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Culture et médias

L’aubaine du siècle

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Hé les amis, vous aimez la musique ? Vous adorez découvrir des artistes émergents, écouter 12 fois de suite les derniers succès sur votre ordi ou votre mobile ? Mais vous êtes un peu serrés financièrement ? J’ai une aubaine monumentale à vous présenter.

Si vous voulez de la musique en ligne, allez sur le site music.cbc.ca et vous allez pouvoir écouter le meilleur de la musique de l’heure, sur ordi, mobile ou iPad. Des dizaines et des dizaines de chansons. Ça ne vous coûtera pas 5 $, pas 1 $. C’est gratuit !!!!

C’est pas beau ça ? Alors que vous devez payer jusqu’à 14,99 $ par mois pour des services semblables de musique en ligne chez les privés, la société d’État vous offre de la belle musique de chez nous SANS PAYER UN SOU grâce à son tout nouveau site internet CBC Music, en ligne depuis février !

Pouvez-vous m’expliquer en quoi la CBC a le droit de diffuser gratuitement sur le Web un produit qui est payant chez le compétiteur ? En quoi est-ce dans le mandat de la société d’État de jouer dans les plates-bandes du privé ?

UNE MINE D’OR

Quand j’ai lu dans les journaux que des compagnies comme Quebecor, Stingray Digital et Cogeco (qui offrent de la musique en ligne ou des émissions de radio sur le Web) s’opposaient au projet de CBC Music, j’ai décidé d’aller vérifier ce qui s’y cachait. C’est une mine d’or !

J’ai pu, sans payer un sou, écouter les plus grands succès de Cœur de Pirate (autant de fois que je le voulais), une trentaine de chansons d’Arcade Fire et le meilleur de Patrick Watson. Pendant ce temps-là, si j’avais voulu obtenir la même chose sur zik.ca j’aurais dû débourser 9,99 $ pour un mois de lecture en continu illi­mitée sur le Web (ou 14,99 $ si je voulais en plus écouter les chansons sur mon mobile).

Si votre épicier du coin vend son sac de carottes 5 $, que diriez-vous de l’épicerie d’en face qui les donne gratuitement ? Dans le dictionnaire, ça s’appelle de la concurrence déloyale, non ?

Mais si j’accuse la CBC de concurrence déloyale, je vais me faire traiter de tous les noms.

CŒUR DE PIRATE

« Depuis le lancement de CBCMusic.ca, les réactions des amateurs de musique canadienne ont été massivement positives », a affirmé Chuck Thompson, porte-parole de la société d'État, au journal La Presse. Positive ? Mets-en ! On vous propose sur un plateau d’argent un produit gratuit, qui va refuser l’offre ? Un fou dans une poche !

Je suis allée vérifier la popularité d’une artiste comme Cœur de pirate sur le site CBC Music. En date d’hier après-midi, 120 636 personnes avaient écouté gratuitement des chansons complètes de la blonde tatouée. Et le service est seulement en ligne depuis le 12 février... Multipliez ça par 12, ça représente combien de pertes de revenus annuels pour les compagnies privées, d’après vous ?

On reproche souvent à Radio-Canada de jouer dans les plates-bandes du privé en mettant en ondes des quiz, des séries américaines traduites ou des émissions (comme Les Boys) qui ne sont pas du tout dans son mandat.

Mais quand la société d’État vous offre de la musique gratuite, ça ne s’appelle même plus « jouer dans les plates-bandes ». C’est carrément aller déterrer les carottes sur le terrain du voisin !

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