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Kim Nguyen

D’un univers à l’autre

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D’un film à l’autre, Kim Nguyen aime explorer différents univers et genres cinématographiques. Ainsi, après avoir signé une « comédie psychotronique » (Truffe) et une fable humaniste dans le désert tunisien (La cité), le jeune cinéaste québécois propose maintenant une histoire d’amour campée au cœur d’une guerre civile en Afrique.

Tourné entièrement l’été dernier en République démocratique du Congo,

Rebelle, son quatrième long-métrage a été présenté en février dernier en compétition officielle au Festival de Berlin, où il a été récompensé de l’Ours d’argent de la meilleure actrice (remis à la jeune Congolaise Rachel Mwanza).

Rebelle, que Kim Nguyen a écrit sur une période de neuf ans, raconte l’histoire de Komona (Rachel Mwanza), une enfant soldat de 14 ans, enceinte, qui relate sa vie à l’enfant qui grandit dans son ventre.

« On a beaucoup parlé du fait que mes deux personnages principaux sont des enfants soldats, mais je voulais d’abord et avant tout raconter une histoire d’amour, explique le cinéaste en entrevue au Journal.

« C’est une histoire d’amour qui persiste malgré la guerre qui se déroule autour, un peu comme The English Patient, même si la comparaison est un peu boiteuse. Je voulais aussi donner un portrait d’une Afrique qui est dure, mais qui aussi imprégnée de magie et d’amour. Et je ne voulais pas poser de jugement sur mes personnages. »

Complexe mais enrichissant

Le tournage au Congo a été complexe, bien sûr. Mais Kim Nguyen tenait à y tourner son film.

« On a visité d’autres pays comme le Cameroun, mais il y a une ambiance unique au Congo, insiste-t-il.

« On y retrouve un mélange de magie et de la vie de tous les jours. On rencontre sur les rues de Kinshasa des prêtres guérisseurs et des gens qui pratiquent des exorcismes les soirs de semaine ! C’est très coloré. »

Rebelle marque une étape importante dans la carrière de Nguyen dans la mesure où le réalisateur a voulu « casser le moule » en tournant son film de façon chronologique et de façon plus spontanée.

« Ç’a été une révélation pour moi de travailler ainsi. J’aimerais le refaire un jour avec des comédiens d’expérience. Je me suis inspiré d’Andrea Arnold, qui avait travaillé ainsi avec Fish Tank, un film qui m’a beaucoup impressionné.

Elle a tourné de façon chronologique et n’a pas révélé les détails de l’histoire au début du tournage.

« Pour Rebelle, il y avait un scénario, mais comme les acteurs ne l’ont jamais lu, il y a plusieurs dialogues improvisés et le film a entièrement été tourné de façon chronologique. Ça nous a permis de voir le film évoluer et même de modifier certaines scènes en fonction de ce qui avait déjà été tourné. Cela nous a aussi permis de tourner de façon plus spontanée, en suivant l’émotion du moment. Un peu comme un photographe toujours à l’affût de ce qui se passe autour. »

« Une équipe de guerriers »

Le cinéaste donne d’ailleurs beaucoup de crédit à son équipe, qui l’a appuyé pendant ce tournage qui s’est échelonné sur plusieurs semaines dans des conditions souvent extrêmes; le directeur photo Nicolas Bolduc, le premier assistant à la réalisation Pierre Magny, le concepteur artistique Emmanuel Fréchette, entre autres.

« On avait beaucoup de guerriers au sein de l’équipe, dit-il.

« Ce tournage va rester une des expériences les plus créatives et humaines de ma vie. On n’a pas souvent la chance d’avoir cette conjoncture-là, où tu as une équipe qui te suit sur place et un distributeur qui te fait confiance (Métropole Films).

« Je me souviens, un jour, d’avoir demandé au distributeur s’il pensait qu’on devrait avoir une vedette pour soutenir le projet et il m’a répondu de faire le film que j’avais à faire de façon authentique. Je pense que je n’avais jamais entendu un distributeur parler ainsi avant.

« D’ailleurs, avec Rebelle, c’est la première fois que je vois mon film terminé et que je trouve qu’il ressemble à ce que j’avais imaginé au départ. C’est très gratifiant. »


Rebelle prendra l’affiche vendredi 20 avril.

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