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Lévis

«On vit dans la crainte»

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Photo Stevens Leblanc Paul Biron et son fils, Olivier, souhaitent développer le secteur. Mais ils estiment que d’autres projets seront nécessaires pour revitaliser le quartier.

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Carmen Gagné a eu le coup de foudre, il y a sept ans, pour une maison située à quelques mètres de la rue Saint-Joseph à Lévis. Mais depuis les deux drames survenus en moins de 48 heures à quelques pas de sa résidence, elle envisage de vendre. Le quartier est trop rock’n’roll.

« On vit dans la crainte. Je dors les lumières ouvertes, confie-t-elle. Oui, c’est le Bronx. Avec tout ce qui m’est arrivée ici depuis sept ans, je pourrais écrire un livre. »

À quelques mètres de chez elle, Alain Thibault, 52 ans, a été tué le 5 mai. Selon des voisins, il aurait été battu à mort.

À quelques rues de là, deux jours plus tôt, un bambin de deux ans et demi a été tué accidentellement par balle. Une mauvaise manipulation d’une arme faite par un ami de la mère a entraîné ce drame.

Quartier méconnaissable

Georgette Drapeau, 85 ans, ne reconnaît plus le quartier qu’elle a toujours habité. « Le soir, on ne sort pas ou, si on sort, on le fait en machine, pas à pied, soutient la dame. Ça doit bien faire 15 à 20 ans que c’est devenu comme ça. Depuis que l’autre génération a poussé. Avant, c’était la rue commerciale. »

Le directeur général de la Société d’histoire de Lévis, Gilbert Samson, explique que les commerces ont déserté la rue St-Joseph dans les années 1960 avec l’avènement des centres commerciaux.

« Les commerces ont été convertis en logements », mentionne M. Samson.

Amélioration à venir

Le conseiller municipal du district, Robert Maranda, ne nie pas que les policiers interviennent souvent sur la rue Saint-Joseph. « Je situerais le tronçon où il y a le plus de problèmes entre le chantier Davie et la rue St-Laurent. Mais se n’est pas si noir que ça », se défend-il.

Le conseiller attribue une part des responsabilités aux propriétaires d’immeubles pour ce qu’est devenu le secteur. « Si les propriétaires faisaient preuve de sens civique, ils investiraient pour améliorer leurs immeubles, affirme-t-il. Il y a des subventions qui existent pour leur donner un coup de main. »

Mais ce dernier promet que le quartier changera au cours des prochaines années avec la construction de copropriétés qui s’intensifie dans le secteur.

Olivier Biron et son père, Paul, font partie des promoteurs qui s’intéressent au quartier. Le duo a construit quatre condos rue Saint-Joseph face au chantier Davie sur un terrain vague. « On veut que ça marche, on veut développer le secteur », souligne Olivier, de l’entreprise Ténacité. Mais oui, ça va prendre d’autres projets dans le coin. »

 

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