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Éducation | Grève

Invasion de sauterelles

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Des vandales anonymes ont causé tout un émoi, hier matin, à HEC Montréal, alors que des « milliers » de sauterelles vivantes ont été libérées dans un pavillon.

Vers 8 h 30, les insectes emportés dans des boîtes de carton ont été répandus à la bibliothèque et dans un escalier de l’édifice Côte-Sainte-Catherine.

« Quand je suis arrivé, il y en avait des milliers partout dans l’école, raconte l’étudiant Gary Julien. Tout le monde se demandait ce qui se passait. Disons que c’était assez particulier. »

En seulement quelques minutes, l’information s’est propagée sur les réseaux sociaux.

En plus des sauterelles, des tracts haineux à l’égard de l'École des hautes études commerciales (HEC) Montréal ont aussi été distribués dans ce pavillon.

« Au moment où ces lignes échoient à votre curiosité, sachez que la vermine se propage inexorablement et fera bientôt des HEC une infecte masure où grouillent les plus hideuses bestioles », peut-on lire dans le texte.

La direction de HEC Montréal a fait appel à une firme d’exterminateurs pour ramasser les insectes, hier matin.

Lié à la grève ?

Pour le moment, impossible de connaître le(s) auteur(s) derrière ces actions.

Or, l’Association étudiante HEC Montréal (AÉHEC) a voté en forte majorité contre la grève pour la hausse des droits de scolarité, mercredi après-midi.

Questionné à ce sujet, le président de l’AÉHEC, Gabriel Morency, ne voit pas de lien entre la prise de position de l’Association et les actions d’hier matin.

« Rien dans le tract ne parle de notre assemblée générale, alors je ne peux pas me prononcer. »

Pourtant, la fin du tract laisse entrevoir que ce geste d’éclat est lié au mouvement étudiant.

« Dorénavant, la grève prend l’aspect d’un exode et nous sommes les vrais Hébreux. Que l’opération plaie d’Égypte soit lancée, bande de putes babyloniennes ! », conclut le tract.

Enquête ouverte

Hier, la direction de HEC Montréal a indiqué qu’elle fournira toutes les informations nécessaires aux policiers pour retrouver les vandales.

« À ce point-ci, on ne sait pas si c'est un

geste d'un étudiant ou pas. On ne sait pas

non plus s'il s'agit d'une seule personne

ou d'un groupe. Mais, c'est un message qui ne s'adresse pas juste aux étudiants, mais aussi à l’institution. C’est assez troublant », soutient Jacynthe Alain, porte-parole de HEC Montréal.

Cette dernière indique par ailleurs que les cours n’ont pas été perturbés par cet événement.

Geste isolé ?

De leur côté, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) se sont toutes deux dissociées de ces actions.

« C’est difficile de dire si c’est en lien avec la grève, mais ce n’est clairement pas une façon de faire que nous préconisons », indique Martine Desjardins, porte-parole de la FEUQ.

 

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Extraits du tract anonyme
«
Que le Pharaon durcisse son cœur, mais que justice soit livrée. Qu’elle salisse vos murs et vos conduits d’aération. Et la nuit, la peste enveloppera les sinuosités tel le linceul la dépouille. »
«
Or face à la violence de vos big boss dont vos locaux portent l’infâme signature, ce châtiment est une douceur, cette prudente calamité, une politesse. »
«
Dès lors que le HEC incarne la collusion du commerce (...) et des institutions culturelles (...) c’est à une loi méconnue des tribunaux que l’âme droite fait appel. »

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