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Franc-parler

La crise expliquée aux enfants

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Hier, mon fils de quatre ans m’a dit : « Papa, tout le monde parle de ce qui se passe avec les étudiants, mais je ne comprends rien. »

« Peux-tu m’expliquer ? »

Bien sûr, fiston.

LE CLUB DE MICKEY

Commençons par le début. Il y a quelques mois, la ministre du Travail a confronté les syndicats et tenté de les mettre à leur place...

« C’est quoi, un syndicat ? »

C’est une association. Avant, cette association défendait les droits des travailleurs qui étaient exploités par des patrons sans scrupule. Mais avec le temps, les syndicats ont grossi et sont devenus des corporations qui n’ont qu’une obsession : étendre leur influence et augmenter leur part de marché en vendant le plus de cartes possible. Tu comprends ?

« Comme le club de Mickey ? »

Exactement. Plus il y a de gens qui joignent le club, plus le club est fort et a du pouvoir. La seule différence c’est que tu as le choix de devenir membre ou pas du club de Mickey. Alors qu’avec les syndicats, tu n’as pas le choix. Tu dois avoir ta carte de membre si tu veux travailler... Et si tu n’écoutes pas le

patron du syndicat, il va t’envoyer un gros gars musclé pour te faire entendre raison...

LES VENGEURS

Il y a quelques mois, donc, la ministre du Travail a annoncé qu’elle allait diminuer le pouvoir d’un gros syndicat, la FTQ.

La FTQ n’était vraiment pas contente. Alors elle a appelé les autres centrales pour leur demander de lui venir en aide...

« Parce qu’ils sont nombreux ? »

Oui, c’est comme les Avengers. Quand un est dans le pétrin, les autres accourent à sa rescousse. Ils ont tous des pouvoirs spéciaux : la FTQ a des gros bras, la CSQ a une grosse tête, etc.

Les représentants des grosses centrales syndicales se sont donc rencontrés et se sont dit : « Il faut absolument faire tomber ce gouvernement qui menace nos acquis. Comment faire ? »

« On va organiser une marche ! », a répondu un des membres.

« Non, a dit le chef de la FTQ, qui était tout bronzé car il revenait de faire une croisière sur un yacht magnifique. Il faut regarder la réalité en face : on n’est plus aussi populaire qu’on l’était. Les gens se méfient de nous. Ce qu’il faut, c’est demander à un groupe qui a la sympathie du

public de faire la sale job pour nous. Mais qui ? »

« Pourquoi on n’utilise pas les jeunes ?, a lancé un membre. Tout le monde aime les jeunes ! Qui oserait mettre un jeune en prison ? Et si jamais ça chire et que les policiers commencent à frapper dans le tas, tout le monde va se retour­ner contre le gouvernement... »

« Génial, a dit le chef. Appelle le p’tit Nadeau-Dubois, et dis-lui de sauter sur sa trottinette, on a une mission pour lui... »

CARRÉ ROUGE

Depuis ce temps, Montréal est prise en otage par des milliers de jeunes qui sont manipulés par les gros syndicats afin de faire tomber le gouvernement. Tu comprends, maintenant ?

« Oui. Mais que vient faire Nathalie Baye, là-dedans ? »

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