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Elles n’ont pas froid aux yeux

Le Blitz est la seule équipe féminine de football plein contact au Canada à jouer dans une ligue américaine

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photos le journal de montréal, pierre-paul poulin Rien, et surtout pas la joueuse des Southern Maine Rebels, n’a stoppé Roxanne Granger dans sa course vers un touché. Le Blitz de Montréal, une équipe championne, compte dans ses rangs des athlètes québécoises accomplies : en plus de Roxanne Granger, il y a, entre autres, Laurence Pontbriand, Mélina Gendron, Josée Leblanc (1 m 80) et la petite quart-arrière et proprio de l’équipe, Saadia Ashraf.

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Si le Hockey au féminin ne surprend plus personne, le football demeure, au Québec, une chasse gardée masculine. Or, les succès du Blitz de Montréal pourraient bien changer la donne.

C’est un coin de Lachine aux allures de Brooklyn. Derrière le terrain de l’école secondaire Dalbe-Viau, où se déroulent les matchs à domicile du Blitz, des HLM. En ce samedi après-midi, leurs balcons servent de corde à linge, mais aussi de loge pour assister au massacre de l’équipe venue du Maine. Dans les gradins plus officiels, on compte pas mal de gars venus encourager leur femme, leur fille ou leur sœur qui se font plaquer sur le terrain.

Plein contact

« Ma fille, c’est le numéro 5 », explique Marc Gendron, le père de Mélina.

« Elle a joué au football avec les gars à la polyvalente Sainte-Thérèse parce que le football fémi­nin n’est pas encore développé dans les écoles. Elle voulait continuer avec les gars au collégial, mais j’ai dit non. Heureusement, il y a le Blitz. Les gens sont un peu surpris quand je leur dis que ma fille joue au football, mais moi, je suis fier d’elle. »

Le Blitz de Montréal est la seule équipe canadienne de football féminin plein contact à jouer dans une ligue américaine. Si l’équipe existe depuis 11 ans, depuis deux ans, c’est le succès total : une victoire à chaque match régulier et la première place en 2010 au Championnat de la ligue IWFL, au Texas. En soi, le succès de l’équipe est surprenant. Recruter des femmes pour se livrer à ce sport robuste n’est pas une mince affaire, mais la popularité grandissante du flag football dans les écoles amène de plus en plus de filles à désirer jouer au vrai jeu... donc à se joindre au Blitz.

À 23 ans, Laurence Pontbriand est l’exemple même de ce phénomène. La numéro 81 s’est jointe à l’équipe il y a trois ans, après de longues années de pratique du flag football, où elle avait l’impression d’avoir fait le tour du jardin. « Je voulais que ma pratique du football soit plus compétitive, je voulais plus de contacts. Les filles, en général, ne pensent pas à pratiquer ce sport. Elles croient que c’est violent et dangereux. Mais, c’est en train de changer. Notamment grâce à nous. »

Estime de soi

Sur le terrain, toutes sortes de corps habitent l’uniforme rouge et noir du Blitz. Des grandes, des petites, des grosses, des minces font partie de l’équipe. « Ça aide à l’estime de soi », explique la petite quart-arrière et propriétaire de l’équipe, Saadia Ashraf.

La directrice générale, Josée Leblanc, une fille de 1 m 80, abonde dans le même sens. « Je me faisais traiter de géant vert à l’école. Ici, je ne me fais pas niaiser. Ma grandeur est un avantage. »

Un championnat de football féminin se tiendra au début août à Laval. Les meilleures joueuses canadiennes seront regroupées en une équipe qui représentera le pays au Championnat du monde de 2013, qui se tiendra au Nouveau-Brunswick.

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