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« Insalubre à l’extrême »

Forcé de vivre dans la moisissure à cause d’un propriétaire qui refuse de rénover

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La moisissure qui ronge son appartement force un locataire de Montréal-Nord à vivre sans sa fille unique, le temps que son propriétaire exécute les travaux requis.

Sauf que ces travaux piétinent, s’étirent de reports en retards causés par le propriétaire, Bartoloméo Calise, et sa volonté de réparer – et de payer – le strict minimum.

Rencontré par le Journal, Raphaël Bourotte fait visiter son logis situé boulevard Lacordaire.

Il pousse la porte de la salle de bains. La pièce est ravagée par des rénovations interrompues. Un dégât d’eau, résultat d’un bris de tuyaux, l’a inondé à la fin mars. L’odeur de moisissure pique les narines.

« C’est là-dedans que vit ma fille », lance Raphaël Bourotte, en précisant qu’elle est hébergée depuis deux semaines chez sa nièce. Son père craint pour sa santé.

Dans la cuisine, le mur mitoyen à la salle de bains suinte l’humidité. Au sous-sol, sous son plancher, les poutres sont noircies par la moisissure.

Les égouts ont refoulé en octobre 2011. Les eaux usées jaillissaient de l’évier de la cuisine comme « une fontaine », image sa mère, avec qui il réside.

Selon Alain Veilleux, mandaté pour effec­tuer les travaux, le logement est « insalubre à l’extrême ». Il pose le même constat pour l’unité voisine et supérieure.

Travaux majeurs

Le rapport de l’inspecteur de la Ville de Montréal, Christian Prescott, est clair : des travaux majeurs s’imposent. À la suite de sa visite du 21 mars, il consigne avoir laissé un message à M. Calise, lui « disant qu’il avait des rénovations majeures à prévoir pour son immeuble ».

« Beaucoup de tuyaux sont à réparer, observe-t-il. L’eau coule de la tuyauterie de l’appartement du dessus et les conduits principaux au sous-sol sont aussi problématiques. »

Environ une semaine plus tard, marquée par l’éclatement d’un tuyau, M. Prescott a rapporté son échange avec le plombier chargé d’une partie des travaux. Ce dernier l’informe qu’il « répare à la pièce ce qui est brisé ».

Il ajoute avoir discuté avec le propriétaire de la nécessité de procéder à des travaux d’entretien importants, mais que M. Calise lui a répondu ne pas avoir d’argent pour les effectuer.

Le plombier affirme qu’il devra prendre une hypothèque légale avec lui avant de se mettre à l’ouvrage, « puisqu’il a eu de la difficulté à se faire payer pour les réparations mineures ».

« Je ne sais plus quoi faire », lâche M. Bourotte, locataire des lieux depuis huit ans. « Même si j’appelle la police ou la Ville, rien ne se fait. »

Collaboration laborieuse

Dans un échange laborieux avec le Journal, la femme du propriétaire a assuré que les travaux suivaient leur cours et respectaient l’échéancier fixé par la Ville.

Pourtant, le 18 avril, M. Calise a informé les plombiers chargés des réparations qu’il n’irait pas plus loin, que l’essentiel avait été réparé.

Il se serait ravisé, donnant son accord « verbal » à la poursuite des travaux. Les murs de la salle de bains ont donc été mis à nu et les débris stockés dans la cour.

Mais depuis vendredi, rien ne bouge.

« Il ne veut pas dépenser, dit Alain Veilleux. Il me dit de ne pas enlever trop de gyproc, mais quand c’est plus bon, c’est plus bon ! C’est pourri sous la céramique et dans les murs. Il me retarde chaque fois. »

Raphaël Bourotte se fera entendre par la Régie du logement le 4 mai.

 

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