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L’hypocrite carré rouge de Pauline

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La chef péquiste a tenté hier, lors de son passage à l’émission Larocque-Lapierre, de préciser sa pensée au sujet des droits de scolarité. Madame Marois serait maintenant, si on lit entre les lignes, favorable à une hausse au niveau de l’inflation.

Il faut rappeler qu’elle était, en 1995, pour le gel des frais de scolarité. Elle proposait cependant le dégel en 1998, avant de favoriser à nouveau le gel en 2005, puis le dégel en 2007. Depuis quelques semaines, elle s’objecte néanmoins à la hausse proposée par les libéraux, mais elle promet, une fois élue, de convoquer un sommet avant de décider le niveau d’une nouvelle hausse.

En fait, pour connaître la dernière position de Mme Marois sur le sujet, un ami me suggère mi-sérieux d’aller consulter le calendrier des marées sur le site de Pêches et Océans Canada.

LA SOIF DU POUVOIR

Si Pauline Marois vacille sur ses véritables intentions en matière d’éducation, elle sait cependant ce qu’elle souhaite pour elle-même : devenir première ministre.

Voyant le mécontentement étudiant, impatiente d’accéder à la plus haute fonction, elle réclame maintenant, à grands cris, le déclenchement d’élections.

À vouloir plaire à tous, à arborer le carré rouge, à moduler ses politiques en fonction de son auditoire, à descendre manifester dans la rue, à s’associer à la CLASSE, Madame Marois joue avec le feu.

« Quand ça fait trop longtemps qu’on est au pouvoir, on n’entend plus ce que la population dit », lançait-elle hier.

Encore faudrait-il que l’alternative représente un tant soit peu un renouveau, pas une politicienne de carrière à la langue de bois depuis quatre décennies.

Le premier ministre peut trouver l’idée d’aller en élections dans le contexte actuel « grotesque » et accuser judicieusement Marois d’opportunisme, il devra bientôt se rallier à sa proposition et partir en campagne.

ON VEUT DES ÉLECTIONS!

La situation devient intenable. En démocratie, c’est le peuple qui décide. Ce ne sont pas deux ou trois leaders étudiants-syndicalistes intoxiqués aux idéaux communistes qui gouvernent le Québec, encore moins des casseurs masqués.

L’actuelle crise n’a d’autre issue. Céder à la violence estudiantine enverrait le pire des messages que nos dirigeants se laissent terroriser par des voyous. Nommer un négociateur démontrerait une faiblesse de leadership.

Pour ceux qui n’en peuvent plus des manifs quotidiennes nocturnes, espérons le meilleur scénario : on se tape encore quelques manifs ou émeutes avant que Jean Charest nous convoque aux urnes le 11 juin.

On ne votera malheureusement pas sur le désastreux bilan libéral, mais bien plutôt sur le dénouement de cette crise. Ceux qui souhaitent la gratuité scolaire votent Québec solidaire. Ceux qui appuient la hausse actuellement proposée ont le choix entre les libéraux de Charest ou les caquistes de François Legault. Enfin, ceux qui veulent signer un chèque en blanc à une politicienne usée, il reste la dame décorée de son équivoque carré rouge.

C’est tellement frustrant de voir un gouvernement aussi incompétent et potentiellement corrompu n’avoir pratiquement pas d’opposition. La prochaine campagne électorale s’annonce comme une partie de Scrabble où Jean Charest jouera contre des illettrés...

 

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