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Loi spéciale

La CLASSE songe à la défier

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Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, songe à inviter ses membres à défier la loi spéciale.

«Lorsque les lois deviennent injustes, parfois il faut désobéir et on est en train de réfléchir sérieusement à cette possibilité-là», a-t-il déclaré vendredi, à Québec, lors d'un point de presse conjoint avec les représentants des autres associations étudiantes et des grandes centrales syndicales.

«La répression policière ne nous a jamais effrayés. Ça ne commencera pas aujourd'hui avec ce projet de loi là. Les manifestations vont continuer, dès ce soir, j'en suis convaincu, tous les soirs s'il le faut. Il n'est pas exclu d'appeler à désobéir à cette loi. Il y a probablement une annonce qui va être faite concernant cela aujourd'hui», a-t-il ajouté. Est-il prêt à faire de la prison, lui a demandé un journaliste? «On verra», a lâché M. Nadeau-Dubois.

Une loi de «mononcles impuissants»!

Le président de la CSN, Louis Roy, a dénoncé cette loi «pitoyable» que le gouvernement Charest s'apprête à adopter. Une loi «écrite par des mononcles impuissants», a-t-il renchéri. «On n'invite pas notre monde à défier la loi mais si vous pensez que vous avez une cause, bien, manifestez! On n'incite pas nos membres à désobéir, on incite nos membres à faire respecter nos droits», a-t-il nuancé.

Pas en Corée du Nord!

«Souvent, les lois sont légales mais illégitimes et il y aura une réflexion à faire», a répondu à cet égard le président de la FTQ, Michel Arsenault. «Cette loi-là est guidée par la hargne, par la colère et la revanche du parti Libéral et du premier ministre Charest. Les amendes sont injustifiées. Ça n'a aucun sens dans une société démocratique... On n'est pas en Corée du Nord!», s'est-il insurgé, ajoutant qu'on est «dû pour élection».

Disant essayer de contenir sa propre colère, le président de la CSQ n'a pas réussi à atteindre son objectif lors du point de presse, s'enflammant autant que ses confrères. «Ce n'est pas la première loi spéciale à laquelle on est confrontés comme syndicalistes (...) mais aussi loin qu'on puisse reculer, je n'ai jamais vu une loi aussi perfide que celle-là. Pour la première fois dans ma courte vie, je pense que tout est noir ce matin. Les conservateurs à Ottawa ont maintenant des leçons de law and order d'extrême droite à recevoir du Parti libéral du Québec», a-t-il laissé tomber.

«Le ministre Gignac nous faisait la leçon pour nous dire qu'on n'est pas dans une dictature mais je vais vous dire que c'est digne d'une république de bananes. J'espère que le bon sens les rattrapera avant la fin de la journée.»

Contestation judiciaire

Le porte-parole de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a insisté sur les nombreux problèmes qui se poseront pour faire appliquer cette loi spéciale, telle que libellée par les juristes du gouvernement Charest. «S'il y a des ententes qui sont négociées entre les associations étudiantes et l'administration et qu'un étudiant décide de bloquer l'accès à un cours, l'association étudiante et ses dirigeants vont être tenus solidairement responsables de cet acte-là. Le gouvernement nous met dans une position inconfortable, impossible....» Un recours judiciaire visant à contester la validité de la loi spéciale pourrait être déposé dès ce soir, a-t-il annoncé.

 

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