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Balade antiterroriste en métro

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Samedi matin, je devais faire des courses. Comme je le fais régulièrement quand je suis pressé, j'emprunte le métro, sans y penser ni me poser de questions.

Un coup confortablement assis dans le wagon, les images de bombes fumigènes me sont montées à la tête. Quelques bancs plus loin, un jeune étudiant, qui portait son ***** de carré rouge, lisait tranquillement son journal.

J'ai eu un malaise. On était trois ou quatre passagers à le regarder de travers. Le petit morceau de tissu rouge ne signifiait soudainement plus la sympathique cause de l'accessibilité universitaire.

MON MUR FACEBOOK

Mi-sérieux, j'écris alors sur les médias sociaux : « Se promener avec un carré rouge dans le métro de Montréal aujourd'hui, c'est comme porter une burka dans un avion au lendemain du 11 septembre. Ça rend les gens autour de vous très nerveux et suspicieux. »

Comme dans toute bonne blague, elle s'appuie sur un fond de vérité.

Le sentiment qui m'habitait ce week-end dans le souterrain montréalais s'apparente sans aucun doute à celui-là même ressenti par plusieurs dizaines de milliers d'entre vous ces derniers jours.

Je ne dis pas que c'est rationnel, ni justifié. C'est possiblement bourré de préjugés ou de stéréotypes. Mais c'est réel.

INSTINCT NATUREL

Une méfiance de la part d'un nombre grandissant de citoyens s'installe vis-à-vis les carrés rouges. On associe maintenant, à tort ou à raison, ce symbole à la violence, voire même au terrorisme.

On me répliquera qu'il s'agit d'un amalgame islamophobe. Mais, ce ne sont pas justement les étudiants qui établissent des parallèles douteux en autoqualifiant leur mouvement de « printemps érable »?

On me reprochera aussi de faire peur au public en utilisant le mot « terrorisme ». Les quatre étudiants soupçonnés d'avoir lancé les bombes fumigènes font maintenant face à des accusations « d'incitation à craindre un acte terroriste », article 83.231 du Code criminel. Avec l'escalade des derniers jours, j'ai le désagréable devoir de vous informer qu'on est rendu là.

VAINCRE LA TERREUR

Les évènements malheureux survenus jeudi matin marquent un point tournant dans la saga étudiante. Le nombre de sympathisants arborant le carré rouge diminue déjà considérablement. Ces derniers jours, les manifestations nocturnes à Montréal attirent aussi moins de monde.

En plus, un groupe d'activistes radicaux, Force étudiante critique, invite maintenant ses militants à s'attaquer aux médias.

Ayant été dans la mire d'Al-Qaïda à Bagdad pendant la guerre, il en faudra un peu plus de la part de nos terroristes en herbe pour m'intimider. J'ai appris une petite chose en Irak sur la façon de se comporter face à ceux qui prônent le renversement de la démocratie libérale et du capitalisme : ne rien changer à nos habitudes. Ne nous laissons pas terroriser . Gardons l'œil bien ouvert et continuons notre vie normalement.

On doit combattre la peur de descendre dans le métro pour aller au boulot, la peur de franchir les piquets des boycotteurs pour rentrer en classe ou la peur d'écrire des vérités qui choquent.

Prenez le métro paisiblement! Tentez pacifiquement d'assister à vos cours! Moi, je vais juste continuer à écrire ce que je pense...

 

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