/news/currentevents
Navigation
Amputation

Elle poursuit son ostéopathe

Amputation
© Maxime Deland / Agence QMI Danièle Rousseau est passée près de la mort.

Coup d'oeil sur cet article

Une femme de 55 ans a intenté une poursuite de plus de 800 000 $ contre son ostéopathe pour avoir mal évalué sa condition de santé, ce qui a entraîné l'amputation de son bras gauche.

Danièle Rousseau est passée près de la mort. Depuis trois ans, elle consultait un ostéopathe pour des tensions dans le cou.

Après une série de trois nouveaux traitements, au début du mois d'août 2010, elle ressent de vives douleurs au bras gauche. « Je pensais que j'avais un nerf coincé. »  Mme Rousseau a de la difficulté à bouger sa main.

Elle décide de retourner chez son ostéopathe à Saint-Bruno-de-Montarville, mais il lui a dit que le problème était psychologique plutôt que physique. Il lui conseille de retourner à la maison et de se reposer.

Son époux qui l'attend à l'extérieur n'en revient pas. Il demande à voir l'ostéopathe. L’ostéopathe lui déconseille d’aller à l’hôpital.

Mais, pendant la nuit, la situation se détériore. « Quand je me suis réveillée, ma main était rendue noire », a-t-elle dit.

Après s'être rendue aux urgences de l'hôpital Pierre-Boucher, elle est transférée à Charles-Lemoyne où elle subit quatre chirurgies et est amputée.
« S'il m'avait dit d'aller voir le médecin, j'aurais encore mon bras », a affirmé Danièle.

Aujourd’hui, elle doit réapprendre à vivre avec un seul bras. De plus, Danièle Rousseau ne croit pas qu’elle consultera de nouveau un professionnel en médecine douce.

Vers un ordre professionnel

Elle a donc intenté une poursuite de 844 000 $ contre l'ostéopathe, Pierre Coallier, qui se présente comme le fondateur de la Société des ostéopathes du Québec.

Ce regroupement n’est pas relié à l'Association des ostéopathes qui compte 900 membres. En fait, cette association réclame depuis plus de deux ans un ordre professionnel pour mieux encadrer la profession, ce qui pourrait se réaliser avant la fin de l'année.

« Je souhaite ardemment qu’il y ait un ordre professionnel de créer parce que notre premier souci est la sécurité du public », a souligné Jean-Luc Gehant, président de l’Association des ostéopathes du Québec.

C'est aussi ce que souhaite le Collège des médecins. « Ça permet au public d’avoir des recours pour faire des enquêtes sur des membres et de vérifier que les membres sont bien inscrits pour pouvoir exercer », a dit Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins.

Pour l’avocat de la famille, Jean-Pierre Ménard, Mme Rousseau aurait dû être dirigée vers l’hôpital. « L’ostéopathe n’a pas la connaissance ni la formation pour gérer des complications de cette ampleur-là », a-t-il affirmé.

« On a la formation qui permet de dire que ça (un cas) n’est pas pour nous, souligné M. Gehant. On va ainsi le référer chez le radiologue, chez le pneumologue... »

Pierre Coallier, qui a 30 ans d'expérience, ne nous a pas rappelés.


 

Commentaires