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Éducation

Courchesne prend le relais

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Le gouvernement offre une dernière chance aux associations étudiantes d’arriver à un compromis, sans quoi Jean Charest prévient qu’il prendra « tous les moyens » pour rétablir la paix sociale.

 

Après l’assermentation de le nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, hier, le premier ministre s’est adressé aux Québécois sur un ton solennel, laissant planer qu’il s’apprêtait à poser un geste aux fortes conséquences pour rétablir l’ordre au Québec.

« Nous avons été patients. Nous croyons à la liberté d’expression (...) cette liberté est indissociable du droit à la sécurité de chacun. Mme Courchesne consultera et ensuite, le gouvernement assumera ses responsabilités », a déclaré Jean Charest.

Il a refusé de préciser ses intentions en cas d’échec de cette ultime tentative de trouver une solution négociée à la crise qui perdure depuis plus de trois mois, affirmant toutefois qu’il ne déclencherait pas d’élections sur cet enjeu.

« Ce n’est pas une question d’élections générales, ça ne l’a jamais été », a-t-il dit avec fermeté.

La ministre Courchesne tiendra des rencontres aujourd’hui avec les représentants des associations étudiantes, puis les dirigeants des regroupements d’établissements d’éducation postsecondaire, avant de faire rapport au gouvernement.

C’est assez

« Ce conflit a déjà trop duré », a lancé le premier ministre, demandant à nouveau aux étudiants de réintégrer leurs cours et de respecter le droit de chacun d’accéder aux salles de classe.

« Tous les moyens sont et seront pris pour assurer leur sécurité, le respect de nos lois et de notre démocratie », a-t-il encore prévenu, écartant du revers de la main l’hypothèse qu’une intervention plus musclée des forces de l’ordre entraînera un escalade de violence.

« Le premier mandat des policiers, c’est d’assurer la sécurité des gens. Nous nous attendons que les jugements soient respectés (...) là où il faut des interventions, il y en aura », a affirmé M. Charest.

Compromis

Tant le premier ministre que Mme Courchesne n’ont affiché aucune intention de fléchir sur la hausse des droits de scolarité, rejetant sur les étudiants la responsabilité d’accepter un compromis.

« On souhaite qu’ils fassent un bout de chemin (...) le moratoire (sur la hausse) n’est pas une réponse possible », a déclaré celle qui a déjà été ministre de l’Éducation en 2007-2008, et qui a présidé les négociations du 4 mai aux côtés de Line Beauchamp.

Jean Charest a soutenu que son gouvernement avait pour sa part déjà fait les compromis nécessaires depuis le début de la crise.

« Nous avons été à leur écoute. À trois reprises, nous avons fait des modifications et tendu la main, et en retour, nous obtenons toujours la même fin de non-recevoir », a-t-il déploré, en insistant sur le fait que « la patience des Québécois a atteint ses limites. »

Il a rappelé l’émeute du vendredi 4 mai à Victoriaville, l’acte de perturbation qui a paralysé le métro de Montréal, jeudi dernier, ainsi que les manifestations qui ont empêché des étudiants d’accéder à leurs cours.

« Et tout ça pour une hausse de 50 sous par jour », a-t-il martelé, alors que Michelle Courchesne précisait que la majorité des étudiants complètent, ces jours-ci, leur session.

« Seule une minorité d’étudiants en ont décidé autrement en perturbant la vie sociale et économique du Québec», a-t-elle conclu.

 

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