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Fatigue et textos

La mort d’un Drummondvillois incarne un fléau qui sera ciblé par la SAAQ

Fatigue et textos
Photo d’archives, le journal de montréal La mort de Benoit Lefebvre, en mai 2011, porte en elle les deux éléments qui seront au cœur des futures campagnes de sensibilisation de la SAAQ, la fatigue et les textos au volant. Le conducteur de 26 ans a subi un accident après une courte nuit.

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La fatigue et les textos au volant chez les jeunes professionnels préoccupent la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Ce phénomène porte déjà un nom, un visage, une histoire : Benoit Lefebvre, 26 ans, décédé dans un accident à Drummondville, en mai 2011.

C’est du moins ce qui se dégage du rapport du coroner Yvon Garneau. À son avis, « deux facteurs sont en cause dans cet accident » survenu, le 24 mai, à Saint-Cyrille-de-Wendover : « la fatigue au volant et l’utilisation d’un téléphone cellulaire ».

Le jour du drame, le jeune homme a quitté tôt son domicile pour aller travailler comme facteur pour Postes Canada. Il devait ensuite se rendre à Pierreville, où l’attendait son deuxième emploi, au CLSC de l’endroit.

Vers 17 heures, Benoit Lefebvre circulait donc sur la route 255 par un beau temps ensoleillé, dans une zone de vitesse limitée à 90 km/h.

Un poids lourd (10 roues) arrivait en sens inverse. Le conducteur « a dit aux enquêteurs que la victime a quitté sa voie, lentement, à une vitesse constante et a traversé la zone pointillée au centre de la route. »

Même si l’homme a durement appliqué les freins, la collision n’a pu être évitée. Benoit Lefebvre est mort sur le coup.

Le véhicule de Benoit n’a laissé aucune trace de freinage sur la chaussée. L’inspection mécanique n’a révélé aucune défectuosité de part et d’autre. Un téléphone cellulaire en fonction a toutefois été retrouvé sur les lieux de l’accident.

« La façon dont la collision s’est produite ressemble en tout point à la manière que se produit une collision lorsqu’un conducteur est en train d’utiliser un téléphone cellulaire », note le coroner Garneau.

« Comme dans ce cas-ci, il y a déviation lente de la route, mais constante, sans freinage, poursuit-il. Donc, la fatigue et l’utilisation d’un téléphone cellulaire au volant sont autant d’éléments qui affectent la concentration, la vigilance et la performance d’un conducteur durant la conduite automobile. »

Textos au volant

Même si Me Garneau n’a pu « conclure hors de tout doute » à l’utilisation du cellulaire quelques secondes avant l’impact, des proches de la victime lui ont tous confirmé que Benoit avait cette dangereuse manie.

Couplés aux indices relevés sur la scène de l’accident, ces témoignages « permettent de croire que la victime avait probablement en main son téléphone cellulaire en train de lire le dernier message entré ou encore, était peut-être en train d’en rédiger un », avance le coroner. De plus, l’enquête démontre que le jeune Drummondvillois occupait deux emplois et qu’il était un couche-tard.

La veille de l’accident, il avait texté jusqu’à 2 h 03. Une courte nuit, puisqu’il devait se lever dès potron-minet, aux environs de 6 h 20, pour aller distribuer le courrier.

Fatigue

La fatigue accumulée en fin de journée pourrait ainsi avoir contribué à sa distraction fatale.

Le coroner recommande donc à la Société de l’assurance automobile du Québec de poursuivre ses campagnes de sensibilisation sur la fatigue et les textos au volant et d’augmenter la sévérité des sanctions en rapport avec l’utilisation du cellulaire sur les routes.

Un appel repris en partie par Québec, qui a annoncé, lundi dernier, que ces deux éléments seront ciblés au cours des prochaines campagnes de prévention.

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a d’ailleurs souligné « le début des années très productives sur le marché du travail » pour la tranche des 25 à 34 ans, marquée d’une lourde augmentation de la mortalité. « Est-ce que c’est lié à la fatigue ? On verra », a-t-il dit.

►Le bilan routier s’est alourdi de 31 % dans la catégorie des 25-34 ans, passant de 58 morts, en 2010 à 76 morts, en 2011.

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