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Le danger à leurs portes

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Après avoir vu des cônes de circulation prendre feu juste devant chez eux, plusieurs commerçants et résidents de la rue Saint-Denis craignent d’autres débordements.

Les grilles qui sécurisent les travaux devant le magasin de vêtements Azimut ont été remises à leur place. Les cônes de circulation aussi. Au sol, quelques traces noires. Sûrement des restes de caoutchouc brûlé.

Hier matin, le calme était revenu à l’intersection des rues Saint-Denis et Ontario, théâtre, la veille, de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

Mais sur les lèvres de plusieurs témoins de la scène, un seul et même sujet alimentait les conversations : l’inquiétude quant aux prochaines manifestations étudiantes.

« On ne sait plus quoi faire. On veut bien comprendre, mais à un moment, il faut aboutir à quelque chose. Il n’y a pas d’autres mots, ça devient dangereux », estime Myriam Guay, gérante d’un café Starbucks.

À quelques mètres de son commerce, deux feux ont été allumés par des manifestants samedi soir, à l’angle des rues Saint-Denis et Ontario. La combustion de grillages, de cônes de circulation et de planches de bois a formé une épaisse fumée noire qui dépassait le toit des immeubles voisins.

La peur du feu

Gérard Foulon lui aussi est inquiet. Les brasiers ont pris juste en face son magasin de vêtements.

« C’est terrifiant et extrêmement menaçant pour la bâtisse qui a plus de 120 ans. Une étincelle et tout s’enflamme », avance-t-il, ne s’expliquant pas pourquoi les manifestants n’ont pas pu être arrêtés avant.

En face, Dannis Germain travaille au Presse Café. Samedi soir, des dizaines de personnes se sont engouffrées dans le restaurant.

« Je suis resté calme et j’ai essayé de garder le contrôle. La chose qui m’a le plus stressé, c’est le feu. Quand il s’est déclenché, on a tout de suite fermé la porte », raconte-t-il.

Comme beaucoup, il appréhende les prochains mouvements. « Pour l’instant, il n’y a pas eu de blessés graves, mais la prochaine fois, j’ai peur qu’il y ait un mort », craint-il.

Interventions injustifiées

Un peu plus bas sur Saint-Denis, Martin Guimond, propriétaire du bar Le Saint-Bock, n’en revient pas en regardant les images enregistrées par ses caméras de surveillance.

« Les policiers ont créé la panique. Des gens qui buvaient tranquillement un verre ont été matraqués et gazés sans raison », martèle-t-il. Il a perdu 1 000 $ à cause de clients partis sans payer, qui s’ajouteront à de nombreux dégâts matériels.

« Mettre le feu sur la route n’est pas une solution. Mais bombarder les bars de bombes lacrymogènes non plus ! »

melanie.colleu@quebecormedia.com

La manifestation a marqué les esprits
«
 J’habite tout près et c’était vraiment incroyable. Je viens de Paris où il y a déjà eu de grosses émeutes. C’était un peu similaire »
Cyrille, à Montréal
depuis trois semaines.
«
 J’ai été matraqué et poivré sur ma propre terrasse ! Les tables et les chaises ont été brisées. »
Mark Blanchard,
propriétaire du bar L’Absynthe.
«
On a été obligé de fermer nos portes, on ne laissait plus rentrer personne. Ça a “scrappé” notre soirée. Ce soir, si ça déborde, je ne sais pas quoi faire. On pensait qu’on pouvait appeler les policiers pour nous protéger, mais c’est le contraire. »
Nicolas Cayer, gérant de L’Abreuvoir, qui évalue ses pertes à 1 000 $
«
Ils ne sont pas rentrés, on a tout barré. Moi je suis parti à courir quand j’ai vu les policiers arriver. »
Roxanne, une employée du restaurant Les 3 Brasseurs.
«
 La violence est arrivée avec les policiers. Il y avait du poivre de Cayenne partout dans le bar. »
Martin Guimond,
propriétaire du Saint-Bock
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