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Des étudiants aspergés de poivre de cayenne

Confrontation dans le métro

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La station de métro Jarry, située sur la ligne orange du métro de Montréal, a été le théâtre de confrontations entre des étudiants et des policiers, qui ont fait usage de gaz irritants et de bâtons télescopiques pour contrôler la foule, lundi.

Environ 200 manifestants marchaient sur la rue Saint-Hubert, lorsqu'ils ont tourné sur la rue Jarry, vers 14 h. À ce moment, un individu vêtu de noir et portant une cagoule a surgi du groupe pour fracasser une vitrine d'une succursale de la SAQ, situé sur la rue Jarry à l'angle de la rue Lajeunesse.

Plusieurs marcheurs ont, sans succès, tenté de réprimer ces actes de vandalisme.
Les manifestants se sont alors engouffrés dans le métro Jarry, à proximité de la SAQ, où sont intervenus les policiers de l'unité antiémeute. Plusieurs personnes ont été incommodées à cause des gaz irritants qui ont été utilisés.

Les étudiants ont finalement quitté le métro et vers 14 h 30, la situation s'était calmée.
Plus tôt, le groupe avait bloqué les bureaux de la Fédération des cégeps, situés à l'intersection de la rue Berri et du boulevard Crémazie. Une trentaine d'étudiants masqués sont entrés dans le bâtiment. Des policiers de l'escouade spécialisée du Service de police de la Ville de Montréal se sont rendus sur place, mais n'ont pas eu à intervenir.

D’autres groupes d’étudiants ont également pris part à des actions lundi. À l’Université de Montréal, un imposant carré rouge a été installé sur la tour principale. Il a rapidement été retiré par des ouvriers travaillant sur la structure, qui fait l'objet de travaux de réfection. Une manifestation a également eu lieu devant le pavillon Lionel-Groulx de l’UdeM.

Aussi, au petit matin, les automobilistes ont eu la surprise de constater que la chaussée avait été peinte en rouge à l'intersection des rues Papineau et Sherbrooke. Il n’a cependant pas été confirmé que ce geste avait été posé par des étudiants.

De nouvelles stratégies

Par ailleurs, la lutte contre la hausse des frais de scolarité va prendre de l'ampleur, a annoncé Gabriel Nadeau-Dubois, l’un des porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), lundi, lors d’un point de presse sur le campus de l'Université de Montréal.

Plusieurs de ces actions sont d’ailleurs prévues dès cette semaine.
Gabriel Nadeau-Dubois a ajouté que le mouvement serait élargi afin de rallier les travailleurs à la cause étudiante. Des grévistes doivent notamment se rendre à Alma samedi pour appuyer les employés en lock-out de Rio Tinto Alcan.

Le porte-parole de la CLASSE a aussi indiqué qu'un forum populaire se tiendrait le 9 avril prochain, afin d'élargir les discussions avec la population et les organisations de la société civile.

Des cibles « politiques »

M. Nadeau-Dubois a précisé que les actions étudiantes viseront avant tout le gouvernement. « On va vraiment s'en prendre à des cibles très bien choisies, très stratégiques, des cibles politiques et économiques, a-t-il assuré. L'objectif, ce n'est jamais de déranger les citoyens. »

« Ce que l'on veut, c'est rallier les travailleurs à notre cause et faire comprendre aux gens que la hausse des frais de scolarité, ça s'inscrit dans un contexte plus large, dans le contexte d'un gouvernement qui s'attaque à l'ensemble de la population », a ajouté Gabriel Nadeau-Dubois.

Les présidents de la FEUQ et de la FECQ, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin, ont annoncé deleur côté que le mouvement étudiant compte être très actif dans les circonscriptions libérales remportées par de faibles majorités.

« Le gouvernement libéral ne comprend que le langage de l’argent et des élections, a affirmé Léo Bureau-Blouin, porte-parole de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Nous allons donc passer à l’action dès mardi pour que le premier ministre et ses députés écoutent la population. »

Deux caravanes sillonneront les routes de la province pour aller jusqu’en Abitibi et à Lévis, voire aux Îles-de-la-Madeleine où des équipes feront du porte-à-porte et distribueront des dépliants afin de faire passer leur message : « les libéraux ne doivent pas être réélus aux prochaines élections ».
Une cinquantaine d'étudiants reliés à la FEUQ et à la FECQ ont bloqué l'accès lundi à l'hôtel de ville de Montréal où se trouvait le ministre des Finances, Raymond Bachand, et le recteur de l'Université de Montréal.

Certains étudiants ont lancé des fraises en direction du ministre alors qu'il sortait du garage. Un étudiant s'est couché devant la voiture, avant d'être soulevé par les policiers.

À Québec, des étudiants en foresterie de l'Université de Laval ont déposé 325 bûches devant lesbureaux du ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, pour symboliser la hausse annuelle des droits de scolarité. Des étudiants brandissaient des pancartes indiquant « s'il faut bûcher pour que vous compreniez ».

La FEUQ et la FECQ ont par ailleurs prévu une manifestation régionale qui se tiendra mardi après-midi dans les villes de Montréal, Québec, Laval, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Jonquière et Val-d'Or. Une autre journée de protestation nationale est également prévue, le 4 avril prochain, et se déroulera cette fois-ci à Sherbrooke.

Menacée de congédiement


Par ailleurs, une enseignante au Conservatoire de musique de l’Université de Montréal, Liette Yergeau, s’est vue suspendue, avec menace de congédiement, après avoir soutenu la légitimité de la grève étudiante, votée le 19 mars par les étudiants.

C’est le contexte de polémique quant à la légitimité de la grève, opposant la direction générale du réseau des Conservatoires de musique et les étudiants du Conservatoire de musique de Montréal, qui serait à l’origine de cette suspension, selon l’Association étudiante du Conservatoire de musique de Montréal.
 

 

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