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Grève

Des vandales saccagent l'Université de Montréal

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Vitres fracassées, peinture déversée sur les sièges et le plancher de l'amphithéâtre, balles de peinture lancées ici et là, équipement informatique vandalisé, constables spéciaux intimidés et molestés : le mouvement de protestation étudiant a pris une tournure violente, jeudi après-midi, à Montréal.

Aux environs de 15 h, de 700 à 800 étudiants en grève ont fait irruption à l'intérieur du pavillon Roger-Gaudry de l'Université de Montréal, un édifice patrimonial que la direction de l'établissement considère comme «l'un des plus beaux exemples d'architecture Art Déco en Amérique du Nord.»

Selon des témoins, plusieurs d'entre eux ont cassé et vandalisé tout ce qui leur tombait sous la main, pendant que d'autres tentaient de défoncer la porte donnant accès au bureau du recteur.
Ils étaient à peine une dizaine de constables spéciaux pour rétablir l'ordre dans tout ce brouhaha.

C'était peine perdue.

Bousculés

Cinq d'entre eux ont d'ailleurs été bousculés et rudoyés par les manifestants qui tentaient d'entrer de force dans le bureau du recteur, à l'intérieur duquel une réunion était en cours.

Les cinq agents qui essayaient de sécuriser l'imposante porte de bois ont littéralement été pris en sandwich entre celle-ci et les dizaines de manifestants «extrêmement hostiles et agressifs.»

Un constable spécial a été coupé à l'avant-bras lors de la bousculade, possiblement par le bouclier de fortune qu'avait en main l'un des manifestants.

Alors que la situation était devenue hors de contrôle, la poignée de constables spéciaux, qui ne disposent d'aucune arme pour se défendre, ont reçu l'ordre de battre en retraite de la part de leur supérieur.

Selon des témoignages recueillis sur place, certains d'entre eux ont vraiment craint pour leur sécurité face à la foule déchaînée.

N'ayant pas réussi à enfoncer la porte massive donnant accès au bureau du recteur et appréhendant l'intervention imminente de l'escouade policière anti-émeute, tous les manifestants ont quitté les lieux promptement.

En soirée, aucune arrestation n'avait été effectuée.

À l'intérieur des murs du pavillon Roger-Gaudry, un enquêteur de la police de Montréal et un policier muni d'un appareil photo faisaient le tour des lieux, s'arrêtant à chaque endroit où un méfait avait été commis.

Peinture

L'acte de vandalisme le plus indécent a eu lieu dans l'amphithéâtre du pavillon : des dizaines de sièges et le plancher de la salle ont été abîmés après qu'un manifestant eut déversé rien de moins qu'une chaudière contenant 20 litres de peinture blanche.

Selon la direction de l'Université de Montréal, les méfaits commis au pavillon Roger-Gaudry s'ajoutent au vandalisme ayant eu lieu durant le même après-midi, au pavillon Jean-Brillant. À cet endroit, 32 salles de cours ont été endommagées par les manifestants. «On parle essentiellement de câbles internet sectionnés dans ce pavillon récemment rénové», a indiqué Flavie Côté, porte-parole de l'Université de Montréal.

En début de soirée, la direction de l'Université de Montréal a réagi aux événements disgracieux survenus sur son campus, par voie de communiqué. «L'Université de Montréal dénonce vivement les actes de vandalisme commis sur son campus lors de manifestations tenues cet après-midi, quels qu'en soient les auteurs.»

Il a été impossible d'avoir un bilan final des dommages causés à l'intérieur des deux pavillons investis par les manifestants. Chose certaine, les dégâts qui y ont été causés s'élèvent à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Autre manifestation

En soirée jeudi, quelques centaines de manifestants ont marché de la place Émilie-Gamelin jusqu’à l’intersection des rues de La Gauchetière et University.

Vers 21 h 30, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a dû donner un avis de dispersion, après qu’un véhicule policier eut été vandalisé. Des agents se seraient également fait lancer des roches, a indiqué le SPVM sur son compte Twitter.

 

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