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Grève étudiante

Des commerçants en ont assez des manifs

Au centre-ville, on veut que la crise se règle

Des commerçants en ont assez des manifs
Photo le journal de montréal, émilie dubreuil Le restaurant de Carlos Ferreira s’est vidé mercredi soir lors de la manifestation étudiante.

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Réservations annulées, des clients qui quittent les lieux précipitamment, des vitrines cassées... les gens d’affaires du centre-ville sont exaspérés par les manifestations.

Carlos Feirrera possède l’un des plus prestigieux restaurants du centre-ville. Pour avoir le plaisir d’y manger, il faut réserver parce que l’endroit est toujours bondé.

Il l’est toujours, sauf toutes les fois où la colère estudiantine passe à proximité : « Mercredi soir, mes clients sont partis précipitamment. Ils ont peur d’être pris là-dedans, qu’on casse les vitres de leur voiture, etc. »

Ce n’est pas la première fois que le café Ferreira est déserté depuis le début de la crise et, chaque fois, le restaurateur doit essuyer des pertes en nourriture et ses employés, des pertes de revenus.

« Je veux bien qu’ils manifestent, mais je n’ai pas à en subir les contrecoups. Il est urgent de trouver une solution. »

Bon pour le 450

François Meunier est président de l’association des restaurateurs du Québec qui compte 4 500 membres, dont 1 200 au centre-ville de Montréal. « Ce qu’on peut vous dire, c’est qu’il faut que ça se règle et vite. Le gars qui reste dans le 450 et qui veut inviter sa femme au restaurant un jeudi soir, pensez-vous qu’il va prendre le risque d’aller en ville ? Ben non, il va rester à Longueuil ».

Même son de cloche, chez Destination Centre-ville qui regroupe 8 000 membres.

« On pense aux étudiants, mais eux aussi, il faut qu’ils pensent à nous. On parle de leurs droits, qu’en est-il des nôtres ? » dit le directeur de l’organisme, André Poulin, exaspéré par cette crise qui n’en finit plus.

« Mercredi, ce sont des institutions bancaires qui ont été vandalisées, mais de façon générale, tous nos membres sont touchés. Le gouvernement doit agir pour nous protéger. » André Poulin parle des prestations d’assurances qui vont augmenter dans le secteur, mais, sa grande crainte, c’est l’impact de la crise sur l’image de Montréal à l’étranger, et donc, sur le tourisme.

Rien de grave

Pierre Bellerose de Tourisme Montréal ne s’en fait pas trop. « Deux semaines après la crise d’Oka, en 1990, les touristes étaient revenus. Les émeutes à Paris, en 2005, n’ont pas eu d’impact sur le tourisme. En ce moment, personne ne se plaint dans le réseau hôtelier d’annulations. À l’heure des réseaux d’information continue, dès que ce sera fini, on passera à une autre nouvelle. Je ne crains pas de conséquences à longue échéance. »

Selon Monsieur Bellerose, la majorité des touristes qui visitent Montréal viennent de grandes villes et sont donc moins susceptibles de craindre les débordements.

« Quand la clientèle vient de Détroit ou de Londres, elle en a vu d’autres. C’est la clientèle locale qui est plus sensible. »

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