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L’émeute vue d’un salon de Victoriaville

L’émeute vue d’un salon de Victoriaville
Photo d'archives

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Si Yvette avait ouvert sa fenêtre vendredi, elle aurait pu toucher les manifestants refoulés sur sa pelouse par les policiers. La dame retraitée habite à un jet de pièce pyrotechnique de l’hôtel Le Victorin, à Victoriaville, où les libéraux ont déménagé leur congrès en espérant y trouver un peu de quiétude.

Mais son terrain s’est rapidement transformé en champ de bataille. De sa lucarne, Yvette a suivi de très près la dégradation de ce qui se voulait une marche pacifique.

« La parade arrivait du Walmart et remplissait les quatre voies, décrit-elle. C’était beau de voir ça. Des étudiants m’ont envoyé la main, je les ai salués en retour. Ils sont venus me donner un carré rouge. Mais ça ne faisait pas 30 secondes qu’ils étaient arrivés à l’hôtel que la situation a dégénéré. »

Le conflit à sa porte

Des clôtures ceinturant le périmètre ont été renversées, sonnant le début des hostilités. L’escouade antiémeute a repoussé la foule à coups de gaz irritants vers la demeure d’Yvette. Un épais nuage blanc dissipait les contours de l’hôtel, affirme-t-elle.

« Ils étaient sur ma pelouse, et ce n’était pas une seule ligne, c’était une masse. Il y en avait une quinzaine sur ma galerie ! »

Si elle a gardé ses volets fermés au brouillard irritant, Yvette a ouvert sa porte à quelques manifestants. Notamment à une jeune fille blessée sur son porche, pour qui elle a appelé une ambulance. Et à une amie de sa fille, aveuglée par les gaz.

S’avouant « un peu nerveuse » au milieu de ce tumulte, elle a quand même permis à un petit groupe de se désaltérer et de se nettoyer les yeux à même son boyau d’arrosage. « Il faut être humain un peu ! », lance-t-elle comme explication à son geste.

Une grenade en souvenir

Hier, c’était corvée de nettoyage sur sa propriété. Cinq étudiants de retour devant Le Victorin l’ont aidée dans cette tâche. Elle a rempli deux gros sacs de balles de golfs, de briques et de barres de fer, que la police est venue saisir comme « preuves ».

Elle a aussi trouvé la carcasse argentée d’une grenade à gaz irritant, qu’elle a conservée dans un sac « comme souvenir ».

Devant les débordements de vendredi, Yvette croit que le Parti libéral aurait dû retarder son congrès avec les négociations qui ont débouché sur une offre, hier.

Elle se désolait aussi de la tournure des événements. « Je trouve ça triste de voir que ça passe sur le dos des jeunes. Une minorité a fait des folies, mais c’était pacifique. »

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