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Robert Lepage

L’homme de l’heure au MIT

Le célèbre metteur en scène recevra ce soir le prestigieux prix Eugene McDermott in the Arts

L’homme de l’heure au MIT
Photo Agence QMI, L.barry Hetherington Créateur passionné, Robert Lepage a pu échanger avec des étudiants qui étaient visiblement fort impressionnés d’avoir l’opportunité de rencontrer un artiste de sa trempe.

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Robert Lepage est à l’honneur cette semaine au Massachusetts Institute of Technology (MIT), prestigieuse université américaine. En plus de conférences sur son œuvre et de rencontres avec les étudiants, il recevra ce soir un des plus illustres prix en culture aux États-Unis.

Robert Lepage est le premier Québécois à se voir décerner le prix Eugene McDermott in the Arts. La récompense est dotée d’une bourse de 80 000 $ US, une des plus généreuses au pays de l’Oncle Sam.

Le Eugene McDermott in the Arts est remis depuis 1974 à un artiste qui intègre avec brio la technologie dans son travail.

Un succès sans frontière

« Il correspond tout à fait à cette description », a souligné Leila Kinney, directrice du département des arts au MIT, que je rencontre dans son bureau situé dans un des nombreux édifices futuristes de ce campus techno-verdoyant.

« C’est un artiste multidisciplinaire, dont le succès ne connaît pas de frontières, il mélange les genres et prend des risques», a-t-elle dit, avant d’énumérer les spectacles KA, Lipsynch, le Moulin à images de Québec et le Ring de Wagner, bien sûr.

Le metteur en scène a été sélectionné parmi un groupe d’une trentaine d’artistes internationaux. Ce sont les membres du conseil des arts de l’Université qui décident.

« Le prix n’est pas remis chaque année parce qu’il vient avec la condition de faire une résidence sur le campus », a expliqué Mme Kinney. En 2010, le prix a été remis au chef d’orchestre Gustavo Dudamel. Le premier Canadien sélectionné fut le photographe Jeff Wall, en 1995.

L’homme de l’heure sur le campus

Sur le campus du MIT, qui rappelle de nombreux films américains, on retrouve plusieurs dépliants avec la photo de Lepage. J’ai rencontré quelques étudiants qui ont suivi un cours sur sa méthode de création.

« J’étais un peu intimidée au début à cause de son statut, mais il est vraiment accessible», a dit Dev Kengmana, 22 ans, qui étudie en art théâtral et en sciences informatiques. La structure scénique du spectacle KA, du Cirque du Soleil, a d’ailleurs fait partie d’un de ses cours.

Lepage s’est servi d’un jeu de cartes à jouer pour montrer aux étudiants comment il se basait sur un objet comme point de départ plutôt qu’un script linéaire dans son processus de création. Cet atelier a initié un cours d’un semestre.

« J’ai été surpris de voir qu’il travaillait sans structure et de façon tout à fait organique », a ajouté Noah Arbesfeld, 20 ans, un étudiant en mathématiques.

Lepage se trouve à Cambridge depuis mardi pour participer à une panoplie d’ateliers et de rencontres avec des chercheurs comme le Global Shakespeare Group, qui ont bâti une immense base de données de toutes les productions de Shakespeare.

Il a aussi rencontré les professeurs du célèbre Media Lab comme Tod Machover, dont l’opéra robotique, Death and the Powers, était en nomination aux derniers prix Pulitzer dans la catégorie musique.

Lepage prendra part jeudi soir à une conférence sur son oeuvre la plus ambitieuse à ce jour, le Ring de Wagner. Le directeur du Metropolitan Opera de New York, Peter Gelb, sera présent.

Un «mononcle»

Lepage est reconnu pour ses productions hautement technologiques, mais ironie du sort, il est lui-même très peu à l’aise avec la technologie. « Je ne comprends pas comment ça marche, c’est une “joke”. Je peux à peine prendre mes courriels. Je suis comme un vieux “mononcle” perdu », m’a-t-il confié dans une entrevue récemment. En voilà un qui maîtrise l’art de bien s’entourer.

Le MIT est une des meilleures universités au monde en matière de sciences et de technologies. Elle date de 1861. Elle est située à Cambridge, à quelques minutes de Boston.

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