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Chinatown

Sans limite

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Les gars de Chinatown savent que leur nouvel album fait presque figure d’ovni dans le paysage musical actuel. Composé de 14 titres (totalisant 51 minutes), Comment j’ai explosé ne s’inscrit pas dans la mouvance des opus de courte durée dominés par une ou deux chansons accrocheuses. « On vit dans une ère d’impatience exagérée, observe le guitariste et chanteur Félix Dyotte, attablé avec ses copains dans un café de la rue Laurier. Les films de deux heures et demie, les gens ont de la difficulté avec ça aujourd’hui. Maintenant, il faut que tout se passe en 40 minutes. »

« En 2012, les gens essaient de percer le Web avec une vidéo catchy, poursuit le guitariste et claviériste du groupe, Julien Fargo. Récemment, des amis dans la vingtaine m’ont dit : ‘’Votre album, je ne serai jamais capable de passer au travers. J’ai du mal à écouter huit chansons d’un même artiste !’’ J’ai trouvé ça triste. »

Les membres de Chinatown ont joui d’une grande liberté durant la création de leur deuxième CD. Et ça paraît. Comment j’ai explosé ne contient peut-être pas de tube en puissance qui tournera en boucle dans les radios commerciales, mais il présente un univers riche, ambitieux et dense qui oscille entre la chanson française des années 1960 et le brit-pop d’hier à aujourd’hui. Le groupe cite d’ailleurs Gorillaz, Blur et The Clash parmi ses influences.

« Au début de chaque chanson, on se posait la même question : “Qu’est-ce qu’on veut entendre quand on pèse sur play ?”, raconte le chanteur Pierre-Alain Faucon. C’est une des raisons pour lesquelles on tenait à réaliser le disque nous-mêmes. »

Aux commandes

Après avoir confié la réalisation de leur premier effort, Cité d’or (2009), à Gus Van Go, les membres de Chinatown se sentaient prêts à prendre eux-mêmes les commandes de leur deuxième offrande.

« On a poussé l’exercice jusqu’au bout, dit le bassiste Toby Andris Cayouette. On ne s’est imposé aucune limite. On a passé deux mois en studio à tout essayer. On ne voulait pas que quelqu’un nous dise : “Non, vous ne pouvez pas faire ça.” Ça nous aurait fait chier plus que d’autre chose. »

Bien qu’ils ne regrettent aucunement leur décision, Félix, Pierre-Alain, Toby et Julien admettent qu’un réalisateur leur aurait été d’une aide précieuse à quelques reprises durant l’enregistrement du disque.

« C’était un peu plus dur sur le plan émotionnel parce qu’il n’y avait pas de libre arbitre, note Fargo. Il a fallu qu’on apprenne à se dire : “Ta gueule, j’ai une idée !” Avec le plus de tact possible, bien entendu. »

« Quand les parents s’en vont pis que les enfants sont obligés de se faire à souper, ça peut être dangereux... », illustre Félix.

Nouvelle recrue

Chinatown s’est brièvement transformé en quatuor l’automne dernier lorsque Gabriel Rousseau a quitté les rangs du groupe pour se consacrer à des projets personnels. La formation s’est aussitôt mise à la recherche d’un nouveau batteur.

« Il avait moins de temps pour la musique, explique Julien Fargo. Il avait des objectifs différents. »

« On est à l’âge où ca passe ou ça casse, poursuit le jeune trentenaire. C’est typique : je vois plein de gens qui abandonnent la musique. Être dans un band, ça demande une énergie folle. »

« C’est le contraire d’une job tranquille bien payée », ajoute Félix.

Pour combler le vide laissé par le départ de Rousseau, les gars de Chinatown ont arrêté leur choix sur Maxime Hébert (Final Flash), lequel brillait par son absence lors de l’entrevue.

« On voulait un musicien prêt à s’investir, dit Fargo. Et dès le début, il s’est vachement impliqué. »

La formation reconnaît avoir traversé une période d’adaptation après l’arrivée de sa nouvelle recrue. « C’était comme avoir une nouvelle blonde dans la maison ! », résume Fargo en riant.


• Comment j’ai explosé, en magasin mardi

Spectacles de lancement : le 2 mai au National (Montréal) et le 4 mai au Cercle (Québec)

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