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Intimidation envers les journalistes

La ministre Saint-Pierre outrée

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La ministre de la Culture et des Communications Christine Saint-Pierre, une ex-journaliste, dénonce vigoureusement les agressions dont ont été victimes plusieurs représentants des médias dans les derniers jours à Montréal.

 

«C'est vraiment rendu trop loin. Je trouve ça inacceptable. C'est un déni de liberté», a-t-elle déclaré, jeudi, lorsque Le Journal l'a questionné sur les plus récents incidents impliquant des membres de la presse qui couvraient des manifestations en lien avec le conflit étudiant. Visiblement choquée, Mme Saint-Pierre a haussé le ton en faisant elle-même référence aux journalistes et photographes intimidés ainsi qu'aux caméramans «qui se font brasser».

 

«Comme ancienne journaliste, je vous le dis, ça me vient chercher très très loin. Dans une démocratie, dans un pays libre et démocratique, quand la presse n'est pas capable de faire son travail, on a un gros, gros, gros problème avec ces gens-là. Et j'espère que vous autres, les journalistes, vous allez dénoncer ça haut et fort», a-t-elle déclaré, peu de temps après la période des questions à l'Assemblée nationale.

 

Deltell condamne

 

Un autre ancien journaliste, Gérard Deltell, chef parlementaire de la CAQ, a également déploré le comportement de ceux qui s'en prennent aux «témoins» des événements. «Il ne faut pas que ça devienne du journalisme de guerre au Québec. Les journalistes et les photographes ne sont pas des acteurs, ce sont des témoins. On ne s'attaque pas aux témoins qui permettent aux gens d'être informés correctement. Le jour où on fait ça, c'est la démocratie qui perd.»

 

La Fédération professionnelle des journalistes s'est insurgée cette semaine de la «multiplication des incidents où des manifestants attaquent des journalistes» et a demandé aux leaders étudiants «de faire cesser cette escalade qui porte atteinte à la liberté de presse.»

Hier, un journaliste de Cogeco Nouvelles, Philippe Bonneville, a été pris à partie par des manifestants qui ont tenté de lui dérober son iPhone et son enregistreuse alors qu'un autre lui a arraché sa carte de presse alors qu'il couvrait une manifestation à l'UQAM. D'autres manifestants ont également employé la force pour empêcher le journaliste de TVA, Félix Séguin, d'entrer à l'intérieur de l'établissement. Ils ont menacé de lui casser la gueule, a déploré la FPJQ.

 

Le photographe du Devoir Jacques Nadeau a quant à lui été renversé et projeté au sol par un policier à cheval pendant une autre manifestation. La Fédération professionnelle des journalistes a également condamné cet énième incident impliquant un représentant de la presse avec des manifestants ou des policiers.

 

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