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Franc-parler

Les deux mamelles

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Vendredi dernier, à l’émission que j’anime à LCN, j’ai reçu le très coloré Réjean Breton, ex-prof à l’Université Laval et spécialiste des relations de travail.

Il m’a lancé une phrase que je n’ai pas relevée sur le coup, mais, qu’avec le recul, je trouve tout à fait juste : « Les deux piliers du Québec sont la corruption et la révolution (prononcez avec un fort accent espagnol, comme dans la chanson Conception de Charlebois : « corruptionne » et « révolutionne »). D’un côté, ceux qui échangent des enveloppes brunes. De l’autre, ceux qui rêvent à la révolution. Ce sont les deux mamelles de notre société.

« La coexistence de ces deux pôles est l’une des principales caractéristiques des républiques de banane... »

ENTRE DEUX CLIQUES

Aujourd’hui, le Québec déchirera sa chemise et dévoilera avec fierté ses deux mamelles idéologiques.

Dans la même journée, on aura droit en effet au début des audiences de la Commission Charbonneau, sur la corruption dans le milieu de la construction, et à une méga manifestation de l’Alliance sociale.

Bref, « Corruptionne » et « Révolutionne ».

D’un côté, une clique de politiciens, de mafiosi et d’entrepreneurs véreux qui complotent pour beurrer leur tranche des deux côtés au frais des contribuables. De l’autre, une clique de syndicalistes qui ont recours à des anarchistes anti-capitalistes pour déstabiliser le gouvernement et protéger leurs privilèges.

Et entre les deux, le citoyen ordinaire, qui travaille fort pour payer les bonis des uns et les acquis des autres.

BIENVENUE À SANTA BANANA

Quel spectacle désolant, quand même... Quel portrait déprimant...

Quand ce ne sont pas les gangsters qui nous baisent, ce sont les centrales syndicales qui nous sucent en empêchant toute réforme.

D’un bord ou de l’autre, on se fait fourrer.

Réjean Breton a raison : le Québec ressemble de plus en plus à une République de banane.

Corruptionne, révolutionne, aliénationne.

Désolationne.

MOI AUSSI !

J’ai reçu ce courriel d’un lecteur, Claude L. : « J’ai 55 ans et je suis copropriétaire d’une entreprise en réinsertion. On vient d’augmenter de 88, 29 $ ma police d’assurance habitation pour la prochaine année. J’ai saisi le téléphone afin de contacter les coupables de cette injustice. On m’a fait savoir que je n’y pouvais rien, que cette prime s’inscrivait dans l’augmentation du coût de la vie et des matériaux de remplacement advenant un sinistre à ma propriété.

« Alors voici... Je vais en appeler de toutes les victimes de cette injustice auprès de cette entreprise. Je vais suggérer que l’on se regroupe en une association. Nous revendiquerons le gel des primes d’assurance habitation pour les cinq prochaines années jusqu’à en obtenir la gratuité complète.

« Si on ne nous écoute pas et si on méprise nos demandes, nous irons barricader les entrées de toutes les compagnies d’assurance présentes à Montréal.

« Si ça ne fonctionne pas, nous marcherons dans les rues, bloquerons les ponts et empêcherons les étudiants de franchir le seuil de leurs institutions, les obligeant contre leur gré à se joindre à notre vaste mouvement.

« Ça a marché pour eux. Pourquoi ça ne marcherait pas pour nous ? Après tout, comme ma conjointe (qui est Américaine d’origine) me dit souvent à propos du Québec : Here, anything goes. »

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