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« La crisse de vache ! »

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Une semaine de perdue à débattre de l’importance de condamner ou non la violence dans le conflit qui oppose les étudiants au gouvernement. Une semaine à revoir en boucle à la télé les pertes de contrôle des uns et des autres. Il ne s’agit plus de dire qui à raison ou qui a tort. Il faut que tout cela cesse. Tout de suite. Car c’est un très mauvais exemple pour nos enfants.

Il est de bon ton de condamner la violence ces jours-ci. Et pourtant. Alors que les bien-pensants clament d’un côté comme de l’autre le droit de s’exprimer, à l’école, une violence sournoise fait taire des enfants de huit ans.

Dans tout le brouhaha chaotique des derniers jours, qui se préoccupe de Jérémy ? Vous ne le connaissez pas ? Pas étonnant. Jérémy est un garçon tranquille, bon élève, fan de patin. Jérémy ne joue pas au hockey, ce vrai sport de « ti-gars viril » pour lequel certains parents pètent leur coche dans les arénas. Jérémy, lui, aime le patin artistique et c’est suffisant pour en faire un « rejet » aux yeux de ses camarades. On le traite de tous les noms, surtout de « fille » et de « fif », deux catégories de personnes honteuses s’il faut en croire ces enfants qui lui lancent des roches et qui le font tomber. L’automne dernier, Jérémy s’est fait tabasser par des enfants de son âge. Ils lui ont sauté dessus à pieds joints et l’ont blessé à tel point que Jéré­my n’a pas pu patiner pendant des semaines.

Des parents intimidateurs

C’est un autre cas d’intimidation comme on en voit trop au Québec. Un autre cas où des parents imbéciles ont sans doute servi de mauvais exemple à leur enfant.

La graine d’intimidateur ne pousse pas seule. Il faut qu’un parent délin­quant l’arrose de commentaires encourageants l’intimidation. Cette graine de futur casseur pousse à l’ombre de nos écoles incompétentes à gérer ce genre de situation. Ce n’est pas en écrivant des lettres d’excuses à Jérémy qu’on va y arriver. Ce n’est pas en remet­tant victime et agresseur dans la même classe qu’on va mettre un frein à ce fléau. Ça ne prend pas un bac en pédagogie pour savoir ça !

Même la mère de Jérémy s’est fait insulter. Josée Desrochers s’est fait traiter de « crisse de vache » qui « fait faire un sport de fif à son gars » par un autre parent. Bel exemple d’éducation ! C’est sans doute ce même parent ignoble qui dit à son fils que sa prof est « une ostie d’épaisse » quand il a de mauvaises notes et qui lui donnera plus tard une caisse de 24 et les clés de « son char ».

La « switch est à bitch »

Ce qui me désole, c’est cette mode d’insultes, de dénigrement, de « bitchage ». On envoie chier tout le monde parce qu’on n’est plus capable de se tolérer. Nos écoles en sont le triste théâtre. Comment dire que les mots « tapette » ou « bitch » n’ont jamais eu leur place ? On met 2 $ dans un pot chaque fois qu’on insulte son prochain ? On lave sa langue avec du savon quand on dit une vacherie dans le dos d’un autre ? On faisait ça, à l’époque. Ça se fait encore dans certaines familles. Des familles de « moumounes » ? Plutôt des familles qui se respectent !

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