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Au travail !

L’empire du stress

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photo Shutterstock Contrairement au stress « stimulant », le stress « oppressant » a une incidence sur le travailleur, et plus généralement sur l’entreprise.

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Le stress, cette « pression » stimulante peut aussi devenir notre pire ennemi. En effet, une multitude de situations engendrent un stress si oppressant qu’il a le pouvoir de provoquer de véritables drames dans nos vies professionnelles, personnelles, mais aussi dans les entreprises et dans toute la société. Il n’est donc pas exagéré de parler ici « d’empire du stress ».

Collectivement, nous sommes tous concernés par ce thème, mais vous, quel type de stress est surtout présent dans votre vie ? Celui dit stimulant ou oppressant ?

STRESS « STIMULANT »

Accueillons et même suscitons le stress qui stimule l’action, la créativité et le dépassement de soi, c’est un « stress positif ». C’est celui qui fait se lever tôt le matin alors qu’on aimerait tant s’enrouler dans sa couette encore une petite heure. Il nous fait lire le journal et boire notre café en regar­dant souvent sa montre, car il faut être derrière son volant ou dans le métro à une heure précise.

C’est aussi ce « bon stress » qui permet de réaliser des exploits en situation d’imprévus majeurs alors qu’une performance élevée est attendue à court terme. C’est grâce à ce stress que l’équipe se tape la paume des mains l’une contre l’autre avec l’énergie de la victoire. C’est d’ailleurs cette pression stimulante et inspirante qui manque aux personnes isolées, en chômage ou insatisfaites de leur travail.

Remarquez que dans ces situations, les composantes indispensables de motivation/contexte positif étaient présentes. Ce stress engendre une saine fatigue contraire aux conséquences du stress oppressant (ou négatif).

Par ailleurs, soyons réalistes, Christophe et Laurence Bagot mentionnent dans leur

livre sur le sujet * que « le bon et le mauvais stress sont deux réactions qui s’opposent tout en cohabitant de façon séquentielle ».

STRESS « OPPRESSANT »

Voyez trois situations (modifiées pour respecter la confidentialité) de stress oppressant et leurs issues.

Maxime, cadre intermédiaire relève d’un patron qui fuit systématiquement les problèmes qui impliquent du leadership. Conséquemment, Maxime ne peut régler les obstacles vécus par ses employés (stressés) et subit lui-même un stress dû au sentiment d’impuissance. Il l’atténue en écoutant les doléances de ses employés et, sans blâmer son patron, en mentionnant qu’une impasse bloque présentement toute action. Les faits nommés de part et d’autre apaisent autant le stress du gestionnaire coincé que celui des employés.

Yolaine choisit d’être enseignante, influ­encée par son histoire familiale. Elle était malheureuse dans ce travail, la préparation de cours, la correction des travaux et la discipline l’ennuyaient. En carence de stress stimulant, elle perd tout intérêt, dort mal, et ne pense qu’à manger et au week-end. Au travail, elle se sent stressée, anxieuse et regar­de souvent sa montre... Yolaine vient de s’inscrire en travail social et malgré le coût de sa décision, elle reprend vie.

Cédric s’est associé à un ami de l’université. L’ami a sournoisement pris le contrôle de l’entreprise en l’isolant et le confinant à des tâches secondaires. Une dépression s’ensuit. C’est en constatant la manœuvre qu’il a commencé à récupérer. Son état s’est aussi amélioré dès qu’il a pu confronter son associé, revendiquer ses droits et finalement vendre sa part avec équité. Il est reparti en affaire et réussit très bien aujourd’hui.

Notez que, dans ces précédentes situations, des ingrédients négatifs importants sont présents. Dans ces cas, au lieu de générer une saine fatigue, le stress engendre une oppression qui, au fil du temps, peut sabrer le moral et la confiance d’une personne, et même détruire un couple, une vie familiale et un parcours d’emploi.

L’EMPIRE DU STRESS...

Le stress oppressant a, de plus, une incidence sur les entreprises, qui doivent assumer une baisse de performance, de l’absentéisme et du présentéisme (présence malgré la maladie ou la démotivation). Le stress atteint aussi l’économie et, en somme, toute la société. Il y aurait encore tant à dire...

À lire : un bouquin essentiel pour en savoir plus sur l’impact du stress oppressant et l’atténuer dans sa vie : L’Empire du stress, de Christophe et Laurence Bagot, aux Éditions de l’Homme.

 

connaître et vaincre son stress oppressant
SOURCES DE STRESS OPPRESSANT
Pression de soi ou extérieure
Absence de reconnaissance
Incapacité au détachement
Intimidation et harcèlement
Injustice, rejet de collègues
Hyperémotivité, faible analyse
Difficulté à évaluer le temps
Désirs jugés priorités vitales
Travail insatisfaisant
SYMPTÔMES FRÉQUENTS
Démotivation, procrastination
Déception, frustration, colère
Consommation / compensation
Manque ou excès d’appétit
Insomnie, maux de tête, de dos
Douleurs et ulcères d’estomac
Palpitations, troubles cardiaques
Anxiété, angoisse, dépression
PISTES DE SOLUTIONS
Conscience de la source du stress
Confiance et autonomie personnelle
Capacité d’affirmation de soi
Habileté relativisation et relaxation
Réflexion : respect de soi/sécurité
Détachement et distance (sage fuite)
Conscience de ses forces et limites
Reconnaissance de sa valeur
Travail sur soi, coaching et thérapie
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