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Phoenix : du pareil au même

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Gary Bettman est tenace. Il ne veut pas quitter Phoenix simplement parce qu’il lui reste encore quelques options. Le commissaire de la Ligue nationale a fait des promesses à la mairesse de Glendale et surtout aux payeurs de taxe de la ville, c’est indéniable, et pour éviter les complications, il ne prendra pas de raccourci.

Tant et aussi longtemps qu’il pourra s’accrocher à des acheteurs potentiels pour la concession des Coyotes de Phoenix, il le fera. Greg Jamison a été la dernière trouvaille de Bettman. Il est toujours actionnaire des Sharks de San Jose, mais dans ce dossier, il a suivi à la lettre les directives du commissaire.

Or, hier, on a fait part qu’une entente basée sur plusieurs conditions permettra aux Coyotes d’évoluer sous un nouveau propriétaire. De cette manière, on vient de déposer le dossier sur le bureau de la mairesse, Elaine Scruggs. Bettman a donc rempli ses engagements, la Ligue nationale a été conséquente avec elle-même, il fallait trouver un propriétaire, il apparaît à travers le désert, le voici, Monsieur Jamison.

Donc, les élus municipaux devront se prononcer.

Plusieurs questions

  • Jamison demande 17 M$ pour la gestion de l’amphithéâtre.
  • On devra régler la question du stationnement. À qui iront les revenus ?

Ensuite, on devra convaincre la Goldwater Institute que les 17 M$ qu’on verserait à Jamison et son groupe ne sont pas des fonds publics pour aider à financer une équipe professionnelle.

La ville et Jamison et la Ligue nationale à cet égard devront être astucieux parce que Goldwater Institute, un organisme créé pour surveiller les intérêts des payeurs de taxe de l’Arizona, a déjà une victoire à son tableau, celle d’avoir empêché la vente des Coyotes à Matthew Hulsizer. Également, il y a présentement trois conseillers sur huit qui sont en désaccord avec le principe de verser 17 M$ pour la gestion de l’amphithéâtre et un autre conseiller n’a toujours pas pris sa décision.

C’est donc la prochaine étape, mais Bettman a fait tout ce qu’il devait faire. On n’a plus rien à lui reprocher. Si ça ne fonctionne pas, on ne pourra pas le blâmer. Ça fait trois ans que la Ligue nationale finance l’entreprise qui perd 25 M$ par année et c’est maintenant à la Ville et aux contribuables de Glendale de se prononcer.

Que les gens de Québec soient très déçus de la tournure des événements, je les comprends très bien. Ils croyaient sincèrement qu’il y aurait du hockey de la LNH dans la Vieille Capitale, en septembre. Moi aussi.

Encore, hier, quelques intervenants me confiaient que le dossier n’est toujours pas fermé, qu’il faut attendre parce qu’il y a beaucoup d’obstacles à franchir est-il besoin d’ajouter qu’il s’agit d’une situation complexe, une situation impliquant bien des décideurs qui ont des intérêts dans certains cas à l’opposé dans cette affaire.

Le rêve tient toujours

Par contre, cela ne veut pas dire qu’il faut faire une croix sur le retour éventuel des Nordiques. De prime abord, le groupe Québecor Média a toujours précisé qu’il désirait une concession de la Ligue nationale sans toutefois y mettre un échéancier. Ça peut se produire cette année, dans un an, dans deux ans, peut-être juste à temps pour l’inauguration du nouvel amphithéâtre.

Les gens de Winnipeg n’ont-ils pas attendu deux ans avant de voir renaître les Jets ? Les actionnaires de True North croyaient vraiment qu’ils accueilleraient les Coyotes de Phoenix en 2009 après que Jerry Moyes eut déclaré faillite et que Bettman eut sorti Jim Balsillie du giron de la ligue.

Pour les gens de Winnipeg, ça semblait une formalité. On ne pensait pas que la Ligue nationale investirait une fortune pour garder les Coyotes à Glendale.

Puis, même scénario en 2010.

Et, encore une fois, les gouverneurs de la Ligue nationale, sous les recommandations de leur homme de confiance gardèrent le statu quo. Puisque la ville de Glendale continue à offrir 25 M$ pour éponger une partie du déficit, on va patienter dans l’espoir de trouver un acheteur sérieux.

Enfin 2011, tous les espoirs sont permis. Cette fois-ci après que Matthew Hulsizer eut fait chou blanc dans l’espoir d’acquérir les Coyotes à la suite de la menace d’une poursuite de Goldwater Institute, à Winnipeg on s’apprêtait à célébrer le retour de Jets.

Oups, un tout petit instant.

Gary dit non. Les Coyotes demeurent à Phoenix. Mais, il y a peut-être une alternative. Que pensez-vous des Thrashers d’Atlanta ?

Ça n’a guère changé depuis l’an dernier au sujet des équipes en sérieuses difficultés financières.

  • On a des ennuis en Floride.
  • On cherche de nouveaux capitaux à Nashville.
  • On ne sait plus s’il y a un avenir pour les Blue Jackets à Columbus.
  • Les Islanders devront quitter Long Island en 2015.
  • Les Devils sont au bord de la faillite, les banques s’apprêtent à saisir les biens du propriétaire de l’équipe s’il n’acquitte pas ses dettes d’ici le 1er juillet.

Bettman aurait-il un scénario similaire à offrir aux gens de Québec dans quelques semaines ? Personne ne le sait.

Bettman Rusé

Mais, il est rusé. Non pas qu’il ait accepté de gaieté de cœur le transfert des Thrashers à Winnipeg, un Américain dirigeant une ligue avec les bureaux sur l’Ile de Manhattan n’aime jamais voir une équipe des États-Unis prendre la direction du Canada, même si les succès des Jets ont fait augmenter les revenus de la ligue. Cependant, il a résolu un problème immédiat, celui des Thrashers, et a prolongé le dossier des Coyotes jusqu’à cette saison. Entre-temps, les décideurs de Québecor Média et Pierre-Karl Péladeau ont laissé leur carte d'affaires aux gouverneurs de la ligue. Ils sont maintenant bien connus des membres du country-club.

Je sais qu’on est anxieux à Québec. Je sais qu’on rêve au retour du hockey de la Ligue nationale, mais dans l’univers de Gary Bettman, on va de surprise en surprise. Les gens de Winnipeg ont dû patienter pendant trois ans. Il faudra que les gens de Québec envisagent cette option.

« C’est plate », mais c’est ainsi dans l’univers du commissaire... Sans doute que les Coyotes seront à vendre d’ici quelques années et que Greg Jamison n’aura plus les reins assez solides pour mener l’entreprise.

 

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