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Montréal

La « petite Inde » à la mode

Avec l’embourgeoisement du quartier Parc-Extension, les restos indiens de la rue Jean-Talon font peau neuve

La « petite Inde » à la mode
Photo le journal de Montréal, émilie dubreuil Ça fait deux mois que Pervi Zaknter a ouvert le Punjab Sweets où il vend des friandises pakistanaises. Bien qu’il soit en concurrence à trois autres échoppes du même type, le Pakistanais veut profiter de la popularité grandissante du quartier.

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Le jeudi et le vendredi soir, c’est la folie furieuse coin Jean-Talon et l’Acadie. Là, l’odeur de la cardamome, de la coriandre et du marsala attire une foule jeune et branchée. Si bien que, depuis quelques mois, ce coin, naguère délabré, se refait une beauté.

Il y a six mois, la Maison Indian Curry ne payait pas de mine. Pourtant, l’endroit était toujours plein. Son propriétaire a donc fait le pari d’agrandir et de rénover sa petite gargote au décor minimaliste.

À voir la foule bigarrée attendre dehors dans le froid, un jeudi ou un vendredi soir, pour manger un cari d’agneau ou un poulet au beurre, on dirait bien que Chopra Rajesh ne s’est pas trompé en faisant passer son restaurant de 24 à 80 places.

Ses deux voisins d’en face, le Bombay Palace et le Chand Palace Indian, ont aussi agrandi et rénové leurs bouis-bouis pour accommoder une clientèle qui s’accroît sans cesse depuis deux ans.

Comme le succès attire le succès, sept nouveaux restaurants indiens ont ouvert leurs portes dans les dernières années entre l’avenue du Parc et le boulevard de l’Acadie, ce qui porte leur nombre à 11 en quelques coins de rue.

Dans le vent

« Notre clientèle est surtout formée d’étudiants de McGill et de Concordia et de jeunes professionnels. Notre nourriture n’est pas chère et elle est de qualité », explique avec fierté le propriétaire de la Maison Indian Curry.

S’il est indéniable que le rapport qualité-prix des restaurants indiens de la rue Jean-Talon est difficile à battre – comptez 7 $ pour le lunch et 15 $ pour le souper – un autre facteur entre en ligne de compte.

La hausse des loyers dans le ghetto McGill et dans le Mile-End a fait en sorte que de plus en plus de jeunes professionnels et d’étudiants ont migré vers le Mile-Ex (quartier coincé entre la Petite Italie et le Mile-End) et Parc-Extension.

Le quartier le plus multiethnique du Québec est aussi populaire auprès des pures laines bon chic bon genre. Dans les dernières années, on y a construit des condos de style loft et on y trouve encore des duplex à prix raisonnables.

Cela a favorisé la fortune des petits restaurants indiens et pakistanais du coin, qui sont devenus plus populaires et aussi plus chics.

Arnand Swaminadhan vient de la province indienne du Madras. Tombé amoureux d’une Québécoise, il s’est établi, il y a 40 ans à Joliette. Il fait le trajet régulièrement pour venir manger au Bombay dont il est un vieil habitué. « Cette popularité est une très bonne chose, les propriétaires sont contents et s’efforcent plus de donner un service en français », dit-il en souriant.

 

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