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Franc-parler

Un climat de terreur

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Hier, un collègue m’a avoué s’être fait pisser dessus pendant qu’il couvrait une manif d’étudiants.

Pas de farce : il parlait à la caméra quand un manifestant cagoulé a baissé sa fermeture éclair et lui a pissé sur la jambe.

Un autre jour, des manifestants l’ont cloué sur le sol et l’ont roué de coups.

Une collègue s’est fait cracher au visage, une autre a été entourée et harcelée, des cameramen ont été agressés, un reporter a reçu une tomate en plein front, des cars de reportage ont été vandalisés...

Quant à moi, je ne vous dis pas la teneur des courriels que je reçois. Si un jour, je suis pris dans une manif dans le centre-ville, ça ne me surprendrait pas que je me fasse casser la gueule.

C’est rendu que je planifie soigneusement chacun de mes déplacements pour ne pas me retrouver au milieu des manifestants.

LA VIOLENCE ORDINAIRE

Chaque jour, à la télé, on voit des jeunes masqués, armés de bâtons et de boucliers, empêcher des étudiants d’entrer en classe, sous le regard bienveillant de leurs professeurs qui portent fièrement le carré rouge et des policiers qui n'ont pas le pouvoir de faire respecter les injonctions de la Cour Supérieure du Québec.

Chaque jour, la justice est bafouée. Chaque jour, des délinquants font régner un climat de terreur. Chaque jour, des étudiants et des journalistes se font menacer, harceler, insulter.

Que font les gens qui sont montés au front, il y a quelques semaines, pour dénoncer l’intimidation dans les cours d’école ? Que font les Artistes pour la paix ?

À quand une conférence de presse regroupant des ténors de CHAQUE PARTI POLITIQUE pour lancer un appel au calme ? À quand un appel clair, net et non équivoque des leaders étudiants, invitant les manifestants à déposer les armes et à respirer par le nez ?

L’IRRESPONSABILITÉ DU PQ

Le fiscaliste Luc Godbout est catégorique : l’offre présentée vendredi dernier par le gouvernement est EXCELLENTE, et permet aux familles à faible revenu de poursuivre des études supérieures à un coût pratiquement nul. Non seulement ça, mais les familles les plus riches paieront davantage.

Qu’importe, les leaders étudiants s’en foutent. Ils veulent le gel ou rien.

Et les artistes les appuient ! Et les syndicats les encouragent à continuer le combat ! Et les péquistes se frottent les mains, en se disant que ce climat pourri les aidera à remporter les prochaines élections !

Si madame Marois avait une once de noblesse, elle cesserait d’utiliser cette crise pour se faire du capital politique et jetterait son carré rouge aux poubelles.

Mais non : elle préfère placer l’intérêt de son parti devant celui de la nation. Même pas foutu d’envoyer un message clair, comme Québec Solidaire, qui appuie la gratuité mur à mur, ou la CAQ, qui appuie la hausse.

« Votez pour nous, et après, on verra... »

Pathétique.

VOTER ROUGE

Des amis qui n’auraient jamais appuyé Jean Charest il y a six mois m’ont annoncé qu’ils allaient voter libéral aux prochaines élections, juste pour envoyer un gros message aux manifestants.

Et vous savez quoi ? Je suis sûr que les leaders étudiants seraient contents.

Ils pourraient prolonger leur danse du bacon de quatre ans.

 

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