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Cirque du Soleil

Une bête à deux têtes

Un « petit » budget de 27 millions $

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Amaluna compte sur un budget de 27 millions $, un budget restreint pour les exigences d’un spectacle du Cirque du Soleil.

Le spectacle Amaluna est géré par une bête à deux têtes, celle de Gabrielle Pinkstone, qui gère le budget, et celle de Fernand Rainville, qui s’occupe de l’aspect visuel du show.

Homme de théâtre et metteur en scène depuis 25 ans, notamment pour Les Misérables, Fernand Rainville qui dirige 90 individus, artistes, concepteurs, dessinateurs et techniciens, explique pourquoi 27 millions $ ce n’est pas gros pour Amaluna.

« L’infrastructure mange quelques millions, la piste un autre million, énumère-t-il. Tous nos choix touchent le budget. Juste pour le bol d’eau qui pèse 6 000 lb, il a fallu penser aux frais de chauffage et de purification, et à renforcer la structure. Tout ce qui est sur scène à un coût et il faut faire des choix. Amaluna est un spectacle de tournée, il ne faut pas se retrouver avec huit camions de plus parce qu’on a eu des idées. »

Amaluna pourrait faire 250 villes en carrière et 15 ans de tournée. Chaque détail doit être pensé à la base.

« Ce spectacle doit être “tournable”, indi­que le directeur de la création, géra­ble pour l’équipe de soutien. Si la base est soli­de, on sera capable de le reproduire durant des années. Même avec des doublures, il faudra être capable de transmettre l’émotion. »

Le rôle de Fernand Rainville est crucial, mais celui de sa collègue

Gabrielle Pink­stone aussi.

« Elle doit être capable de dire oui et ne pas avoir peur, malgré les contraintes budgétaires, indique Fernand Rainville, et éviter de mettre des freins à des élans de créativité. La part de risque fait le succès du cirque. »

Amaluna sera présenté dès le 19 avril sous le Chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal, à Québec dès le 26 juillet, suivi de Toronto et Vancouver. Pour les billets, voir

cirquedusoleil.com

Clown

La comédienne Nathalie Claude, l’ex-Tite-laine de l’émission Km/h de TVA, interprète le rôle du clown Jeeves dans Amaluna, un rôle difficile, dit-elle, toujours sur la corde raide, en contact direct avec le public.

Pour Nathalie Claude, les gens viennent au cirque autant pour voir ses « demi-dieux » exécuter leurs prouesses, que pour voir les clowns dans toute leur huma­nité et leurs faiblesses.

Elle y jouera un clown masculin qui tombe amoureux de La Nounou, un autre clown. C’est la première fois qu’on y verra un duo de femmes clowns.

Le Cirque du Soleil a pensé à elle puisqu’elle était déjà entraîneur artistique et coach de clown pour les spectacles du Cirque du Soleil.

La comédienne, qui portera une grande moustache rouge en guise de nez, s’embarque pour une longue aventure et a hâte de pouvoir approfondir son personnage. Elle promet des surprises. Permises, dit-elle, « puisqu’un clown doit avoir de la spontanéité, surprendre ses camarades et, surtout, toucher le public.

« Il faut explorer la vulnérabilité des clowns et après on peut faire rire », dit-elle.

Nathalie Claude est heureuse de faire partie de cette équipe de femmes : « Le show n’a pas encore commencé et, déjà, l’aventure est extraordinaire ! »

Costumière

Mérédith Caron travaille sur la conception des costumes d’Amaluna depuis deux ans : « C’est jour et nuit, ça devient obsessif, dit-elle. On devient missionnaire. »

Le nombre de costumes d’Amaluna, Méré­dith Caron, ne peut pas le dire.

Elle ne compte plus. Il y a 52 artistes au sein du spectacle, des acrobates de toutes les tailles qui comptent sur le look et le confort de leurs costumes pour bien perfor­mer.

Le nombre d’heures non plus, elle ne peut pas dire. Les changements étant constants dans la production d’un spectacle.

