Kansas City et Las Vegas, aucune de ces villes ne réunit les conditions qu’offre la ville de Québec. Seattle, Kansas City et Las Vegas n’ont même pas des investisseurs potentiels. Même pas à Phoenix.

DE L’ESPOIR ?

Le commissaire a maintes fois mentionné qu’il ne voulait pas créer de faux espoirs pour les amateurs de hockey de Québec. Cependant, il y a trois semaines, il disait qu’il faudra éventuellement penser à un déménagement des Coyotes si la situation ne s’améliore pas. Et la semaine dernière, son adjoint précisait que les gouverneurs croyaient de plus en plus à la rentabilité d’une équipe dans un petit marché... mais au Canada.

N’est-ce pas là créer de l’espoir ?

 

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