/sports/huntfish
Navigation
La chronique de Patrick Campeau

La venue des combattantes

C’est le temps de taquiner ces poissons anadromes

La venue des combattantes
photo Courtoisie L’alose commence à arriver en ville pour le plus grand bonheur des amateurs de pêche.La venue des combattantes

Coup d'oeil sur cet article

Année après année, l’alose savoureuse quitte l’océan Atlantique pour venir nous rendre visite pendant une période de quatre à cinq semaines.

Certains signes de la nature nous indiquent l’arrivée de ces grands harengs. Habituellement, lorsque les pissenlits sont blancs, que les lilas sont en pleine fleuraison et que les mannes font leur appa­rition, on sait que c’est le temps de taquiner ces poissons anadromes.

En fait, les premières aloses font leur apparition lorsque la température des eaux se situe aux alentours de 11º C. Ce sont les mâles qui arrivent en premier sur les différents sites. Le rituel de repro­duction se ­déroulera lorsque le thermomètre indiquera des valeurs se situant entre 13º et 17º.

C’est le temps de taquiner ces poissons anadromes

Les bons sites

Le barrage de la rivière des Prairies est l’un des endroits les plus réputés pour ce type de capture. Il est possible d’y pêcher à gué ou en embarcation. Le barrage de Carillon offre aussi d’excellentes possibilités à ceux qui possèdent une chaloupe ou un bateau.

Un passionné

Serge Pitre se spécialise dans la capture de cette espèce depuis 1978. Chaque année, il prend systématiquement un mois de vacances pour taquiner cette espè­ce.

Ce pêcheur a bien voulu partager ses connaissances avec les lecteurs du ­Journal de Montréal pour les aider à ­déjouer ces poissons argentés.

Techniques de pêche

On peut taquiner l’alose de trois façons différentes.

La façon la plus populaire consiste à mettre des bottes-pantalon et à entrer dans l’eau jusqu’à la taille. L’amateur cata­pulte son offrande au loin, au cœur du courant, selon un angle de 45 degrés, vers l’amont. Il faut ensuite tourner la poignée du moulinet à quelques reprises pour reprendre le mou qui s’est créé dans le fil. Lorsque ce dernier est sous tension et que le leurre est entraîné par le flot des eaux, le pêcheur peut facilement percevoir les différentes attaques. Serge suggère de relever occasionnellement le bout de la canne pour modifier la présentation et agacer les poissons. Quand votre présentation a fini sa course et qu’elle est à un angle de 60 degrés, en aval, il faut la récupérer doucement, sans faire de pause.

Il est également possible de tenter sa chance de la rive ou avec des cuissardes, dans des secteurs où il n’y a pas de courant dominant. Lorsque le leurre touche l’eau, la personne en quête de sensations fortes doit le récupérer, de façon continue, en pompant la canne à quelques repri­ses au cours du mouvement.

Si vous avez la chance de pêcher en embarcation, vous devez l’ancrer face au courant, à proximité d’une accalmie. L’amateur de pêche doit alors lancer sa dandinette selon un angle perpendiculaire au bateau, reprendre le mou qui s’est formé dans le fil et la laisser dériver jusqu’à ce qu’elle soit derrière le tableau arriè­re. Lors de la récupération, M. Pitre fait plusieurs pauses et il applique quelques saccades vers le haut avec sa canne.

Les gens qui aimeraient en savoir plus n’ont qu’à se rendre au pied du barrage Pie-IX, entre le 19 mai et le 7 juin, pour rencontrer Serge Pitre. Ce gentilhomme est facile à reconnaître, car son prénom est écrit en grosses lettres sur sa veste de pêche...

Fiche technique
Nom : alose savoureuse
Période de pêche : au printemps, sauf dans les sanctuaires.
Période de pointe : dernière semaine de mai et première de juin.
Limite de possession : cinq poissons
Équipement : canne souple de 7 à 9 pi pour le lancer léger, moulinet avec bon système de freinage et fil de 6 ou 8 lb de résistance
Leurres : Shad Dart (jig à alose) de 3/8e ou de 5/8e d’once, Mepps no 2, Comet no 3, Vibrax, Crocodile, petit Sassy Shad.
Taille des captures : moyenne de quatre livres. Les beaux spécimens en pèsent plus de six.
Meilleur temps pour pêcher : lors des journées ensoleillées et humides.
Pire temps pour pêcher : le lendemain d’une journée très venteuse ou à la suite d’une baisse de température rapide.
Unicités de l’espèce : vit en eaux salées et se reproduit en eaux douces (anadrome). Gueule très fragile, qui se déchire facilement si on applique trop de pression. Lors de la manipulation, faire atten­tion à la partie ventrale, car elle est légèrement coupante.
Commentaires