« Ça a tellement changé depuis le début, dit-elle. Le spectacle a évolué, les costu­mes ont été validés, redessinés, repensés. »

Avec elle, toute une équipe de coupeurs, de petites mains, de spécialistes en design s’activent. Des acheteurs s’approvisionnent auprès de fournisseurs de tissus du monde entier. Les tissus choisis sont d’ailleurs exclusifs. On ne les trouve nulle part ailleurs sur le marché.

« Ce qu’on fait, c’est de la haute couture de scène, précise la costumière, du sur mesure, de la création taillée sur la personne elle-même. »

Ces acrobates, qui viennent de plusieurs pays du monde, de la Chine, du Japon, de l’Ukraine, pour ce spectacle hommage aux femmes, ont tous des corps très différents. En ce sens, même un collant peut être un défi pour Mérédith Caron.

« Il faut leur donner une harmonie sur scène, “reproportionner” les corps féminins, dit-elle, les rendre plus belles à leurs yeux. »

Acrobate

Andréanne Nadeau a toujours su qu’elle voulait devenir artiste de cirque, mais elle croyait son rêve inaccessible.

Très jeune, Andréanne, native de Charlemagne, était trop gênée pour postuler à l’école de cirque, elle s’est dirigée en danse.

« Je n’avais pas le guts d’y aller, avoue-t-elle. Je me disais que c’était impossible, qu’il fallait avoir des amis ou de la famille dans le cirque pour y parvenir. »

Pourtant, à 25 ans, elle a tenté sa chance et été acceptée. Aujourd’hui dans Amaluna, elle fera, avec des collègues, deux numéros, dont l’un aux sangles aériennes, une discipline qu’elle apprivoise pour la première fois, grâce à sa force musculaire, elle qui dit avoir « les bras de son père et une bonne carrure ».

Travailler dans cette communauté de femmes artistes de toutes cultures et nationalités, ça la ravit.

« On s’encourage, on s’entraide et l’émotion embarque, dit-elle. Les répétitions, ce n’est pas toujours facile et il y a beaucoup de solidarité entre femmes. Ce qui se passe ici est chouette.

« À petite échelle, c’est l’harmonie, déclare Andréanne. Si on pouvait transposer ça à grande échelle...

« On ne parle pas la même langue, mais on communique très bien. Certaines apprennent même à tricoter, d’autres à jouer du drum.

« Le seul problème, c’est qu’il y a congestion aux toilettes ! »

Metteuse en scène

Diane Paulus, est la seconde femme à signer la mise en scène d’un spectacle du Cirque du Soleil, un honneur pour elle, metteuse en scène dans son ADN.

Diane Paulus, est seulement la seconde femme à signer la mise en scène d’un spectacle du Cirque du Soleil, un honneur pour elle, mais qui ne change rien à son implication.

« Je suis metteuse en scène dans mon ADN, dit-elle. Que je sois femme ou homme ne change rien. Je crois fermement à la communion entre les artistes et l’auditoire. »

Elle qui a notamment monté The Gershwins’ Porgy and Bess à Broadway, a toujours admiré à distance le Cirque du Soleil et elle y trouve un nouveau terrain de jeu pour pousser ses limites.

« Qu’on monte un grand opéra, un show sur Broadway ou un spectacle du Cirque du Soleil, le travail est le même : diriger un groupe de gens, inspirer les gens. Pour Amaluna, je l’ai fait en touchant à l’international, avec des artistes de Russie, de Chine, du Japon. Une opportunité que je n’avais jamais eue. »

Pour Diane Paulus, l’histoire présentée dans un spectacle de cirque comme Amaluna vient du mouvement, des gestes et de l’imaginaire.

Dans cet hommage aux femmes, elle a voulu montrer la force de cette dernière.

« Pas que la force physique, dit-elle, mais son courage, son audace, ses connaissances innées, ainsi que sa sensibilité. Tous ces aspects de celle qu’on peut nommer “femme” ou “être humain”, ses forces extérieure et intérieure. »

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