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Le Vent du Nord

Prendre plaisir à Tromper le temps

Le Vent du Nord
Photo Agence QMI, Annie T. Roussel

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Marier le répertoire traditionnel et le propos actuel, une façon de Tromper le temps qu’affectionne Le Vent du Nord, tout particulièrement dans son septième album, lancé hier soir en grande primeur, pour souligner le 10e anniversaire du groupe.

« On aime tellement notre répertoire que ça nous pousse à créer. On a toujours mêlé les deux, mais celui-là compte plus de créations que nos albums précédents », souligne Nicolas Boulerice (vielle à roue, piano, accordéon-piano et voix).

« Il ne faut toutefois pas y voir une nouvelle tendance. C’est arrivé comme ça. C’est un travail d’équipe », ajoute Olivier Demers (violon, pieds, mandoline, guitare électrique et voix), flanqué de Réjean Brunet (accordéon, basse, contrebasse, bombarde et voix...) et Simon Beaudry (guitare, bouzouki et voix).

Passionnés de musique traditionnelle, les quatre acolytes, qui atteindront le nombre magique de 1 000 spectacles — plus de 80 % à l’étranger — pour leur 10e anniversaire cet été, affirment que le Québec est un bel endroit pour vivre, capable d’une société plus juste, plus égalitaire.

Ils reconnaissent avoir le goût de dénoncer les inégalités à travers leurs chansons comme avec La soirée du hockey — toujours télédiffusée en anglais, mais pas en français par CBC/Radio-Canada — de s’impliquer pour faire changer les choses avec Le Diable et le fermier qui s’insurge contre l’exploitation des gaz de schiste ou répondre à Lord Durham qui s’était mis un doigt dans l’œil avec Lettre à Durham.

Propos actuel

« C’est un peu ce qui explique le titre de l’album. Tromper le temps soutient que la destinée n’est pas nécessairement fataliste, qu’on peut changer le cours des choses. Tromper le temps montre qu’on peut faire de la musique traditionnelle et chanter encore en français en 2012 ! De même, être capable de regarder nos origines et de se projeter dans le futur, tout en ayant le contrôle là où on veut aller. »

« Durham, ça sonne une cloche. Pour moi, une culture, ce n’est pas juste une langue, c’est aussi une façon différente de voir le monde, de penser, de rêver... Quand une culture s’éteint, c’est une grande perte pour toute l’humanité », insiste Nicolas Boulerice.

Tromper le temps est le fruit d’un laborieux travail de recherche amorcé il y a deux ans et même plus, puisque, à chaque album, les membres du groupe s’amènent chacun avec une dizaine de chansons traditionnelles. « On les essaie et on en sélectionne qui s’inscrivent dans l’esprit du disque pour que ce soit harmonieux, tout en y intégrant des compositions », précisent Réjean et Simon.

Celles qui sont mises de côté sont gardées en réserve et peuvent être utilisées pour d’autres albums. D’ailleurs, les gars du Vent du Nord avouent avoir déjà des idées pour le prochain et confient que s’ils en avaient les moyens, ils feraient beaucoup plus de disques.

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