/sports/hockey/canadien
Navigation
Championnat du monde

Un café avec Plekanec

À Stockholm, Tomas Plekanec parle d’une multitude de sujets, passant de sa vision pour le prochain entraîneur, à Scott Gomez et P.K. Subban

Coup d'oeil sur cet article

Tomas Plekanec a tout d’une personne organisée et il recherche la même chose pour son équipe, le Canadien.

Le mot structure fait partie de son vocabulaire et il ne s’en éloigne pas dans la vie de tous les jours. Dans la capitale suédoise à Stockholm, Plekanec avait donné rendez-vous au représentant du Journal à 13 heures à l’hôtel de la République tchèque dans le quartier de Norrmalm.

À mon arrivée à 13 h 04 exactement, un retard expliqué par un chauffeur de taxi qui parlait aussi bien l’anglais que les frères Kostitsyn à leur début à Montréal, Plekanec m’attend tranquillement dans le lobby. D’une grande simplicité, il me salue chaleureusement en me posant quelques questions sur l’équipe canadienne et le Tricolore.

Contraste apprécié

Après les salutations, nous marchons en ­direction d’un café près d’un magnifique parc de Stockholm. Incognito dans les rues de la capitale, Plekanec apprécie ce contraste avec Montréal ou Prague, lui qui n’a jamais raffolé de se retrouver sous les réflecteurs. Malgré une certaine timidité, il a marié Lucie Vondrackova, une grande vedette du cinéma et de la musique en République tchèque.

Une fois les cafés à la table, Plekanec déroge de ses réponses concises offertes dans le vestiaire du CH au Centre Bell ou à Brossard. Dans un entretien au Journal de Montréal de plus de 30 minutes, le Tchèque touche à une multitude de sujets, ne ­refusant aucune question. Il parle de sa vision du prochain entraîneur, de ses relations avec P.K. ­Subban, de l’avenir de Scott Gomez, des fausses rumeurs de transaction à son sujet cet hiver ou même des récentes sorties nocturnes d’Andrei Kostitsyn.

Les critères pour l’entraîneur

Sérieux et travaillant, Plekanec a souvent ­ressemblé à l’élève modèle en classe. Il était sans l’ombre d’un doute le chouchou de Guy Carbonneau et de Jacques Martin.

Le centre de 29 ans a vécu difficilement le départ de Martin en décembre dernier.

« Avec Jacques, c’était très clair, a-t-il rappelé. Nous connaissions nos rôles, il n’y avait pas de zone grise. Je ne m’en cache pas, j’ai toujours eu une bonne relation avec Jacques. Ça ne signifie toutefois pas que je ne m’entends pas bien avec Randy. J’ai beaucoup de respect pour Randy. »

Discipline

Pour le prochain entraîneur en chef à Montréal, Plekanec ne connaît pas personnellement les ­prétendants au trône. Il a toutefois une bonne idée du type d’entraîneur qu’il aimerait voir derrière le banc de l’équipe.

« À mes yeux, notre prochain entraîneur devra rapidement établir une discipline d’équipe, une structure et un bon système de jeu, a souligné le joueur natif de Kladno. Nous formons une bonne équipe quand nous jouons à l’intérieur de notre système et de notre cadre, sinon, nous devenons vulnérables. L’an dernier, nous cherchions notre identité et nous ne jouions pas tous de la même façon. »

Parmi les candidats les plus sérieux, Plekanec a glissé quelques mots au sujet de Patrick Roy.

« Quand je m’informe sur Roy, on me dit qu’il peut être un entraîneur très intense et émotif. Je n’ai aucun problème avec l’intensité et l’émotion, je crois même que nous en avons besoin de plus. Je n’ai jamais ­rencontré Patrick, c’est difficile pour moi d’en parler. »

De l’émotion, Marc Bergevin en apportera ­également dans son siège de directeur général.

« Je n’ai aucune idée pour le moment de sa ­vision et de sa philosophie pour construire une équipe, a lancé Plekanec à propos de son nouveau DG. Je n’ai pas encore eu le temps de lui parler, il a des dossiers plus importants sur son bureau. »

Le cas Gomez

Parmi les dossiers de Bergevin, il y a celui de Gomez. Plekanec retrouvera-t-il l’Américain en septembre au camp de l’équipe ?

Après un rire assez évocateur, il a offert une ­réponse intéressante.

« Avec un nouveau DG, plusieurs choses ­risquent de se passer. La seule chose que je peux dire, c’est que nous savons tous que Scotty a ­traversé deux saisons difficiles. Il a aussi été blessé et ce n’était pas facile pour lui. Si jamais il y a un changement d’air pour lui, on dira que plusieurs facteurs pointaient en cette direction. »

Celui de Subban

L’élève modèle a parfois joué le rôle de rebelle, surtout avec Subban à l’entraînement. Malgré les prises de bec entre les deux joueurs, il a répété qu’il a une bonne relation avec son jeune ­coéquipier.

« Je n’ai jamais eu de problème avec P.K. à l’extérieur de la glace. Je lui parle souvent et j’aime son sens de l’humour. Même si nous avons eu quelques étincelles à l’entraînement, ça ne veut pas dire que je ne l’aime pas et que je ne le respecte pas.

« On a souvent dit qu’il avait besoin de grandir et il le sait très bien, a-t-il ajouté. S’il réussit à le faire bientôt, il sera un très bon défenseur. C’est toutefois une chose de dire qu’il veut le faire et de prendre les moyens pour le faire. »

Grandir, c’est un mot que Jacques Martin a ­souvent utilisé pour décrire Subban. Plekanec, Subban et le CH auront aussi besoin de grandir pour devenir une meilleure équipe rapidement.

 

Commentaires