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Conflit étudiant

Le poney de la discorde

À l'Université de Sherbrooke

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Photo Agence QMI / Archives L'Université de Sherbrooke.

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En guise de dédommagement pour l’annulation de la session d’été en communication, les étudiants de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke ont réclamé un poney à la direction.

 

Trait d’humour pour certains, raillerie déplacée pour d’autres, la résolution a galopé sur les réseaux sociaux après sa mention initiale dans l’édition de mercredi du Journal de Montréal.

 

Mardi, l’Association générale étudiante de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke (AGEFLESH) avait convoqué une assemblée extraordinaire pour discuter de l’annulation de la session d’été au baccalauréat en communication.

 

Cette décision prise par la direction du Département des lettres et communication après une semaine de grève à la présente session complique la situation des étudiants inscrits au régime coopératif. Pour accéder au stage rémunéré à l’automne, ils doivent avoir étudié à temps plein, soit avoir maintenu un minimum de quatre cours à la session précédente.

 

En assemblée, certains ont donc proposé d’exclure les cours en communication de la grève générale.

 

«Dommages collatéraux»

Des opposants à cette proposition ont parlé «de dommages collatéraux» inhérents au «combat» et que tous devaient «continuer à lutter ensemble». Après une heure de débats, la motion a été refusée.

Un étudiant a alors proposé l’annulation de tous les cours estivaux de la Faculté des lettres et sciences humaines par solidarité pour le programme de communication, rédaction et multimédia (CRM), ce qui a flatté ses représentants. Un amendement a été ajouté pour que tous puissent profiter des solutions suggérées par la direction pour contourner le problème, c’est-à-dire des cours à distance avec la TÉLUQ et d’anglais à l’Université Bishop’s.

 

C’est alors que l’absurde s’est pointé au petit trot. L’auteur de la proposition est revenu au micro. Vu leur accord au principe d’annulation des cours étendu à toute la faculté, il a affirmé avoir prouvé la faiblesse de la requête d’exemption des gens en CRM. Il a invité l’assemblée à battre sa propre proposition, ce qui a été fait.

 

Dédommagement

Un autre étudiant, d’une discipline autre que CRM, lui a alors succédé et a proposé que l'AGEFLESH demande un poney au Département des lettres et communication comme dédommagement.

 

Cette proposition a été acceptée à majorité, ce qui a fait ruer plus d’un dans les brancards.

 

«C'était comme pour nous dire "Arrêtez de chigner, on vous donne un poney pour vous consoler"», confie une source présente à l’assemblée.

 

Pour d’autres, la résolution loufoque visait à alléger l’atmosphère délétère qui régnait dans la salle. «La tension commençait à monter, ça devenait agressif. Donc, un peu pour rire de communication, mais surtout pour baisser la tension, on a proposé de compenser (la session) par un poney», explique un étudiant.

 

Selon une étudiante au baccalauréat en CRM, la réaction au sein de ses collègues était partagée. «Certains riaient jaunes, d'autres trouvaient ça franchement drôle. Finalement, je crois que ceux qui étaient à l'origine de la première proposition ainsi que les supporters de cette dernière étaient insultés.»

 

«La proposition les infantilisait et ridiculisait une demande qui avait été faite dans le respect et dans l'exercice de leurs droits en tant que membre», complète-t-elle, en ajoutant que le ton n'a pas monté dans les délibérations.

 

Discussion sur Facebook

La discussion s’est transposée sur Facebook, où la petite monture réclamée à la direction ne faisait toujours pas l’unanimité.

 

Certains membres de l’AGEFLESH y voyaient un glissement de la pertinence de ce type d’assemblée, d’autres une perte de la crédibilité de l’association affiliée à la CLASSE.

 

En réponse à un argument sur la démocratie du vote, une étudiante a répliqué : «Quand la démocratie prône la demande d'un poney à la direction, j'ai pas tant envie de l'écouter. Passer 5 heures dans un local pour que la seule chose efficace soit le vote d'un poney. Ça dérape.»

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