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Procès | Tania Pontbriand

Une nuit inoubliable

L’étudiant raconte au juge ses premiers ébats sexuels interdits avec sa professeure

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C’est sous une tente de camping que l’ancienne professeure d’éducation physique Tania Pontbriand aurait incité le « chouchou » de sa classe, un élève de 15 ans, à avoir sa première relation sexuelle avec elle.

Au troisième jour du procès de l’ex-enseignante de Rosemère pour agressions sexuelles sur un mineur, le jeune plaignant a témoigné en détail de cette « expérience qu’on n’oublie pas » avec celle qui avait deux fois son âge, la nuit du 19 mai 2002.

Alors mariée, l’accusée l’avait invité, seul, à l’accompagner pour un week-end en camping à Arundel, dans les Laurentides.

« Ma mère était réticente, mais j’ai eu la permission, a-t-il expliqué. Elle tenait cependant à ce qu’on couche chacun dans notre tente. J’ai donc apporté la mienne. Mais Mme Pontbriand n’en a pas apporté », a-t-il relaté au juge Valmont Beaulieu.

« Une éternité... »

L’universitaire anglophone, qui a maintenant 25 ans, a raconté sans gêne apparente, parfois même en ricanant, ses moments de maladresse et son état d’esprit au moment de son initiation alléguée.

« Nous étions allongés et elle s’est mise à me caresser les sourcils. Puis, elle m’a dit : “Embrasse-moi.” Ça m’a pris totalement au dépourvu. Je lui ai répondu : “Comment ?” Elle m’a dit : “Comme tu veux. Je me suis alors penché et j’ai probablement donné le pire baiser de toute ma vie.”

« Elle m’a demandé de défaire son soutien-gorge. J’en étais incapable. Elle m’a demandé jusqu’où je voulais aller. Je ne savais pas. C’est elle qui “callait les shots”. J’étais puceau. C’était la première fois que je voyais une femme nue. On a fait l’amour deux fois. »

Nerveux et confus, mais excité

« Et ç’a duré combien de temps ? », lui a demandé l’avocate de la défense, Me Isabelle Patoine, cherchant des contradictions dans son récit.

« Peut-être 15 minutes, peut-être une heure. J’étais tellement nerveux, confus et excité, ça m’a semblé durer une éternité... »

Soutenant avoir eu 300 relations sexuelles avec l’accusée entre 2002 et 2004, il a affiché plusieurs trous de mémoire au sujet de cette nuit-là. Incapable de préciser leurs sujets de conversation, ce qu’ils avaient mangé ou la couleur des sous-vêtements de l’accusée, il se souvenait cependant qu’elle a bu de la liqueur au raisin une fois leur première relation consommée.

« Le sexe a un peu effacé tout ce qui a précédé », a-t-il candidement plaidé.


Le plaignant poursuit son témoignage cet après-midi, à Saint-Jérôme.

Extraits de son témoignage
«
J’étais clairement son élève préféré. Elle m’a dit qu’elle faisait exprès de venir s’asseoir près de moi en classe. Je n’ai jamais été puni autant que les autres élèves. Elle s’est même servie de moi pour faire une démonstration de réanimation cardiorespiratoire à l’école. »

«
Au début de mai 2002, on a fait une sortie de classe à vélo avec Mme Pontbriand. J’ai pédalé avec son mari et on a rigo­lé. Mais j’ignorais alors qui il était... » Lors de cette sortie à vélo, tous les participants se sont arrêtés pour dormir dans un camping à Oka. Le soir, on s’amusait dehors quand une mouffette est sortie du bois.

«
Mme Pontbriand et moi, on s’est réfugiés dans une camionnette. On y a passé la nuit à discuter de nos vies, tous les deux. On a vraiment connecté. »

«
Mme Pontbriand m’a invité deux semaines plus tard à aller en camping, juste avec elle. Elle disait qu’on n’avait pas pu finir notre conversation, que c’était comme un bon roman qu’on n’a pas tout lu. »

«
J’ai dit à ma mère : “Je viens de me faire une ­nouvelle meilleure amie !” Elle était heureuse et m’a demandé qui c’était. Quand j’ai dit « Mme Pontbriand », ça l’a ­surprise. »

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