/entertainment/tv
Navigation

Entrepreneur Académie

C’est comme du speed-dating, mais au lieu de chercher un conjoint on se cherche un contrat.

Coup d'oeil sur cet article

Au Québec, c’est moins gênant d’avouer qu’on a une ITS que d’affirmer qu’on a fait du fric et qu’on en est fier.

Quel est le mot le plus tabou ? Argent. La profession dont on se méfie le plus ? Gens d’affaires. La maladie la plus honteuse ? La réussite financière.

Mais quand on voit toutes les émissions de téléréalité d’entrepreneurs offertes depuis quelque temps à la télé, on se dit qu’il y a de l’espoir : enfin une image positive et excitante de l’entrepreneuriat !

Dans l’œil du dragon commence lundi à Radio-Canada. Après un premier visionnement, je suis complètement accro. C’est sûr que cette émission va donner envie à plein de Daniel Langlois et de Lise Watier en herbe de se lancer en affaires.

LA BOSSE DES AFFAIRES

Dans l’œil du dragon est la version québécoise de Dragons’ Den, concept japonais repris à travers le monde, qui a connu un grand succès à la CBC. Le principe est simple : des entrepreneurs qui n’ont que quelques minutes pour convaincre quatre hommes et une femme d’affaires établis d’investir leur propre argent dans leur entreprise. C’est comme du speed-dating, mais au lieu de chercher un conjoint on se cherche un contrat.

Les dragons ne sont pas les premiers à brasser des affaires à la télé. Il y a d’abord eu VoirGRAND.tv, qui a fait quatre saisons à Vox, et qui présente une compétition entre six entreprises. Puis il y a eu deux émissions à V : Générations Inc. (des entrepreneurs reçoivent des conseils) et La franchise (des candidats s’affrontent pour obtenir une franchise de comptoir St-Hubert).

Que nous montre ce type d’émissions ? Que gagner de l’argent n’est pas un péché. Qu’avoir de l’ambition n’est pas un défaut. Et que vouloir monter sa propre entreprise n’est pas le signe d’un capitalisme sauvage, mais plutôt un désir légitime de créer de la richesse (pour soi et pour les autres).

LES VRAIES AFFAIRES

Notre vieux fond judéo-chrétien nous a toujours dicté de nous méfier de ceux qui avaient fait fortune. Quand Jésus n’était pas occupé à chasser les marchands du Temple, il disait « heureux les pauvres, le paradis leur appartient ». Alors, on a vécu pendant des années en voyant les entrepreneurs comme des Séraphin Poudrier.

C’est donc rafraîchissant de voir aujourd’hui sur nos écrans des hommes et des femmes pour qui l’argent n’est pas un ennemi et pour qui l’ambition n’est pas un défaut !

L’année dernière, le grand gagnant de l’émission voirgrand.tv était Nicolas Duvernois, de Pur Vodka, la première vodka 100 % québécoise. Quand il a gagné il a déclaré : « J’aimerais remercier tous ceux qui n’ont pas cru en ma compagnie, parce que ce soir, c’est vraiment doux comme revanche ! Les banques et tous ceux qui n’ont pas cru en moi : regardez-moi ! »

Ça m’a fait sourire quand j’ai entendu ça. Ça m’a rappelé que tous les plus grands, que ce soit Steve Jobs ou Joseph-Armand Bombardier, se sont fait dire au départ que leurs idées étaient trop folles.

On se plaint souvent que les téléréalités véhiculent des valeurs peu reluisantes. Alors que ces émissions valorisent trois valeurs positives dont on n’entend pas assez souvent parler : le travail, l’effort et le sens des sacrifices.

Commentaires