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Rêver d’un « printemps québécois »

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Avec les manifestations étudiantes et l’appel à la mobilisation générale de Dominic Champagne le 22 avril, l’événement Nous ? tombe à point, selon Sébastien Ricard, qui n’hésite pas à relier l’effervescence actuelle à la naissance d’un éventuel « printemps québécois ».

« Le timing est parfait, observe-t-il. On est dans une période au Québec ou la disponibilité d’esprit et de temps est là pour s’attarder à ces questions et pour vraiment mettre en marche les idées et les débats.

« Il y a en ce moment une espèce d’alignement des astres et des planètes qui est assez formidable. »

Ce n’est pas un hasard si Sébastien Ricard et les autres concepteurs de Nous ? ont commencé à réfléchir à l’événement il y a environ un an, pendant le printemps arabe.

« L’effervescence et les débats qui se sont dégagés de ces événements nous ont inspirés et nous ont encouragés à se pencher nous aussi sur la notion de la démocratie, indique Ricard.

« Évidemment, on n’avait pas du tout prévu que la grève étudiante serait déclenchée entre-temps et que Dominic Champagne (qui participe également à notre événement) organiserait sa mobilisation générale le 22 avril (à l’occasion du Jour de la Terre).

« Même si personne ne s’est concerté, c’est certain que, pour moi, tout est parti d’un même momentum qu’on alimente et qui nous nourrit tous. Un momentum qui nous mènera je ne sais pas où. »

Appel aux jeunes

Lors de la conférence de presse de Nous ?, le mois dernier, Sébastien Ricard – qui arborait le carré rouge en appui aux étudiants en grève – avait invité les jeunes à participer massivement à l’événement.

« On leur a suggéré de venir, d’écrire des textes et d’être dans la salle ou sur les réseaux sociaux, dit-il.

« D’ailleurs, Gabriel Nadeau-Dubois (le porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante) sera une des personnalités qui lira un texte sur scène. Au-delà des intérêts particuliers des étudiants, je crois qu’il est intéressant de trouver ce qui nous relie collectivement et d’essayer de se retrouver.

« Comme c’est souvent le cas partout dans le monde, ce sont les étudiants qui ont donné le coup d’envoi à ce mouvement général qu’on voit naître. Les gens sentent bien que, derrière les manifestations étudiantes, il y a moyen de se rejoindre tous ensemble.

« Comme les étudiants l’ont dit eux-mêmes, le discours sur le dégel des frais de scolarité touche à la marchandisation du bien commun et, ultimement, à la démocratie. Ce sont des questions qui dépassent les simples revendications des frais de scolarité. »

 

« Je vis pourtant dans l’anxiété l’attente, convaincu qu’on ne peut sans grand risque la prolonger. Ce qui s’observe ici rappelle l’extinction des communautés francophones nées du Québec et de l’Acadie en Nouvelle-Angleterre. Pourvues des institutions servant à assurer leur permanence, elles ont d’elles-mêmes à la fin réclamé que l’enseignement dans la langue de la majorité remplace celui qui nourrissait leur particularité. Cela s’appelle le pragmatisme. L’homogénéisation rend tout plus fonctionnel. Mais la commodité était-elle la vraie raison ? Pas que je croie. Nous avons été à même d’observer ailleurs comment progresse le recouvrement par la culture majoritaire des îlots de francophonie. Le moment arrive où le sentiment de perdre le sens de la réalité fait que le passage à la culture qui a prise sur le monde, d’abord inconscient, devient désiré, voulu. »

André Ricard , père de Sébastien Ricard

À mon sens c’est cela la démocratie, la possibilité d’une discussion. Nous existons simplement dans ce monde pour lancer des discussions qui n’ont pas déjà eu lieu dans notre société ou bien qui ont eu lieu de façon trop primitive, trop légère, pas assez sophistiquée. Notre but est d’élever le niveau de cette discussion pour avoir une vraie démocratie. Il faut toujours courir après des discussions qui n’ont pas eu lieu à un certain moment de nos vies.

Marie Louise B. Mumbu

On peut difficilement trouver une chose que l’on ne cherche pas, et dont on a aucune connaissance. Cette appartenance est en NOUS, elle est le commun possible que recouvre le mensonge de l’individualisme consommateur, elle est l’expérience que nous faisons de la justesse de notre rapport au monde, recouverte par l’isolement et la séparation auquel conduit le spectaculaire, elle est l’amour que nous avons pour ces lieux de passages, ces êtres passeurs qui ont médiatisé notre advenir au monde. Mais pour la trouver, pour l’aimer et en faire la substance de notre sagesse, il faut la vouloir.

Eric Martin

À ceux qui veulent nous faire payer le privilège d’apprendre sur les bancs l’école comment les enrichir taxeurs de savoir, détourneurs de science au profit de l’absurde obtus du marché. À ceux qui rêvent d’un peuple criblé du plomb des dettes. Lourd et lent, incapable de bouger. Incapable de résister. Je dis partagez

Jean barbe

N’ayez pas peur de dénoncer ces abus, de dénoncer cette régression indigne de progrès humain. Si nous souhaitons de la croissance, voici bien l’unique priorité : la croissance de la dignité humaine, la véritable liberté de chacun dans une société qui garantit les droits humains pour tout le monde.

Béatrice Vaugrante

Quelques-unes des 73 personnalités qui ont accepté d’écrire et de lire sur scène un texte de leur cru sur le thème de la démocratie au Québec :
Dominic Champagne
Évelyne de la Chenelière
Paule Baillargeon
Loco Locass
Hugo Latulippe
Jean Barbe
Alexis Martin
Olivier Kemeid
Olivier Choinière
Manon Barbeau
Pierre Lefebvre
Gérald Larose
Nathalie Guay
Claudia Larochelle
Maxime Catellier
Jacques Lanctôt
Mathieu Bock-Côté
Denise Boucher
Camil Bouchard
Gabriel Nadeau-Dubois
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