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Grève | étudiants

Ciblée à tort

La jeune femme n’a jamais lancé de bombes fumigènes dans le métro

Ciblée à tort
photo agence qmi, élaine nicol Même si elle porte le même nom que l’une des personnes accusées d’avoir paralysé le métro montréalais, Vanessa L’Écuyer n’a pas bougé de Saint-Jérôme, où elle s’occupe de son bébé de cinq mois avec son compagnon Kévin Lavoie.

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« On m’a traitée de terroriste et de folle. Je ne savais même pas de quoi on me parlait. »

Vanessa L’Écuyer, l’une des personnes accusées d’avoir paralysé le métro de Montréal, a été identifiée à tort comme étant étudiante en sexologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) dans les pages Une et 2 de La Presse, jeudi.

Cette erreur d’étiquette a fait vivre une journée infernale à la future sexologue de 21 ans, maman d’un bébé de cinq mois, qui a eu la malchance de porter le même nom que la véritable accusée. Cette dernière serait en réalité inscrite en sociologie à l’UQAM.

« Ç’a été rapide de retracer une coupable et encore plus rapide de se tromper », peste l’étudiante en sexologie, qui n’a cessé d’être harcelée de messages de journalistes, hier.

« Ils veulent tous une entrevue pour connaître mes motivations, comprendre ce qui m’a poussée à commettre ces actes ou encore entendre l’autre côté de la médaille, explique-t-elle. Mais j’habite à Saint-Jérôme et je n’ai pas mis les pieds à Montréal depuis le 19 avril ! »

Les journalistes n’ont pas été les seuls à solliciter la jeune femme. Sa famille, ses amis et ses enseignants se sont eux aussi bousculés à sa porte.

« En voyant les nouvelles, ma mère a cru que quelqu’un avait volé mon identité. Elle m’a demandé si j’avais bien tous mes papiers avec moi », raconte-t-elle.

Ses amis ont également été nombreux à lui demander si c’était elle qui avait introduit des bombes fumigènes dans le métro montréalais, jeudi matin.

« Maudite terroriste »

C’est une de ses proches qui l’a interpellée en lui envoyant le lien de l’article. Avant d’en prendre connaissance, Vanessa pensait qu’on lui faisait une blague.

« Une de mes enseignantes m’a même écrit qu’elle ne comprenait pas ce qui m’avait pris, qu’elle ne me jugeait pas, mais que je devais penser à mon bébé avant d’agir de la sorte », poursuit Vanessa L’Écuyer.

La jeune maman d’un bébé de cinq mois attend patiemment que la grève se termine dans sa maison à Saint-Jérôme, où elle s’occupe de son enfant.

Jamais elle n’aurait pu imaginer se retrouver mêlée à une telle histoire.

« J’ai reçu des messages anonymes me traitant de maudite terroriste et de folle. Ça n’a pas arrêté de l’après-midi », confie-t-elle, encore secouée.

« Pire histoire de ma vie »

Sur sa page Facebook, elle a précisé vers 15 h qu’elle n’avait rien à voir avec la Vanessa L’Écuyer qui a bloqué le métro.

« C’est vraiment, mais vraiment pas drôle (...) C’est la pire histoire de ma vie, quelqu’un peut-il m’aider parce que la police ne peut rien faire », ajoute-t-elle quelques heures plus tard.

Se sentant démunie, la jeune femme est allée chercher de l’aide au poste de police de son quartier et hésite désormais à déposer une plainte au civil.

« J’ai eu une petite appréhension avant de rentrer, j’avais peur que les agents me prennent eux aussi pour la suspecte », sourit-elle.

Contre la grève

Actuellement en deuxième année de sexologie à l’UQAM, Vanessa L’Écuyer est furieuse d’avoir été associée à cette action criminelle, d’autant plus qu’elle est contre la grève depuis le début.

« Je veux travailler dans les écoles auprès des élèves en tant que sexologue et je ne souhaite pas qu’on m’apparente au mouvement étudiant. »

Elle espère que cette histoire se décantera rapidement et restera loin derrière elle.


► Une autre personne identifiée par La Presse comme faisant partie des quatre suspects photographiés dans le métro jeudi matin, dont nous taisons le nom volontairement, ne fait pas partie des quatre individus qui se sont livrés à la police hier.

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