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Procès | Tania Pontbriand

«L’amie dont il a besoin»

La prof s’est justifiée auprès de son directeur, en 2003, en niant toute inconduite sexuelle

«L’amie dont il a besoin»
illustration agence qmi, delphine bergeron Tania Pontbriand a vu son ancien patron venir témoigner pour la Couronne, hier.

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Soupçonnée d’être « trop proche » d’un de ses élèves de 15 ans, Tania Pontbriand s’est défendue en écrivant à son directeur d’école qu’elle voulait simplement l’aider, après que cet adolescent « renfermé » lui eut confié avoir déjà été victime d’abus sexuels.

C’est ce qui ressort d’une lettre déposée en preuve, hier, au cinquième jour du procès de l’ex-professeure d’éducation physique, inculpée d’avoir agressé sexuellement un mineur alors qu’elle était en position d’autorité sur lui.

La lettre manuscrite de 10 pages, dont le Journal a obtenu copie, avait été remise par l’accusée au directeur de l’école anglophone de Rosemère qui l’employait, Alain Guay, en mars 2003.

« Je l’ai rencontrée pour lui dire de faire attention, a-t-il témoigné à la demande de la Couronne. La mère de l’élève m’avait exprimé ses inquiétudes et voulait qu’on s’assure que son fils et sa professeure avaient une relation strictement professionnelle. J’ai donc parlé à Mme Pontbriand de ce que ça pouvait laisser comme impression et je lui ai demandé de garder ses distances, mais elle avait toujours une bonne excuse. »

« Le mouton noir »

M. Guay a rappelé au juge Valmont Beaulieu que l’enseignante s’était montrée « surprise » de son intervention. Elle lui a donc écrit, quelques jours plus tard, pour lui tracer un historique détaillé de sa relation de « confidente » des dix derniers mois avec cet étudiant.

Son récit débute en mai 2002, où elle relate que lors d’une sortie de classe, l’élève « s’est ouvert » à elle en lui racontant « l’histoire de sa vie », dont des choses qu’il n’avait « jamais dites à personne ».

« Il a senti une connexion entre nous deux, mais il avait peur que j’en parle. J’ai tenté de le rassurer. Je lui ai parlé de l’avortement que j’ai subi. Il m’a alors dit qu’il avait déjà été abusé sexuellement. (...) Je lui ai promis que je serais l’amie dont il a besoin. »

Elle décrit l’ado comme le « mouton noir de sa famille », vivant « dans l’ombre de son frère aîné » et ayant du mal à composer avec la « pression exercée par une mère autoritaire ».

Pas une « prédatrice »

Selon la version du plaignant, c’est à ce moment que sa prof l’aurait initié au sexe et qu’ils auraient entrepris une liaison de deux ans.

Or, d’après cette lettre de Tania Pontbriand, les rapports sexuels allégués ne se sont jamais produits. Elle évoque avoir été « furieuse » en apprenant que la famille du plaignant, qu’elle connaissait bien, colportait qu’elle était « une prédatrice ».


Le procès ne reprendra que le 7 mai.

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