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Grève | Étudiants

Tensions sur les campus

Les conflits entre partisans et opposants s’intensifient

Tensions sur les campus
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Environ 2000 étudiants ont défilé pacifiquement et sous un air de fête dans les rues de Montréal, hier soir, pour une huitième manifestation nocturne consécutive visant à dénoncer la hausse des droits de scolarité. Pendant la longue marche de soirée, les policiers ont procédé seulement à deux arrestations.

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La grève étudiante perdure depuis 79 jours, mais l’escalade des tensions entre rouges et verts continue.

Le climat était particulièrement tendu, hier matin, au Collège de Maisonneuve, dans l’est de Montréal.

Les seize étudiants qui s’y sont présentés, injonction en main, ont été refoulés par une centaine d’individus, pour la plupart cagoulés. Des enseignants ont également pris part au blocus autour de l’institution en grève depuis le 21 février.

« Il règne un climat d’intimidation, ils veulent montrer qu’ils sont en surnombre, ils sont masqués et ont des boucliers. C’est pas drôle, on essaie de donner des entrevues et même des profs nous insultent. On essaie de voter et on se fait huer », déplore Félix Dumont, carré vert qui s’était déplacé pour appuyer ses collègues dans leur démarche juridique.

Or, craignant pour la sécurité du personnel et des étudiants, la direction a suspendu toutes ses activités pour la journée.

Les cégeps de Sherbrooke et de Saint-Laurent ont aussi opté pour l’annulation des cours, hier, jugeant que le climat n’était pas propice à leur tenue.

Par ailleurs, lundi, une assemblée générale forcée par le dépôt d’une pétition a avorté avant même de se rendre à un vote sur la reconduction de la grève générale.

Les statuts et règlements du Collège de Maisonneuve stipulent que les deux tiers des membres présents doivent accepter de se pencher à nouveau sur la question.

Sur l’assemblée de 1 350 étudiants, 850 ont voté pour rouvrir le débat, ce qui n’a pas été suffisant.

Orage d’outrages

On prévoit que les tensions aux portes des institutions augmenteront au cours des prochains jours.

Après la pluie d’injonctions, l’orage d’outrages au tribunal.

C’est ce qu’annonce l’avocat Yvon Garneau, instigateur de cette averse de recours juridiques en compagnie de Laurent Proulx, étudiant à l’Université Laval.

Les deux hommes avaient même bricolé un « kit » à l’intention des étudiants souhaitant recourir à ce moyen.

Mais pour le moment, les injonctions n’ont pas eu l’effet escompté. Devant la grogne suscitée, les directions préfèrent lever les cours plutôt que de forcer l’application du document de la cour.

Me Garneau se dit « renversé » et « outré » que les ordres d’un juge soient ainsi ignorés. « Je n’en reviens tout simplement pas que les autorités ne prennent pas leurs responsabilités, s’indigne-t-il. Ce n’est jamais arrivé au Québec, un groupe de personnes est en train de défier les ordres judiciaires ! »

D’où les requêtes en outrage au tribunal. Une première a été déposée, hier, contre le Cégep de Sherbrooke.

Si l’outrage est reconnu devant le tribunal, le Code civil prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 5000 $.

Les directions des institutions rétives à faire appliquer les injonctions obtenues pourraient être visées par ces requêtes.

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